[Brèves] Réflexions sur les exigences urgentes de la modestie chrétienne dans le temps présent

Certains et certaines pourraient penser que nos publications sur l’enseignement de l’Eglise concernant la modestie vestimentaire, le voile, etc. ne sont que des réactions d’esthétisme profane ou de pure nostalgie ? Il n’en est rien. Ce n’est là que l’enseignement de l’Eglise, ainsi que des parties cruciales des messages de la Très Sainte Vierge Marie à Lourdes, La Salette et Fatima. Nous l’avons déjà dit : il nous semble que nous sommes beaucoup –nous y compris, misérables que nous sommes- à ne pas prendre mesure, ni de la situation, ni de ce qui a amené à la situation de l’Eglise, à savoir l’occupation du temple par une secte étrangère, professant le culte du monde et de l’homme. L’hérésie, l’apostasie, l’impiété, la conjuration des ennemis de l’Eglise, cela est une chose. Mais personne ne considère les causes naturelles, morales, anthropologiques qui y sont liées et qui offensent gravement le Seigneur, ainsi que l’a dit la Très Sainte Vierge Marie aux petits voyants. Beaucoup de gens sont dévots pour Notre Dame de La Salette, de Lourdes ou de Fatima. Mais pourquoi pensez-vous que l’Eternel ait envoyé la Très Sainte Vierge Marie communiquer de si importants messages à de modestes enfants issus des classes paysannes ? Combien de fois faudra-t-il indiquer, expliciter, désigner l’exemple intemporel et très remarquable de la modestie simple et entière de ces petits ? La 4e partie de la Neuvaine à Notre Dame de La Salette est particulièrement parlante de ce point de vue. Qui parmi nous, derniers catholiques, peut prétendre à une telle modestie et simplicité, qu’il serait digne de bénéficier d’une apparition de la Mère du Ciel Elle-même ? Je parle ici surtout aux laïcs. Bien peu sans doute !

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Neuvaine à Notre Dame de La Salette, 4e jour : Les témoins de Votre Apparition, bonne Mère, me disent à l’envi la simplicité de Votre costume, la modestie de Votre regard, une robe simple, un simple voile, un humble tablier, une coiffe qui cache Vos oreilles et Vos cheveux ; Votre attention à rendre Votre face angélique invisible au petit garçon ! Pouviez-Vous condamner plus fortement l’orgueil, le luxe et la sensualité qui font tant de victimes en cette vie et en l’autre ? Aidez-moi, ô Mère, à vivre d’une vie toute intérieure, à me cacher aux yeux du monde, ou à n’y paraître que pour y semer la bonne odeur de Jésus-Christ. Faites-moi bien comprendre que je ne puis avoir le cœur pur qu’en pratiquant la modestie, l’humilité, la mortification et la fuite du monde. Pratique : la simplicité dans son costume.

J’écoutais aujourd’hui encore un superbe sermon de Mgr. Dolan sur les débuts du catholicisme au Nigéria. Dans ce sermon, il fit remarquer les attitudes mondaines et « gâtées » dans lesquelles certains d’entre nous tombons encore, 60 ans après la mort de Pie XII ! Nous avons publié presque tous les documents relatifs à la croisade de la pureté engagée sous Benoit XV jusqu’à Pie XII. Est-ce les catholiques se figurent que cette croisade ait jamais été déclarée close ? Au contraire, elle fait plus que jamais rage, mais rare sont ceux qui parmi nous, répondent à cet appel simple à la modestie. Tous les pères et saints docteurs de l’Eglise s’occupant de morale, jusqu’aux derniers grands théologiens catholiques du XXe siècle, enseignent comment il existe deux niveaux de modestie, l’une intérieure, l’autre extérieure, et comment ces deux niveaux sont entièrement joints et indissociables. Pourtant, même dans nos milieux « traditionnalistes », on voit des choses très étonnantes, non pas de la part de personnes fraîchement débarquées, qui ont encore à apprendre et envers qui on doit avec de la patience et de la charité, mais de la part même de personnes depuis longtemps engagées dans le monde catholique traditionnel actuel. Il est clair que toute une génération a été infectée d’une certaine mode moderniste, qui n’a fait que « progresser » pendant tout le XIXe et XXe siècles, pour aboutir aujourd’hui aux excès (ce mot est-il seulement suffisamment à décrire la chose ?) en matière de mode que l’on observe partout dans la société impie. Nous avons beaucoup travaillé afin d’exposer le plus simplement possible quel glissement s’était opéré, non pas depuis les années 1960 comme certains superficiels le pensent, non pas depuis le début du XXe siècle, ni depuis le XIXe, mais depuis le XIVe siècle et la « renaissance »…renaissance, surtout d’un état d’esprit qui frappa d’abord les élites politiques et fortunées, pour infester quelques siècles plus tard la société entière, puisque ces élites ayant glissé dans l’impiété terminale au XVIIIIe siècle, furent balayées par l’inconséquence de leur vision politique, philosophique et sociale, d’où le catholicisme avait foncièrement disparu. Ainsi, l’Eternel permit à la Sainte Vierge Marie de n’apparaitre, par trois reprises (nous pourrions aussi compter la Rue du Bac et Pontmain, mais restons aux plus fameuses de ces dernières apparitions), qu’à des enfants, et pas n’importe lesquels. De petits villageois, de petits paysans, âgés d’à peine une dizaine d’années, Pourquoi ? Pour au moins deux raisons que nous pouvons comprendre de visu et avec raison : premièrement, ces enfants avaient clairement un cœur d’une innocence rare, même à leur époque. Il est écrit en Matthieu 18 ;2-3 :

Jésus ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et dit: En vérité, Je vous le dis, à moins que vous ne vous convertissiez, et que vous ne deveniez comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

Deuxièmement, la modestie simple de leurs cœurs correspondait complètement avec leur modestie extérieure. Nous avons montré comment Sainte Bernadette Soubirous, Mélanie et Maximin, ainsi que les trois petits de Fatima, entretenaient une mode que le monde actuel, et même beaucoup de catholiques « traditionnels » (comme les laïcards et les modernistes d’ailleurs) tourneraient en ridicule, considéreraient comme des mises étrangères (un comble) ou auraient honte d’assumer. Nous avons montré que dans ces trois cas, ces voyants symbolisaient un fait social, moral et historique que peu ont remarqué. En effet, leur modestie vestimentaire illumine avec une puissance grandissante les ténèbres du dévergondage actuel. Pourtant, ces messages furent donnés entre 1830 et 1917, période où la décadence morale et en matière de mode était déjà extrême. Nous avons montré comment certaines cours et certains milieux aisés de l’Europe du XIVe-XVe siècle initièrent de loin ce mouvement de débauche, qui se refléta dans la vie dissipée de bien des rois et des reines, princesses et princes et autres puissants dans le monde. En particulier, les hommes abandonnèrent la toge ou robe des anciens, tandis que les femmes abandonnèrent la modestie évangélique et le voile féminin en société. Or, nous avons montré que c’est le petit peuple chrétien, paysan et bourgeois, qui perpétua le mieux ces insignes symboles de dignité. Voyez Sainte Bernadette, voyez la petite Mélanie Calvat, voyez Lucie et Jacintha : si ces pauvres enfants voyaient le monde actuel, elles seraient traitées de tous les noms, perçus comme des phénomènes, certains catholiques « traditionnels » iraient sans doute jusqu’à les voir comme des bohémiennes ou des musulmanes. Car en effet, les choses en sont venues au point où même des hérétiques juives ou musulmanes, même des mères bohémiennes, ont plus de modestie extérieure que bien des chrétiennes.

Et qu’on ne s’imagine pas que nous parlons seulement des femmes ! Au contraire, les modes masculines sont elles aussi clairement marquées par cet esprit d’impiété et d’immodestie. Voyez le petit Maximin, voyez le petit Francisco : quels noblesse incroyable dans leur habit, dans le long bleu de bouvier du petit français, dans la mise simple et altière du petit portugais. Aujourd’hui, dans les milieux catholiques, bien des hommes s’imaginent faire honneur à Dieu en se parant du dernier costume le plus chic, avec mille luxes d’assortiments de couleurs, à la dandy, rivalisant avec leurs amis du ton de cravate le plus fin. Il y aurait là aussi pour nous lieu de développer prochainement quelques détails quant à l’évolution de la mode masculine depuis le XIVe siècle (où naquit véritablement en Angleterre et en Italie, ce qu’on appelle encore aujourd’hui le dandisme). Pendant le « grand siècle » de Louis XIV, les modes masculines profanes ont bien souvent pris un tour bouffonesque, surtout dans les hautes cours, avec un véritable début d’effémination. Au XXe siècle, le culte du corps prôné par les nationaux-socialistes allemands choquait particulièrement dans les campagnes françaises, peu habituées à voir des hommes se balader torse nu en pleine journée. Plus tard, dans les années 1960, les modes masculines se sont nettement dégradées, devenant de plus en plus érotisantes et efféminées, adoptant des mises moulantes et échancrées. D’un autre côté, on vit apparaitre, surtout à partir des années 1980 et 1990, un laissez-aller généralisé à base de t-shirts, de shorts, de culte des marques, de même que dans le monde paysan, on délaissa complètement la simplicité virile des chemises et des pantalons de travail, pour des combinaisons de vulgaires techniciens et des culottes courtes réservées jusque-là aux sportifs. Désormais, les modes féminines et masculines profanes sont presqu’entièrement interchangeables, et là où le féminisme moderne avait poussé à l’adoption des modes masculines, les mouvements de mode modernes –métrosexualisme, homosexualisme, haute couture- concourent à déviriliser l’homme, conformément aux nouvelles théories de l’identité de genre. Ceci concerne bien sûr, toutes les modes de ce qu’on appelle la « contre-culture » ou « pop culture », laquelle inclut toutes les modes issues des courants musicaux contemporains, pop, rock, rap, techno, etc. Ainsi, les afro-américains d’ancienne génération ont toujours considéré les accoutrements laxistes du « gangsta rap » comme des signes clairs d’éffimination et de tendances homosexualistes plus ou moins refoulées.

Mais à vrai dire, nous ne devrions même pas avoir à perdre notre temps à expliquer en long et en large toutes ces choses, tant les messages de Notre Dame furent clairs, et tant le fait que la dernière croisade, laquelle ne demande que des soldats et des soldates pour l’alimenter, fut conduite de haute lutte par les autorités de l’Eglise jusqu’à la mort de Pie XII. Ce dernier a toujours expliqué que la mode était intrinsèquement liée, par son étymologie même (modus = juste mesure) à la notion de modestie. Il a expliqué également, que l’Eglise n’était pas là pour indiquer aux fidèles s’ils devaient aller chez tel ou tel couturier ! Mais l’Eglise a toujours considéré, dans toutes les latitudes où la Divine Providence l’a conduit à régner sur les sociétés, aussi bien les coutumes locales que les situations du temps. La mode vestimentaire au XXe siècle, surtout à partir des années 1930 et 1940, commença à drastiquement s’attaquer à la vertu féminine, même si, comme nous l’avons vu, ce processus était bien plus ancien que cela. C’est à partir de cette époque que l’on vit les femmes se mettre à porter des jupes de plus en plus courtes, dévoilant d’abord les mollets, puis en peu de temps, les genoux. La mini-jupe ne vient pas de nulle part ! Or, dans ces années 1930 et 1940, l’Eglise dut prendre la peine de rappeler à l’ordre les femmes catholiques qui suivaient ces modes du monde, pour leur indiquer qu’il y avait une limite à cette tendance et que cette limite était déjà atteinte. Ce n’est que pas pure condescendance que l’Eglise ne tempêta pas avec plus de force contre ces modes nouvelles qui n’étaient que les débuts de plus grands excès. De même, l’Eglise dût aussi rappeler des évidences quant à l’exposition des parties hautes du corps, quant au moulage des formes, ce qui dut être véritablement pénible quand on y pense, mais très nécessaire, car l’esprit du temps commençait à réellement infester beaucoup de fidèles influencés par la société dans laquelle ils vivaient. On parlait alors de mode païennes pour condamner les plus grands excès des années 1920 jusqu’aux années 1950 (beaucoup de gens s’imaginent qu’il faille « revenir » aux modes des années 1950, alors que cette période fut précisément le début de l’explosion de la révolution morale et sexuelle actuelle, y compris en matière de mode) : bikinis, shorts et « bodies » sportifs, pantalons, jeans, culottes courtes, etc.

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Les « nonnes » du Nuns on the Bus network, menées par Simone Campbell, sont à l’image de l’idée que se fait de la modestie la secte moderniste. Certes, il existe encore des maisons religieuses sous la coupe moderniste et où les soeurs observent encore l’habit des personnes consacrées, mais même ces apparences sont trompeuses, car elles adhèrent pour la plupart aux hérésies modernistes. Et lorsque l’une de ces soeurs observant encore un minimum d’extériorité et d’intériorité catholique, affirment une vérité de foi, elles sont condamnées durement par les hérésiarques.

On voit encore dans certaines chapelles, dans certains milieux catholiques traditionnels, de rares femmes en pantalon, les cheveux courts à la lesbienne, où en jupons qui, sans être des mini-jupes, sont certainement trop courts ou inadaptés à la pudeur chrétienne. On voit que bien des gens de cette génération restent marqués, parfois presqu’inconsciemment, par ces modes païennes et modernistes, qui furent celles de la société dans laquelle elles grandirent.

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On voit parfois de nos amis catholiques, bien que bien intentionnés, tomber dans le piège des subtilités des modes contemporaines. L’effet rendu est bien souvent annulé ou concourt davantage au ridicule, au manque de gout, à l’immodestie, plutôt qu’à l’effet recherché de la sobriété, de la modestie, de la pudeur, qui ne sont nullement contraires à l’élégance (mais concourent véritablement à celle-ci), comme l’a rappelé Pie XII.

Mais vraiment, il nous en coûte d’avoir à deviser de tous ces détails, comme si nous devions y passer notre temps, comme si nous avions en permanence à juger des uns et des autres, comme si cela était notre rôle, alors que cela ne l’est pas. Pourtant, les clercs de l’Eglise subsistante ne manquent pas, à quelque occasion, de rappeler ces choses à leurs ouailles les plus mondaines, toutes choses qui hier, dans la société de Lucia, Jacintha, Bernadette et Mélanie, étaient des évidences, des comportements normaux. Mais une inversion gigantesque s’est produite depuis, et Notre Dame a clairement prophétisé à ce sujet. On se borne parfois à rappeler quelques maigres indications : le « costar », les talons par plus hauts que 3 ou 4 centimètres, la jupe sous le niveau du genou et l’échancrure deux doigts en dessous du cou. C’est donc tout ? Est-ce que la modestie chrétienne se réduit à de misérables valeurs algébriques ? Et que faisons-nous de ces documents splendides de la Croisade de la Pureté, qui sont une source de réflexion prodigieusement (bien sûr, car ce sont pour l’essentiel des textes magistériels !) utile pour toutes les époques et pour tous les croyants, hommes et femmes ! Que faisons-nous des indications claires de Notre Dame ? Le modèle vestimentaire à suivre est très simple, très net, pour ceux qui ne le comprennent toujours pas : c’est l’imitation, autant que possible, de l’habillement intérieur et extérieur des petits voyants de Lourdes, La Salette, Fatima. Ceci est très clair ! Si le Seigneur Jésus-Christ ou si Sa Très Sainte Mère venaient à nous demain, nous distingueraient-ils tant que cela des mécréants de ce monde, d’un point de vue de notre tenue extérieure ? Que diraient-Ils alors de notre intérieur ? Voulons-nous imiter la virilité des Saints Rois ? Voulons-nous imiter la féminité des Saintes Reines ? Où voulons-nous seulement nous conformer à l’esprit, à la mode de ce monde, car nous avons peur d’être mal vus, d’être moqués, d’être pris pour ceci ou cela ?

Il n’y a pourtant rien de bien compliqué ! Ici, un modèle de la maison britannique Dainty Jewell’s Apparel qui propose quelques excellentes pièces, simples, abordables et tout à fait conformes à la morale catholique. Ils ne produisent toutefois que pour les femmes et attention, bien d’autres de leurs modèles sont ou bien ridicules, ou bien inadaptés.

Nous avons été en contact il y a quelques mois avec une excellente jeune femme, une certaine Madelaine-Marie, laquelle nous remercia pour nos publications sur ces thématiques et qui mena elle-même une enquête auprès de jeunes filles catholiques pour savoir quelles étaient les dispositions de la jeune génération. Il apparaît très clair que la jeune génération, notamment les femmes, désirent ardemment imiter le modèle des saintes reines,  y compris en portant quotidiennement le voile dans diverses situations sociales, et non seulement à l’Eglise. Leur crainte est toujours la même : peur de passer pour une musulmane. Pourtant, même bien des juives plus ou moins « orthodoxes » n’ont pas cette crainte ! Nous avons indiqué mille fois qu’il y avait dans la société occidentale impie et apostate, une amnésie remarquable, en plus d’une hypocritisie commune aux inconséquents et aux esprits faibles, en particulier chez ceux qui se réclament le plus des théories identitaristes, quant à ce qu’était, jusqu’à il y a peu, l’anthropologie de l’Europe chrétienne, en particulier sur cette question du voile. Il n’est donc pas surprenant que dans nos milieux catholiques, où d’aucuns sont parfois proches de milieux politiques impies se réclamant de la droite nationale, identitaire et autres, soient en retour, influencés par cet état d’esprit libéral. C’est là une peste que nos modestes billets auront bien du mal à combattre.

Dans les années 1920 et 1930 en Espagne, plusieurs évêques de fer menaient avec zèle la croisade contre les modes impudiques. Combien de catholiques « traditionnels » aujourd’hui sont encore plus impudiquement vêtus que les individus présentés sur cette illustration ?

Pour le reste, il existe, notamment dans les milieux « indultères », un réel intérêt pour ces questions, hélas parfois avec un certain relent d’esthétisme, ce qui est précisément l’écueil et l’excès inverse qu’il nous faut éviter, comme l’enseigne fort bien Saint Thomas d’Aquin dans cette matière. Mais globalement, cette tendance est bonne en soi. Quant à nos milieux catholiques à nous (semper idem), nous nous faisons volontairement durs, mais nous savons très bien et nous louons vraiment l’extrême dignité, modestie et pudeur de beaucoup de jeunes gens dans les chapelles et dans la société, dignité d’un niveau que nous n’avions jamais vu nulle part ailleurs, avant que de nous être nous-mêmes convertis. Par ailleurs, nous nous faisons volontairement durs, mais nous ne manquons pas de nous inclure nous-même sous le feu de ces critiques, car, il faut le rappeler encore : la modestie extérieure doit refléter la modestie intérieure. Ce n’est pas un combat qui se borne simplement à se vêtir de longues toges ou d’épais voile, sinon, nous ne serions pas mieux que les juifs (orthodoxes) ou les musulmans, qui peuvent avoir une modestie d’habillement très respectable (bien que pour ces derniers, les modes occidentales deviennent complètement majoritaires et femmes et hommes ne sont plus distinguables des autres païens modernes), mais qui, en eux-mêmes, sont complètement étrangers et ennemis de Dieu à cause de leur rejet du Messie Jésus-Christ et de Sa Sainte Eglise.

Enfin, l’esthétisme que nous dénoncions s’exprime bien souvent, non seulement parfois avec légèreté, mais plus encore, avec une certaine ignorance qui peut parfois conduire à des comportements ridicules. Certains s’imaginent ainsi qu’il suffit de porter une robe ou une jupe « plus ou moins » longue, d’autres, qu’il suffit de s’affubler comme l’une de ces familles américaines des années 1950. Là encore, Saint Thomas nous met en garde contre ces excès qui conduisent aux effets inverses de la vertu de modestie, et qui tournent en ridicule une tenue qui devrait avoir pour objet la dignité, la pudeur et la modestie. Ces comportements, que l’on retrouve même parfois chez nous, sont surtout le fruit de l’ignorance et de la confusion actuelle, plus qu’une volonté foncièrement mauvaise. Beaucoup veulent bien faire, mais la confusion induite par les modes contemporaines, depuis au moins la fin du XIXe siècle, explique pourquoi beaucoup de gens ont du mal à se conformer aux vœux de l’Eglise et de la Sainte Vierge Marie en matière de mode. C’est tout simplement que beaucoup ne savent tout simplement pas comment faire !

Certaines lectrices, qui apprécient nos articles, nous demandent souvent où est-ce qu’elles pourraient trouver des habits qui imiteraient la modestie des petits voyants de Fatima ou de La Salette tout en étant adaptés à la situation du XXIe siècle, qui permettraient à la fois discrétion, simplicité, dignité, modernité (dans le bon sens du terme). A cela, nous nous trouvons bien souvent bien en peine de leur répondre, tout simplement parce que ce n’est là absolument pas notre rôle ! On peut nous appeler journalistes ou compilateurs catholiques…nous avons certes quelques connaissances dans histoire de la mode et la science esthétique, mais conseillers de mode ? Le premier conseil que je pourrai donner, aux femmes comme aux hommes, serait de se rendre au plus tôt et selon leurs possibilités, dans à la messe catholique (non una cum) la plus proche de chez eux et d’y imiter tout simplement les dispositions vestimentaires les plus dignes et les plus proches de l’idéal chrétien qu’elles pourront y trouver. Deuxièmement, puisque la question semble véritablement poser problème, nous allons bientôt travailler à la rédaction d’un article compilant quelques maisons de couture qui proposent des vêtements (surtout féminins) respectant précisément l’idéal vestimentaire qui plait à Dieu, voulu par l’Eglise et la Sainte Mère du Ciel. Nous tâcherons aussi d’illustrer cet article avec des exemples de tenues portées, afin de montrer qu’il est très possible, très nécessaire, très utile et surtout très urgent de confesser sans peur la modestie chrétienne extérieure et intérieure, dans la société contemporaine.

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