Par une lettre de réponse à un document de la « région pastorale de Buenos Aires » concernant la façon dont il fallait interpréter et appliquer les enseignements de  « l’exhortation apostolique » Amoris Laetitia, François a apporté une confirmation extrêmement claire concernant la question très polémique de l’admission à la communion des couples adultères (remariés illicitement ou se trouvant dans d’autres situations de péché mortel). Cette réponse, datée du 5 septembre 2016, vient d’être publié sur le site du Vatican occupé et confirme bien l’évidence : François a bel et bien enseigné dans Amoris Laetitia (publié le 19 mars 2016) qu’il était possible d’admettre les adultères non-repentis au sacrement de la communion.

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Hérésies concernant l’état de grâce et l’accès au sacrement de communion

En effet, depuis la publication de cette très longue et pénible exhortation, l’immense vague de polémique s’était essentiellement portée sur cette innovation anti-disciplinaire de Bergoglio, laquelle était non seulement une attaque directe au sacrement du mariage, mais plus encore, au sacrement insigne de la Très Sainte Eucharistie. Cet enseignement d’Amoris Laetitia se trouve au point 305 du document :

À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église. Le discernement doit aider à trouver les chemins possibles de réponse à Dieu et de croissance au milieu des limitations. En croyant que tout est blanc ou noir, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et nous décourageons des cheminements de sanctifications qui rendent gloire à Dieu. – François, Amoris Laetitia, n°305

Rusé et prudent, François a pris soin de préciser sa pensée en bas de page, à la note n°351, laquelle affirme :

Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » : Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 44 : AAS 105 (2013), p. 1038. Je souligne également que l’Eucharistie «  n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles »  (Ibid., n. 47 : p. 1039).

En lisant attentivement les points 304 à 308 d’Amoris Laetitia, on comprend alors que, prenant en otage la saine notion de charité de même celle de discernement, et se déjouant hypocritement à chaque détour de phrase, François enseigne concrètement qu’il est possible d’admettre à la communion des personnes en état de péché mortel, en l’occurrence, des personnes remariées illicitement ou vivant impunément en situation de concubinage. Cela revient à dire qu’une personne en état de péché mortel peut être dans le même temps en état de grâce et même « grandir dans la vie de la grâce et de la charité en recevant à cet effet l’aide de l’Église ». Cette opinion suintant le protestantisme et quoique noyée sous le poids du verbiage moderniste, est condamnée par le Concile de Trente :

Si quelqu’un dit que la foi seule est une préparation suffisante pour recevoir le sacrement de la très Sainte Eucharistie : qu’il soit anathème. Et de peur qu’un si grand sacrement ne soit reçu d’une manière indigne, et menant par conséquent à la mort et à la condamnation, le saint Concile ordonne et déclare que ceux qui se sentent la conscience chargée de quelque péché mortel, quelque contrition qu’ils pensent avoir, sont absolument obligés, s’ils peuvent avoir un confesseur, de faire précéder la confession sacramentelle. Que si quelqu’un a la témérité d’enseigner, ou de prêcher ou d’assurer opiniâtrement le contraire, soit même de le soutenir en dispute publique, qu’il soit par-là même excommunié. – Concile de Trente, session 13, canon 11

En effet, l’adultère, c’est à dire tout concubinage, tout remariage suite à un divorce ou une séparation illégale, est un péché grave, condamné par Notre Seigneur Jésus Christ :

Il a été dit : Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce. Mais Moi, Je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère. – Matthieu 5;31-32

De même que dans l’Ancien Testament, l’adultère et l’infidélité sont condamnés, « car au commencement, il n’en était pas ainsi » (Genèse 1 ; 26-27, Matthieu 19 ; 8). On lit ainsi dans le Deutéronome et dans le Lévitique :

Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi. Tu ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. – Deutéronome 22 ; 22

Tu n’auras point commerce avec la femme de ton prochain, pour te souiller avec elle. – Lévitique 18 ; 20

Les preuves abondent dans l’Ecriture sainte, ainsi dans Matthieu 19-9, Marc 10-11, Luc 16-18 ou encore 1 Corinthiens 7-10 :

A ceux qui sont mariés, j’ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare point de son mari. – 1 Corinthiens 7-10

Et encore dans Galates :

Je dis donc: Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes point sous la loi. Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d’avance, comme je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu. Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance; la loi n’est pas contre ces choses. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. – Galates 5 ; 16-24

Ainsi, il est clair selon les Écritures, que ce soit par Notre Seigneur Jésus-Christ, ou par les apôtres, qu’il serait un péché mortel pour toute personne que de se tenir dans un état d’adultère ou de concubinage. Voyons encore, entre mille autres preuves :

Fuyez l’impudicité. Quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est hors du corps; mais celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps. – 1 Corinthiens 6-9

Il est donc hérétique d’affirmer que des personnes en état de péché mortel et n’ayant ni quitté cet état, ni même reconnu leur culpabilité dans cet état, ni fait acte de contrition, de confession et de pénitence, puissent être admises au Saint Sacrement de l’Eucharistie. Or, dans leur document nommé « Critères basiques pour l’application du chapitre VIII d’Amoris Laetitia », les pseudo-évêques de la « région pastorale de Buenos Aires » ont rappelé les choses suivantes, lesquelles ne sont que la synthèse de l’enseignement des « papes » de Vatican 2 :

Point 5 : Quand les circonstances concrètes d’un couple le permettent, notamment quand les deux personnes sont des chrétiens en chemin vers la foi, il peut leur être proposé de s’engager à vivre en continence. Amoris Lætitia n’ignore pas les difficultés de cette option (cf. note 329) et laisse ouverte la possibilité de l’accès au sacrement de réconciliation quand ces personnes manquent à cet engagement (cf. note 364, selon l’enseignement de St. Jean Paul II au cardinal W.Baum du 22 mars 1996)

Point 6 : Dans des situations plus compliquées, et quand il n’est pas possible d’obtenir une déclaration de nullité, l’engament mentionné est possiblement irréalisable. Toutefois, la voie du discernement est une autre possibilité. Si vous considérez que dans tel cas particulier, il existe des contingences qui mitigent la responsabilité et la culpabilité (cf. note 301-302), particulièrement quand une personne considère qu’elle tomberait dans un péché subséquent pouvant heurter la progéniture du nouveau couple (adultérin), Amoris Laetitia ouvre la possibilité de l’accès aux sacrements de réconciliation et de l’Eucharistie (cf. note 336 et 351). Ceci disposera la personne à mûrir et grandir avec l’aide de la grâce.

Point 9 : Il peut être approprié qu’un éventuel accès aux sacrements puisse être donné d’une manière discrète, spécialement quand des situations de conflits existent. Mais dans le même temps, vous ne devez avoir cesse d’accompagner la communauté de telle façon qu’elle puisse grandir dans un esprit de compréhension et de tolérance et sans que ceci implique quelque confusion concernant l’enseignement de l’Église sur l’indissolubilité du mariage. La communauté est l’instrument de la miséricorde, qui est « immérité, inconditionnel et gratuit » (297).

À ce document et à ces enseignements « pastoraux » hérétiques, qui incriminent par ailleurs grandement Jean-Paul II et François, ce dernier a donc répondu par la lettre suivante, adressée au délégué de la « région pastorale » de Buenos Aires, « l’évêque » Sergio Alfredo Fenoy :

Cher frère, j’atteste ici avoir réceptionné le document « Critères basiques pour l’application d’Amoris Laetitia chapitre 8 » édité par la région pastorale de Buenos Aires. Je vous remercie beaucoup de l’avoir envoyée. […] Ce document est excellent et exprime totalement le sens d’Amoris Laetitia chapitre VIII. Il n’y a aucune autre interprétation. Je suis certain que cela fera de grands biens. – François, lettre au délégué de la région pastorale de Buenos Aires, 5 septembre 2016.

Cette réponse est non seulement une confirmation de l’intention impie de François dans son enseignement « magistériel », mais elle est aussi un immense affront aux quelques prélats modernistes-conservateurs qui ont lancé une tonitruante campagne de dubias pour exiger que le pseudopape François clarifie les doctrines inquiétantes d’Amoris Laetitia. Ce dernier a magistralement ignoré le ram-dam provoqué par lesdits prélats, mais d’une certaine façon, il leur a répondu de la plus cinglante des manières. Aussi, il est remarquable que cette réponse de François, bien qu’envoyée le 5 septembre 2016 au délégué de la « région pastorale », ait été publiée sur le site du Vatican occupé quelques jours plus tôt, le 29 août, fête de Saint Jean Baptise, lequel est mort en martyr pour s’être élevé contre le mode de vie adultère du roi Hérode :

Car Hérode lui-même avait fait arrêter Jean, et l’avait fait lier en prison, à cause d’Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce qu’il l’avait épousée, et que Jean lui disait: Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère. Hérodias était irritée contre Jean, et voulait le faire mourir. Mais elle ne le pouvait; car Hérode craignait Jean, le connaissant pour un homme juste et saint; il le protégeait, et, après l’avoir entendu, il était souvent perplexe, et l’écoutait avec plaisir. – Marc 6 ; 17-20

Il ne faudrait pas s’imaginer que ces enseignements erronés et non-catholiques soient le seul fait de François. Son enseignement hérétique selon lequel des personnes en état de péché mortel et non repenties peuvent être admises au sacrement de la Communion a déjà été enseigné par d’autres pseudopapes de Vatican 2, tels que Paul VI ou Jean-Paul II. En fait, il s’agit tout simplement de l’enseignement de Vatican 2. Par exemple, dans le décret Orientalium Ecclesiarum de Paul VI, promulgué le 21 novembre 1964, on lit au point 26 :

La communicatio in sacris, qui porte atteinte à l’unité de l’Église ou bien comporte une adhésion formelle à l’erreur, un danger d’égarement dans la foi, de scandale ou d’indifférentisme, est interdite par la loi divine. Mais en ce qui concerne les frères orientaux [les schismatiques orientaux], la pratique pastorale montre qu’on peut et qu’on doit prendre en considération les différentes circonstances individuelles des personnes où ni l’unité de l’Église n’est lésée, ni n’existent des dangers à éviter, mais où la nécessité du salut et le bien spirituel des âmes constituent un besoin sérieux. C’est pourquoi l’Église catholique, en raison des circonstances de temps, de lieux et de personnes, a souvent adopté et adopte une façon d’agir moins rigoureuse, offrant à tous les moyens de salut et le témoignage de la charité entre chrétiens, par la participation aux sacrements et aux autres célébrations et choses sacrées. En considération de cela, « pour que par une sentence trop sévère nous ne soyons pas un obstacle pour ceux qui reçoivent le salut », et afin de promouvoir de plus en plus l’union avec les Églises orientales séparées de nous, le Concile a établi la manière d’agir suivante. En outre, ces mêmes principes restant posés, la communicatio in sacris entre les catholiques et les frères orientaux séparés, dans les célébrations, les choses et les lieux sacrés, est permise pour une juste cause. – Paul VI, Orientalium Ecclesiarum, n°26

De même, on retrouve un enseignement analogue dans le code canonique publié en 1983 sous le règne du pseudopape Jean-Paul II :

Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements de pénitence, d’Eucharistie et d’onction des malades aux membres des églises orientales qui n’ont pas la pleine communion avec l’Église catholique, s’ils le demandent de leur plein gré et s’ils sont dûment disposés; ceci vaut aussi bien pour les membres d’autres églises qui, au jugement du Siège Apostolique, se trouvent pour ce qui concerne les sacrements dans la même condition que les églises orientales susdites. – « Code canonique de l’Eglise catholique 1983« , canon 844, n°3 et 4

De même, Jean-Paul II a enseigné dans son encyclique Ut unum sint :

Dans cet esprit, c’est un motif de joie que les ministres catholiques puissent, en des cas particuliers déterminés, administrer les sacrements de l’Eucharistie, de la pénitence, de l’onction des malades à d’autres chrétiens qui ne sont pas en pleine communion avec l’Eglise catholique, mais qui désirent ardemment les recevoir, qui les demandent librement et qui partagent la foi que l’Église catholique confesse dans ces sacrements. […]Les conditions de cet accueil réciproque ont été établies en forme de normes et leur observance s’impose pour la promotion de l’œcuménisme. […]En raison des liens sacramentels très étroits existant entre l’Église catholique et les Eglises orthodoxes, le décret Orientalium Ecclesiarum a déclaré que « la pratique pastorale montre qu’on peut et que l’on doit prendre en considération les différentes situations des personnes prises individuellement, situations dans lesquelles ni l’unité de l’Eglise n’est lésée, ni des périls à éviter ne se présentent, mais dans lesquelles au contraire la nécessité du salut et le bien spirituel des âmes constituent un besoin urgent. C’est pourquoi l’Eglise catholique, en raison des circonstances de temps, de lieux et de personnes, a souvent adopté et adopte un mode d’action plus indulgent, offrant à tous les moyens de salut et le témoignage de la charité entre chrétiens par la participation aux sacrements et aux autres célébrations et choses sacrées. – Jean-Paul II, Ut Unum Sint, n°46 et 58

En même temps, dans le même document, Jean-Paul II n’avait pas hésité à affirmer d’entrée qu’il a existé « de nombreux martyrs de notre siècle, y compris ceux qui sont membres d’autres Eglises et d’autres Communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec l’Eglise catholique ». Il va sans dire que les enseignements hérétiques de Paul VI, Jean-Paul II et François, dans lesquels l’œcuménisme radical de Vatican 2 a immédiatement conduit à l’indifférentisme religieux et moral, sont condamnés par les Saintes Écritures et le Magistère de la Sainte Eglise catholique. Le pape Pie IX, dans la lettre Amantissimus, adressée aux évêques catholiques des églises orientales, condamne précisément les enseignements de Paul VI et Jean-Paul II, lesquels ont prétendu fallacieusement que l’Eglise aurait par le passé toujours toléré les pratiques impies qu’ils préconisent. Dans cette lettre, le pape Pie IX rappelle, conformément à l’enseignement éternel de la sainte religion catholique, qu’il est clair qu’une personne ayant rompu la communion avec le Vicaire du Christ, ne peut avoir aucune part dans l’Eglise et donc ne peut pas y recevoir l’Eucharistie, à moins de s’être repenti et d’être revenu au sein du troupeau. Aussi cite-t-il la sentence célèbre de Saint Jérôme :

Quiconque mange de l’agneau et n’est pas un membre de l’Église, a profané. (Saint Jérôme, épitre 15 à Damasus) – Pape Pie IX, Amantissimus, n°3

Cette phrase de Saint Jérôme est fréquemment reprise chez les papes, lorsqu’ils mettent en exergue l’évidente nécessité d’appartenir à l’Eglise pour participer au sacrement de la communion, et donc de ne pas être dans le schisme, qui est un état de péché grave, précisément comparable à celui de l’adultère dont il a été question plus haut. On retrouve donc ces mises en garde chez de nombreux papes, tels que Pie VIII dans Traditi Humilitati, ou encore chez le pape Grégoire XVI :

Dans les paroles mêmes de Saint Léon, poursuivant à propos du Saint Siège de Pierre : « Il est nécessaire que l’Eglise, partout dans le monde, soit unie et attachée au centre de l’unité catholique et de la communion ecclésiale, de telle manière à ce que quiconque a l’audace de se séparer de l’unité de Pierre doit comprendre qu’il ne peut plus avoir part dans le divin mystère ». Saint Jérôme ajoute : « Quiconque mange l’Agneau hors de cette maison est impie. Ceux qui en se trouvaient pas dans l’arche de Noé périrent dans le déluge ». De même que celui qui n’amasse pas avec le Christ : celui qui n’amasse pas avec le Vicaire du Christ, disperse assurément. – Pape Grégoire XVI, Commissum Divinitus, n°11.

Enfin, les enseignements de Paul VI, Jean-Paul II et François, vont totalement à l’encontre du Code de Droit Canon de 1917 :

Sont à écarter de l’eucharistie ceux qui sont publiquement indignes, tels que les excommuniés, les interdits et ceux qui sont manifestement infâmes, jusqu’à ce qu’on ait des signes de leur repentir et de leur amendement et tant qu’ils n’ont pas réparé leur scandale public. – Canon 855 ; 1

Celui qui a la conscience chargée d’un péché mortel, quoiqu’il estime en avoir la contrition, n’accédera point à la sainte communion sans confession sacramentelle préalable; en cas de nécessité et d’absence de confesseur, il fera d’abord un acte de contrition parfaite. – Canon 856

On ne satisfait pas au précepte de communier par une communion sacrilège. – Canon 861

On le voit : dans la religion moderniste des papes de Vatican 2, l’accès à la sainte communion ne résulte pas de l’amendement, de la contrition, du renoncement au péché opéré par le fidèle, mais constitue une sorte de « chemin possible de réponse à Dieu, « de croissance au milieu des limitations », ou encore un « cheminement de sanctification ». Au contraire, le sacrement de communion est très précisément l’aboutissement de ce cheminement vers la sanctification, au terme duquel le pécheur a effectivement vaincu les limitations que le péché impose à la foi et à la piété. Dans la religion moderniste, n’importe qui accède n’importe comment à la communion, tout simplement parce que Vatican 2 enseigne l’indifférentisme religieux et le relativisme moral. La confession est donc une chose optionnelle et très symbolique. D’ailleurs, les pseudopapes et leur clergé ont maintes fois appliqué eux-mêmes leur doctrine, en administrant l’hostie à des protestants ou à des personnalités publiques dont la vie immorale ou les idées criminelles sont notoires. Fort heureusement, grâce à Dieu, nous savons qu’il n’y aucun vrai sacrifice eucharistique valide dans le rite du Novus Ordo, et que la plupart des prêtres et évêques ordonnés et consacrés sous le rite Paul VI, ne sont ni prêtres, ni évêques.

L’hérésie de François et de Jean-Paul II contre l’état virginal et abstinent

Toutefois, un autre passage du document en question affirme une énorme hérésie, à propos de laquelle peu ont toutefois daigné écrire. Ce qui est fort dommage, car, là où l’hérésie vue précedemment est noyée sous le verbiage volontairement ambigu propre aux modernistes, cette hérésie-là est bien plus nettement affirmée. Le point 159 du document Amoris Laetitia affirme ainsi :

Dans ce sens, saint Jean-Paul II a dit que les textes bibliques « n’offrent aucune base permettant de soutenir soit l’“infériorité” du mariage, soit la “supériorité” de la virginité ou du célibat » en raison de l’abstinence sexuelle. Au lieu de parler de la supériorité de la virginité sous tous ses aspects, il serait plutôt opportun de montrer que les différents états de vie se complètent, de telle manière que l’un peut être plus parfait en un sens, et que l’autre peut l’être d’un autre point de vue. – François, Amoris Laetitia, n°159

De façon intéressante, François ne se contente pas ici de professer une hérésie, mais il rappelle également l’enseignement tout aussi erroné de son prédécesseur Jean-Paul II. En effet, affirmer que l’état de virginité ou d’abstinence sexuelle (chez les personnes consacrées par exemple) peut être inférieur ou même égal ou pire, peut être « dans un sens » ou « d’un autre point de vue », « moins parfait » que l’état de mariage entre un homme et une femme, est totalement contraire à l’enseignement des Saintes Écritures et du Magistère de l’Eglise catholique. En effet, le Concile de Trente anathémise quiconque affirme que l’état de virginité ne peut pas être considéré comme supérieur à l’état marital. Contrairement à ce qu’ose affirmer François, l’abstinence sexuelle est précisément, pour le clerc comme pour le laïc non marié, non seulement une vertu supérieure, mais un devoir de Foi. Notre Seigneur Jésus-Christ a Lui-même fait comprendre à Ses disciples que la continence et la virginité était un état supérieur à celui du mariage. Dans ce passage des Évangiles, les apôtres sont frappés par la puissance et l’exigence de l’enseignement du Christ sur cette question :

Mais Je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. Ses disciples lui dirent : Si telle est la condition de l’homme à l’égard de la femme, il n’est pas avantageux de se marier. Il leur répondit : Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. – Matthieu 19 ; 9-11

L’Apôtre Saint Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens va par la suite préciser cet enseignement, inspiré par l’Esprit Saint :

Pour ce qui est des vierges, je n’ai point d’ordre du Seigneur; mais je donne un avis, comme ayant reçu du Seigneur miséricorde pour être fidèle. Voici donc ce que j’estime bon, à cause des temps difficiles qui s’approchent : il est bon à un homme d’être ainsi. Es-tu lié à une femme, ne cherche pas à rompre ce lien; n’es-tu pas lié à une femme, ne cherche pas une femme. Si tu t’es marié, tu n’as point péché; et si la vierge s’est mariée, elle n’a point péché; mais ces personnes auront des tribulations dans la chair, et je voudrais vous les épargner. Voici ce que je dis, frères, c’est que le temps est court; que désormais ceux qui ont des femmes soient comme n’en ayant pas, ceux qui pleurent comme ne pleurant pas, ceux qui se réjouissent comme ne se réjouissant pas, ceux qui achètent comme ne possédant pas, et ceux qui usent du monde comme n’en usant pas, car la figure de ce monde passe. – 1 Corinthiens 7 ; 25-31

Il s’agit donc en effet d’une complémentarité de ces états dans l’Eglise, qui correspondent en fait à celui du laïc marié et de la personne consacrée à Dieu. L’hérésie de François consiste précisément à subvertir cette harmonie et cette complémentarité en inversant la discipline la plus élémentaire et en niant l’évidence évangélique, à savoir que l’état virginal, continent et restrictif de la personne consacrée ou du célibataire laïc abstinent est un état intrinsèquement supérieur à celui de l’état marital de la personne laïque. Cet enseignement de François et de Jean-Paul II est explicitement condamné par le Concile de Trente :

Si quelqu’un dit que l’état de mariage est préférable à l’état de la virginité ou du célibat ; et que ce n’est pas quelque chose de meilleur et de plus heureux de demeurer dans la virginité ou dans le célibat que de se marier ; qu’il soit anathème. – Concile de Trente, session 24, canon 10

A notre avis, cette dernière hérésie d’Amoris Laetitia, par sa netteté, est bien plus aisément utilisable en cas de controverse avec ceux qui auraient du mal à admettre la précédente, portant sur l’admission à la communion de pécheurs publics non repentis.