Le voile de la femme chrétienne aux temps les plus glorieux de l’Occident chrétien s’appelait en français une « guimpe ». L’influence franco-normande en Angleterre à partir du Xe siècle va transposer le terme en « wuimpe » ou « wimple », mais ce mot est bien d’origine germanique, et franque plus précisément  : « wimpel ». Sans doute n’est-t-il pas anodin que le peuple qui fut le bras armé de l’Éternel des armées du Nouvel Israël, ait laissé à la langue française moderne, non seulement le vocabulaire de la guerre et de l’état, propriétés masculines, mais aussi le vocabulaire de la modestie et de la pudeur, vertus féminines. Qu’avons nous fait de cette grâce et de cet équilibre ?

Une femme française ordinaire au XIVe siècle.

Dans les pays de France, entre le VIIe et jusqu’au XIVe siècle, c’est le terme « touaille » qui désigne le plus communément le voile usuel de la femme chrétienne. Ce mot vient lui aussi du francique, Thwahlja qui signifie fichu ou petit drap. Il est très émouvant de voir que ces termes en particulier se sont maintenus de cette façon dans la langue française. Mais revenons quelques siècles en arrière : aux X-XIe siècles, parmi les femmes d’Occident, ce sont sans conteste les anglo-normandes qui ont le plus magnifié la modestie chrétienne. Ci-dessous, vous pouvez voir quelques scènes ordinaires des catholiques anglaises du XIVe-XVe siècle, mais vous pourriez transposer ces scènes en France, en Allemagne, en Italie, etc. Il est intéressant de voir que les chrétiennes d’Occident, au moins depuis l’époque carolingienne, portaient presque systématiquement un voile de couleur blanche, que ce soit dans la vie quotidienne ou pour d’autres occasions.

Nous verrons plus loin que ces éléments de la modestie chrétienne vont persister jusqu’au milieu du XXe siècle dans les ruralités catholiques les plus humbles, en particulier dans des villages que nous, catholiques, connaissons bien : La Salette, Lourdes, Fatima…A bien y réfléchir, il est clair qu’au vu des conditions de ce début de XXe siècle, la Très Sainte Vierge Marie ne pouvait délivrer les divins messages à d’autres personnes que de simples et pieux petits chrétiens de ces campagnes reculées, éloignées des torpeurs du monde moderne, lesquels enfants étaient dignement revêtus, intérieurement et extérieurement, du vêtement de la foi, comme d’ultimes témoins d’une chrétienté jadis glorieuse par le double entretien de la Foi, mais bientôt réduite à quelques humbles et fidèles restants au milieu d’un monde de haine et d’indifférence. Par ailleurs, il est intéressant que les témoignages de tous ces bienheureux petits voyants indiquent qu’ils n’étaient absolument pas surpris, sinon d’émerveillement, par l’aspect de la Dame du ciel, qui leur parut d’une noblesse et d’une beauté inouïe. C’est que la modestie vestimentaire des petits de Fatima, de Lourdes et de La Salette, notamment des petites filles, est essentiellement la même que pouvait l’être celle de la Bienheureuse vierge choisie parmi toutes les enfantes de l’Ancien Israël.

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Cette mode chrétienne a persisté, dans ses éléments essentiels présentés ici, jusqu’au XVe siècle, avant le grand «flush » de la mode baroque adoptées par les élites, tandis que la modestie chrétienne médiévale s’est maintenue dans les populations plus humbles, comme nous pouvons le voir avec les enfants de La Salette, Lourdes et Fatima qui vivaient encore à une époque bien proche de la notre.

Notez en particulier la très noble mise de ces couvre-chefs féminins avec ce serre-tête argenté ou doré, qui maintient un voile qui, selon les goûts des jeunes (surtout dans les élites), pouvait être porté très long. Cette mode était très présente chez les princesses et nobles femmes d’Angleterre jusqu’au 11e siècle.

Il n’y a rien de plus européen que le voile de la femme chrétienne : on y retrouve l’universalité de la modestie catholique dans les modes nationales, franques, saxonnes, normandes, italiennes, ibériques, grecques, illyriennes, etc. et cela fait lien avec l’Orient chrétien et l’antiquité de la Sainte religion. Le voile de la croyante apparaît dans les Saintes Écritures pas moins de 54 fois, depuis Genèse 24-65, en passant par Ezekiel, Isaie, Samuel, Lévitique, dans les Psaumes et bien sûr, dans Corinthiens. Du temps de l’ancien testament, le voile féminin était commun aussi bien chez les femmes d’Israël que chez les femmes des nations païennes, mais ce n’est réellement que par la Bonne Nouvelle de Notre Seigneur, ainsi que par la prédication de Ses apôtres, comme annoncé dans Matthieu 10-26, que les chrétiens comprirent réellement la signification libératrice et symbolique du voile. Cela est très clair dans l’esprit des pères des premiers siècles qui ont parlé en chaire de ces enjeux. Aussi, le voile de la femme chrétienne est un fait incontestablement antique et encore bien plus que cela. Pour simple démonstration, les représentations les plus anciennes des premières communautés catholiques à Rome, dans les catacombes, sont des preuves sans appel.

C’est à partir du XIVe siècle que les élites des cours vont commencer à publiquement libéraliser leurs dispositions personnelles, mais aussi politiques, vis-à-vis des purs principes de la religion chrétienne et notamment en matière de mœurs et de discipline morale. Par ailleurs, c’est également l’époque où l’effervescence philosophique, alimentée par les spéculations kabbalistiques et néo-gnosticistes, semblent également accompagner cet esprit de relâchement moral que l’on peut observer dans certains gouvernements de la chrétienté d’occident. C’est à partir de cette époque que l’on va progressivement voir décroître le port du voile chez les reines et autres femmes de haut rang, alors même que, depuis les temps antiques, le voile était le signe d’une grande dignité sociale. L’apparition de modes extravagantes, liés à la libéralisation des esprits et des mœurs dans cette époque pré-romantique, telles que le hennin, sont très illustratives. Le hennin, mieux connu comme « chapeau de fée » est d’ailleurs très probablement une mode d’inspiration orientale. En tout cas, il reste couramment arboré dans certains costumes folkloriques de peuples du Levant ou de Mésopotamie.

Mais nous verrons que cette perte de l’esprit de discipline morale à la tête de la société annonce déjà toutes les autres décadences et scandales qui conduiront à la révolution (il ne faut jamais oublier les graves fautes de certains rois en la matière). D’une certaine façon, en matière de mode, cette pente empruntée par les milieux mondains, ne pénétra pas dans le peuple catholique, qui va les maintenir, dans ses mises ordinaires ou dans ses costumes régionaux.

Blanche de Castille, mère de Saint Louis, enseignait ainsi son fils : « Souvenez-vous toujours que vous êtes chrétien, priez Dieu en toutes circonstances de vous guider. » Ces saints rois et reines, honneur indépassable pour l’Occident, laisseront place quelques siècles plus tard à des princes sans discipline face à la religion, et sans réelle crainte devant Dieu.

Pendant tout le moyen-age, les reines ont conscience de leur rôle social sur toute la féminité chrétienne. C’est le temps des saints rois et des saintes reines, qui avaient conscience des responsabilités non seulement politiques, mais aussi sociales et surtout spirituelles qui étaient les leurs. Il faut aussi comprendre que le port du voile, dans la société chrétienne antique, comme médiévale, était un très grand honneur social, marquant la qualité d’épouse dans la société. Et dès lors que ces élites commencent à déconsidérer l’importance de ces responsabilités pour se griser de gloire personnelle, à partir du XIVe-XVe siècles, mais surtout à partir du siècle de Louis XIV, le voile des chrétiennes deviendra désormais l’apanage et la couronne de la noblesse laborieuse du peuple, bourgeoises ou paysannes. Jusqu’au XVIe siècle, les allemandes catholiques du Saint-Empire portent classiquement le turban dit « allemand » ou « italien ».

Voiles courants des catholiques du Saint Empire germainique au XVe-XVIe siècles. Il s’agit notamment du turban « allemand » ou « italien ». On parlera de « steuchlein » ou de wulsthaube ».

C’est vraiment un grand honneur pour toute la chrétienté modeste d’Occident que d’avoir maintenu le voile de la femme chrétienne jusqu’à une époque très récente. En effet, la « renaissance » dite italienne, puis le grand siècle baroque, vont diffuser les modes exagérées et immodestes qui vont elles-mêmes directement influencer le bouleversement de l’habit pendant la période révolutionnaire. Il ne faut jamais perdre de vue que l’impudicité (toute relative en rapport de maintenant) de l’époque Directoire avec les affriolantes merveilleuses n’était que la continuité et plus encore, la diffusion pure et simple de la décadence qui régnait déjà dans les cours et dans une certaine aristocratie qui n’en avait plus que le nom. Il est intéressant d’observer que les extravagances de l’apparence du chef des femmes (leur tête) au XIVe siècle (le hennin), comme au XVIIIe (les perruques à étages), furent des marqueurs temporels et physiques très similaires dans leur symbolique, à la fois esthétique, mais aussi historique. En effet, en se dévoilant, ces reines ne signifiaient elles pas, comme par anticipation, la perte du vêtement de la foi chez les princes, et leur future décapitation ?

De même, la coupe « à la Titus » en vogue pendant le Directoire et sous le Consulat, annonce les modes féministes et révolutionnaires du XXe siècle. La période du Directoire, qui suit directement à l’éclatement de débauche et de crimes qui maruqèrent la révolution française de 1789, peut vraiment être considérée comme une période de révolution sexuelle, tout à fait analogue à ce qui put se passer un peu plus tard, à la « belle époque », ou encore avec l’influence de la culture populaire des années 1930, ou encore avec ce qui se passa en 1968 jusqu’à nos jours.

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(à gauche :Louis-Léopold Boilly, portrait de madame Arnault de Gorse, musée du Louvre ; à droite :Illustration provenant de Ten Centuries of Toilette from the French de A. Robida, 1892) Très prisée dans les années 1795-1800, la coupe à la Titus semble provenir à l’origine de la mode dite « coupe à la victime ». Celle-ci aurait été lancée par les jeunes femmes issues de l’aristocratie et ayant « échappé » à un guillotinement, d’où les cheveux courts de la condamnée sauvée in extremis. En réaction,  mais sur un mode romantique quelque peu étrange, pour ne pas dire fétichiste, un certain sieur Rothe du Nugent produisit même en 1809 un pamphlet titré « Anti-Titus ou Critique de la mode des cheveux coupés pour les femmes« , en appelant à la tradition des gaulois et citant quantité d’auteurs antiques. Mais ces critiques de libéraux contre d’autres comportements libéraux, n’y firent rien, car une révolution anthropologique étant en cours depuis des siècles déjà et un siècle après le Directoire, les modes androgynes et l’homosexualisme étaient devenues des pratiques courantes et admirées des cercles culturels les plus « raffinés ». Cette période fut également l’introduction de modes d’une indécence que nous ne pouvons pas reproduire ici, mais qui semblent infiniment plus modestes et dignes que ce qu’est devenue la mode féminine, comme masculine, actuellement.

Entre la fin du XIXe siècle et les années 1940-45, la femme chrétienne européenne la plus pure se trouvait donc surtout dans les campagnes et dans les familles humbles du peuple, qui, pour des raisons d’isolement certes très relatif, se laissait plus difficilement influencer par les « progrès » de l’époque post-révolutionnaire et néo-capitaliste. Ainsi, le voile s’est maintenu dans toutes les ruralités catholiques, de la Styrie au Portugal, de la Normandie à la Sicile. Dans ces populations encore socialement soumises à Dieu, à une époque où les élites et une partie de la société elle-même avaient apostasié, existait une virilité que les contemporains, « libérés et indépendants », ne peuvent même pas imaginer, et chez ces femmes, existait une féminité et une supériorité que les malheureuses d’aujourd’hui ne peuvent presque plus comprendre, sinon, hélas, par un immense paradoxe de l’histoire, par des modèles étrangers (la modestie vestimentaire que peuvent encore entretenir certaines musulmanes par exemple) qui mettent en relief la dégringolade anthropologique de la femme occidentale apostate au XXe siècle, siècle réputé pourtant être celui de sa « libération ».

Nous avons l’immense grâce de recevoir plusieurs apparitions majeures de Notre Dame la Très Sainte Vierge Marie entre le milieu du XIXe siècle et le début du XXe, les trois premières en France, la dernière au Portugal. Toutes ces apparitions ont délivré au monde des messages capitaux concernant l’Eglise et concernant le temps où nous trouvons par rapport au jugement dernier. Ce qui nous a frappé, est de voir que :

  • Notre Dame n’est apparue qu’à des petits enfants d’origine modeste, innocents et possédant une entière foi dans le Seigneur. Pourquoi ? Et bien, à quels adultes en un tel siècle de révolutions, Notre Dame aurait-elle pu apparaître ? Notre Dame ne pouvait s’adresser qu’à ceux que Son divin Fils a désigné comme le modèle d’âme des élus : les enfants.
  • Notre Dame est apparue à La Salette, à Lourdes et à Fatima à des enfants issus de la paysannerie la plus authentique.
  • Notre Dame est apparue en particulier à plusieurs petites filles, comme nous l’avons dit, petites infantes de la paysannerie catholique la plus traditionnelle et la plus humble. Que constatons-nous ?
  • Toutes ces petites filles se voilaient tous les jours. Elles étaient vêtues tous les jours dans l’habit de leurs mères, de l’habit de leurs grand-mères et de leurs arrières grand-mères. Contrairement aux ‘identitaires » actuels, les petites voyantes de Lourdes, La Salette, Pontmain ou Fatima étaient « enracinées », pour reprendre une lubie moderne, rarement appliquée jusqu’au bout de sa logique par ses promoteurs.
  • Ainsi donc, à une époque où l’apostasie avait déjà largement gagné du terrain, à une époque où l’immodestie et l’impudicité devenaient la norme sociale, à une époque où Paris, Londres ou Berlin, capitales de ce monde post-révolutionnaire, devenaient les capitales de l’homosexualisme et de la débauche érigée en art, Notre Dame, pouvait-elle se montrer ailleurs qu’au fin fond des dernières campagnes chrétiennes d’Occident ? Pouvait-elle se montrer à quiconque sinon à des petits croyants tout innocents ? Pouvait-elle confier ses prophéties à quiconque d’autres que les dernières petites chrétiennes d’Europe à avoir, sans même en avoir conscience, conservé la modestie et la pudeur de tant de siècles ? Pouvait-elle se confier à quiconque d’autre que ces petits qui se tenaient à la dernière place ?

Mélanie Calvat et Maximin Giraud témoins de l’apparition de Notre Dame à La Salette en Septembre 1846

A Pontmain, ce sont les petits garçons Barbedette, puis un grand nombre d’habitants du village qui furent témoins de l’apparition de Notre Dame.

A Fatima en 1917, Notre Dame apparait à trois petits villageois.

A Fatima, dans la foule (lors du miracle du soleil, vu par des dizaines de milliers de personnes), toutes les croyantes sont voilées et présentent toutes les qualités de la modestie chrétienne.

Les « catholiques » conciliaires, qu’ils soient de tendance libérale, progressiste ou conservateurs, ont eux aussi adopté tous les standards de l’impudicité contemporaine.

Particularités chez les conservateurs et traditionnalistes : le plus souvent, en raison de leur position souvent esthétisante au sein de la secte Vatican II, ne font que singer ou s’inspirer des modes des années 1950 (la fameuse « loden » versaillaise), ou bien des années 1880-1910.

Particularités chez les modernistes et autres progressistes/libéraux : à l’instar des gauchistes, ils excusent volontiers le voile islamique (ou le détestent comme « symbole d’oppression »), mais ne manqueraient pas de bondir sur une catholique qui voudrait s’apprêter de façon décente. Nous avons déjà dit qu’en la matière, il y a eu un véritable rapt d’identité et une subversion mémorielle chez ces ex-catholiques. Et le voile, comme nous venons de le démontrer par quelques exemples rapides, en est le meilleur exemple.

Les choses sont à un tel point que nous observons deux dérives pathétiques, aussi bien chez les conciliaires conservateurs que chez les libéraux :

  • Les conservateurs adhérents à la secte Vatican II sont rarement capables de virilité, car celle-ci est une valeur chrétienne. La plupart d’entre eux n’ont qu’une faible compréhension des enjeux de la pudeur en raison il est vrai, de ce qu’est devenue la mode à l’ère de la démocratie libérale et du turbocapitalisme. Mais pour eux, une femme voilée correspond à une musulmane. Rapt d’identité évident. Alors qu’un catholique intelligent sait que, nécessairement, pour des raisons historiques ainsi que de simple logique, c’est l’islam qui a plagié le christianisme ou certains de ces aspects et non pas le contraire. Aujourd’hui, une catholique qui se voilerait ou pratiquerait la vertu en matière de mode comme ses ancêtres a toutes les chances d’être prise pour une musulmane par des soi-disant catholiques ou des soi-disant « identitaires ».
  • Les libéraux ou progressistes adhérents à la secte Vatican II : depuis la révolution des antipapes de Vatican II, toutes les exigences bibliques et magistérielles concernant l’obligation pour une femme de se tenir voilée à l’Église ont été laissées au bon vouloir des fidèles. Naturellement, quelques années plus tard, non seulement plus une seule femme catholique tombée dans la secte, sauf les anciennes, sauf dans les paroisses demeurées quelques temps sous le contrôle de quelque prêtre encore vaguement conservateur, ne se couvrait à l’Eglise, mais l’on vit apparaître chez elles la détestable mode des cheveux courts à la garçonne (venue de la mode lesbienne des années 1910…), ce que l’Évangile dans I Corinthiens 11-5 et 11-15 considère être une honte, un déshonneur contre-nature. De même, les « nonnes » de la secte Vatican 2 sont pour la plupart, même dans les ordres les plus stricts, vêtues comme de pures païennes. Un exemple de cela est « soeur » Danielle, qui fut la fameuse témoin de l’assassinat du père Jacques Hamel l’an passé.

Des « soeurs » qu’on distingue à peine d’hommes ou de protestantes immodestes. Nous avons beaucoup de peine à avoir à porter un jugement sur ces personnes, du moins sur leur accoutrement, mais les faits sont patents. Et encore, les « soeurs » sur cette illustration sont loin d’être les exemples les plus lamentables.

Notre Dame de La Salette avait prédit à Mélanie, dans les années 1890 :

Plusieurs maisons religieuses perdront entièrement la foi et perdront beaucoup d’âmes…malheur aux prêtres et aux personnes consacrées, lesquels,  par leur mauvaise vie, crucifient de nouveau mon Fils.

Ce qui est intéressant ici, est que Notre Dame, dans sa révélation à Mélanie Calvat, commence par ces phrases : « Mélanie, ce que je vais vous dire maintenant ne sera pas toujours secret« , faisant ainsi précisément référence à la symbolique du voile évoqué plus haut et contenu dans toute la Sainte Écriture et notamment à Marc 4-22, Luc 12-2 ou encore Matthieu 10-26 : « car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. » Vraiment, gloire à Dieu.

Jeunes catholiques de Bethléem en costume palestinien traditionnel. Remarquez que le hennin, très porté en Occident au XIVe siècle, fait souvent partie des costumes traditionnels levantins.

Par ailleurs, il est loi d’Évangile et loi d’Église que les femmes doivent se tenir voilées à l’Église, au culte et spécialement en s’approchant de l’autel. Au reste, il n’y a jamais eu dans l’Eglise, une quelconque obligation hors du cadre du culte : la modestie chrétienne est spontanée, elle correspond à l’expression extérieure, discrète et éminemment noble, de la foi intérieure. Ainsi, la pratique du voile en société pour les chrétiennes laïques n’est en rien une obligation de l’Eglise, mais éventuellement, un instrument de perfection des vertus, pour l’édification de la société et des familles.

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Voile typique de Sardaigne.

Dans cet extrait du roman de la Rose écrit au XIIIe siècle, on voit de quelle noble et digne manière une française chrétienne s’apprêtait pour mettre le pied dehors et comment les passants sont éblouis par la beauté manifeste de sa pudeur et de sa modestie. L’éblouissement n’est que plus grand quand « el ot descovert son visage ».

Extrait de Jean Renard, in le roman de la rose ou de Guillaume de Dole, écrit en 1210 :

Por sa gorge parembelir
Mist un fermail a chemise,
ouvré par grande maiestrise,
riche d’or et bel de feture,
basset, et plain doi d’overture,
et si que la poitrine blanche
assez plus n’est noif sor branche
li parut, qui mout l’amenda.
Que qu’elle se ceint et lia,
de sa guimple et de sa ceinture,
dont li ors de la ferreüre
valoit plus de vint-cinq livres
li vallés, qui n’est fous ne ivres,
ne s’est en nul lieu delaiez.
Et savez qui mout l’abeli ?
Qu’el ot descovert son visage.

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