La modestie est une vertu qui découle directement de la tempérance qui permet à tel ou tel individu à se conduire, dans ses mouvements internes et externes, donc dans son habillement, en cohérence avec les justes limites de son état. (Saint Thomas, Summa, II-II, q.160) La modestie est une vertu par laquelle un individu observe une manière appropriée dans sa tenue, dans ses postures et dans la façon dont il s’habille. En matière de modestie, il est nécessaire de prendre en compte ces deux considérations : la dignité de chaque personne et la dignité des personnes que cette dernière côtoie.

La mode de la France catholique à l’époque de Saint Louis et de Saint Thomas d’Aquin.

La modestie corporelle revêt une très grande importance, aussi bien pour l’individu que pour la société. Ordinairement, une personne est jugée par ses comportements extérieures et pour cette raison, tout comportement inapproprié, regards indiscrets, provocateurs et tout autre comportement incontinent sont généralement interprétés comme les signes d’un for interne désordonné. C’est avec une bonne raison que Saint Augustin recommandât dans sa règle que les croyants devraient être très attentifs à la façon dont ils observent cette modestie extérieure afin de ne pas scandaliser leurs prochains.

Pélerins romains en route pour Fatima, fin des années 1940/début des années 1950.

Et nous lisons aussi dans la Sainte Ecriture : « On connaît l’homme au visage, et on discerne l’homme de sens aux traits de la physionomie. Le vêtement du corps, le rire des dents et la démarche de l’homme révèlent ce qu’il est. » (Ecclésiastique, 19;26-27)

Concernant la modestie du vêtement, Saint Thomas affirme que tout péché qui survient dans ces matières est du à quelque immodération de la part de la personne concernée, selon les circonstances de la situation (Summa, II-II, Q.169, a.1). Cette immodération peut être due à un manque de conformité dans les coutumes des personnes avec qui tel individu vit, ou bien d’un attachement excessif en matière de coquetterie personnelle. L’immodération vient alors de la vanité, de la sensualité ou de l’intérêt excessif pour l’apparence immodeste.

Père Antonio Royo Marin O.P., The Theology of Christian Perfection (1ere edition en 1954), Mount Kisco NY: Foundation for a Christian Civilization, 1987, pp 431-432

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