La Révélation nous enseigne donc au sujet du corps de l’homme de sublimes vérités, que les sciences naturelles et l’art sont incapables de découvrir par eux-mêmes, vérités qui confèrent au corps une nouvelle valeur et une dignité plus élevée et par conséquent un plus haut motif à mériter le respect. Le sport et la gymnastique n’ont certainement rien à craindre de ces principes religieux et moraux correctement appliqués ; il faut toutefois exclure certaines formes qui sont en opposition avec le respect indiqué à l’instant. La saine doctrine enseigne à respecter le corps, mais non à l’estimer plus qu’il n’est juste. Le principe est celui-ci : soin du corps, accroissement de vigueur du corps, oui ; culte du corps, divinisation du corps, non, pas plus que divinisation de la race et du sang avec leurs présupposés somatiques ou leurs éléments constitutifs.

Saint Jean Bosco, connu comme l’apôtre de la jeunesse pauvre et désœuvrée, fut un grand amateur de sport dans sa jeunesse. Il a aussi beaucoup promu les activités sportives pour les jeunes enfants des rues. Voici ce que Saint Jean Bosco disait : « Une autre arme dont use le démon est l’impudicité, ou plutôt, l’impureté. Mes chers enfants, soyez sur vos gardes : « le démon va vous tenter avec de mauvaises lectures, de mauvaises pensées, ou la mauvaise conversation de tel ou tel. Et quand un tel approche, dites-vous à vous-même : ‘voici un ministre de Satan’. Et laissez-le, pour qu’il se dise à lui-même : ‘je suis un ministre de Satan, car je l’aide à ruiner des âmes ».

Le corps n’occupe pas chez l’homme la première place ; ni le corps terrestre et mortel, tel qu’il existe maintenant, ni le corps glorifié et spiritualisé, tel qu’il sera un jour. Ce n’est pas au corps, tiré du limon de la terre, que revient le primat dans le composé humain, mais à l’esprit, à l’âme spirituelle. Non moins importante est une autre règle fondamentale contenue aussi dans un passage de la Sainte Écriture. On lit en effet dans la lettre de S. Paul aux Romains : « Je vois dans mes membres une autre loi, qui s’oppose à la loi de mon esprit et me rend esclave de la loi du péché qui est dans mes membres » (Romains 7, 23).

Saint Sébastien est le saint patron des athlètes, martyr au IIIe siècle. Son histoire fut rapportée entres autres par Saint Ambroise de Milan au IVe siècle. Sébastien a été fait patron des athlètes, en raison de sa grande force physique, mais il est vénéré en raison de son immense force d’âme. En effet, Sébastien subit un douloureux martyr sous l’empereur Dioclétien. Originaire de Narbonne, en Gaule, il était citoyen de Milan et était militaire de carrière. Bien considéré par le régime impérial dans un premier temps, il est nommé centurion. Néanmoins, Sébastien est chrétien et il fait tout son possible pour soutenir ses frères persécutés. Sa foi est si grande qu’il convertit de nombreuses personnes et accomplit plusieurs miracles, dont celui de rendre la parole à une femme muette du nom de Zoé. La Foi de Sébastien ayant été découverte, Dioclétien le met à mort et ordonne de faire un exemple. Attaché à un poteau dans un champ, Sébastien est transpercé de flèches. Il est miraculeusement recueilli et soigné par Sainte Irénée de Rome. Sébastien, grâce à sa robustesse physique et à sa Foi, est remis sur pied. Il repart pour Rome où il erre dans les rues jusqu’à croiser Dioclétien, qu’il invective publiquement comme tyran. Sébastien est alors battu à mort par les soldats et son corps, jeté dans les égouts. La vie et le martyr de Saint Sébastien illustrent particulièrement bien le propos de Pie XII ici. De même, Saint Sébastien est traditionnellement représenté transpercé de flèches, recueilli par les saintes femmes de Rome à demi-nu, vêtu d’un simple pagne. Ici, cette nudité relative n’est pas une honte, ni un orgueil, au contraire, c’est une gloire et le témoignage de la foi du martyr, qui a livré son corps pour Dieu, et non pas pour l’Homme.

On ne pourrait décrire de façon plus vivante le drame quotidien dont est tissée la vie de l’homme. Les instincts et les forces du corps se font sentir, et, étouffant la voix de la raison, l’emportent sur les énergies de la bonne volonté depuis le jour où leur pleine subordination à l’esprit fut perdue par le péché originel.

Aperçu des danses populaires qui rythmaient l’Europe chrétienne, il y a encore moins d’un siècle, n’étaient pas nécessairement condamnées par l’Eglise, pour peu que rien de scandaleux ou d’outrageant n’y soit produit. Ici, la danse basque et l’accoutrement de fête typique des villageois de cette région au début du siècle dernier suffit à montrer que nous sommes à des années lumières des modes qui se produisaient déjà à cette époque dans les grandes villes. Mais que dire alors de la distance morale qui nous sépare de l’ancienne Europe chrétienne ?

Dans l’usage et l’exercice intensifs du corps, il faut tenir compte de ce fait. De même qu’il y a une gymnastique et un sport qui, par leur austérité, concourent à refréner les instincts, ainsi il existe d’autres formes de sport qui les réveillent, soit par la force violente, soit par les séductions de la sensualité.Du point de vue esthétique aussi, par le plaisir de la beauté, par l’admiration du rythme dans la danse et dans la gymnastique, l’instinct peut insinuer son venin dans les âmes.


12 Avril 1984, Rome : 1200 jeunes filles vêtues de simples léotards produisent une danse synchronisée devant l’antipape Jean-Paul II. (Source : Osservatore Romano, Arturo Mari, 12 avril 1984)

Il y a en outre dans le sport et dans la gymnastique, dans les exercices rythmiques et dans la danse, un certain nudisme qui n’est ni nécessaire ni convenable. Ce n’est pas sans raison qu’il y a quelques décades un observateur tout à fait impartial devait avouer : « Ce qui dans ce domaine intéresse la masse, ce n’est pas la beauté de la nudité, mais la nudité de la beauté ». À une telle manière de pratiquer la gymnastique et le sport, le sens religieux et moral oppose son veto. En un mot, le sport et la gymnastique doivent non pas commander et dominer, mais servir et aider. C’est leur fonction, et c’est là qu’ils trouvent leur justification.(…)

Pie XII, Discours aux professeurs d’éducation physique, 8 novembre 1952, in Documents de S. S. Pie XII, 1952, p. 516-517.

Un Congrès scientifique du Sport et de l’Éducation physique avait réuni à Rome, 800 participants, le pape Pie XII reçut ceux-ci en son palais de Castel Gandolfo et leur adressa donc ces mots puissants. Que ceux qui pensent que l’Eglise catholique, que les catholiques et Pie XII exagèrent quant au niveau d’impudeur et de scandale qui règne dans les modes sportives aujourd’hui, que chacun considère seulement cette pratique des calendriers de sportifs nus qui s’est répandue depuis une quinzaine d’années.  Quant à la danse, tel qu’elle s’est developpée depuis le début du siècle dernier, nous pensons que tout commentaire est inutile.

La reine Hélène d’Italie et sa fille Marie-José avec le pape Pie XII.

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Jusqu’à il y a peu, la discipline olympique du beach-volley imposait le port du bikini. (Image censurée)

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