Le pape Saint Pie V, dans sa bulle du 9 juillet 1568, accorde quarante jours d’indulgence à ceux qui, par dévotion, récitent les sept Psaumes de la pénitence.

Psaume 37

Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur, et ne me châtiez pas dans votre colère.

Vos flèches m’ont percé de toutes parts, et votre main s’est appesantie sur moi. Il n’est aucune partie de moi-même qui n’ait ressenti vos coups : il n’y a plus de paix dans mon âme, à la vue de mes péchés.

Mes iniquités se sont élevées au-dessus de ma tête : elles pèsent sur moi comme un fardeau qui m’accable.

Mes plaies se sont envenimées et corrompues, par suite de mes égarements. Abattu et courbé sous le poids de ma misère, je passe les jours dans la tristesse.

Je sens dans les entrailles un feu qui me dévore, et je n’ai plus aucune partie saine dans mon corps.

Je suis tombé dans l’excès de l’affliction et de l’humiliation : les cris de mon cœur sont semblables à un rugissement.

Vous connaissez, Seigneur, tous mes désirs, et vous entendez mes gémissements. Le trouble s’est emparé de mon cœur, mon courage m’a abandonné, et la lumière même a fui de mes yeux.

Mes proches et mes amis se sont élevés et déclarés contre moi. Ceux qui m’étaient le plus attachés se sont éloignés de moi, et ceux qui cherchaient à m’ôter la vie ont redoublé de violence.

Ceux qui méditaient ma ruine ont eu recours au mensonge, et tous les jours ils concertaient de nouvelles perfidies. Et moi, j’ai été semblable au sourd qui n’entend point, et au muet qui n’ouvre pas sa bouche.

Je suis devenu comme un homme qui n’a point d’oreilles pour entendre, ni de langue pour répliquer. Mais vous répondrez pour moi, ô Mon Dieu, parce que j’ai espéré en Vous.

Je vous ai dit : Ne souffrez pas que mes ennemis triomphent de moi, car dès qu’ils m’ont vu chanceler, ils ont fait éclater leur insolence. Mais je suis prêt à tous les châtiments, et mon péché est l’objet continuel de ma douleur.

Je confesserai mon iniquité, et je l’aurai toujours présente à mon souvenir. Cependant mes ennemis vivent et voient croître leur puissance, ceux qui me haïssent injustement se sont multipliés. Ceux qui me rendent le mal pour le bien ne cessent de me noircir, parce que j’ai suivi constamment la justice.

Ne m’abandonnez pas, Seigneur mon Dieu, ne vous éloignez pas de moi. Hâtez-vous de me secourir, ô Dieu qui êtes mon salut.

P192-Henry_II_doing_Penance_at_the_tomb_of_Thomas_a_Becket

Pénitence que le roi Henri II d’Angleterre s’infligea à lui-même devant le tombeau de son ancien ami, le martyr Thomas Beckett. Trois ans après la mort de ce dernier, en 1273, le roi Henry -qui scandalisa l’Europe pour n’avoir rien fait pour empêcher l’assassinat du saint archevêque- fait face à une révolte de la quasi-totalité de la noblesse sur l’ensemble du royaume. Encerclé de toutes parts, il semble interpréter cette catastrophe comme une conséquence de sa lâcheté vis-à-vis de Thomas Beckett. Aussi entreprend-il en juillet 1274, une repentance publique particulièrement humiliante devant le tombeau du saint. Peu de temps après, il apprend que l’un des principaux rebelles, Guillaume d’Écosse, avait été battu et capturé lors de la bataille d’Alnwick, ce qui entraîne la fin de la révolte.

 

 

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