Nous avons reçu un certain nombre de commentaires à la suite de notre partage de l’article du média moderniste Diakonos publiant le témoignage du « prêtre » novus ordo Pierre N. et de son passage décevant au sein des mouvances des conservateurs et des lefébvristes. Nous l’avons partagé ce témoignage en raison de l’intérêt sociologique remarquable que nous y avons perçu, dans la mesure où il dévoile parfaitement l’extrême confusion et l’aveuglement que la révolution moderniste a laissé derrière elle, presque soixante-ans après son déclenchement. Le cas de M. Pierre N. est d’autant plus intéressant qu’il s’agit là d’un individu, « prêtre diocésain », ayant évolué un temps au contact de différents groupes conservateurs ou « traditionnalistes ». Nous avons donc décidé de faire ici un bref résumé de ses arguments, ses expériences, de ses bonnes et mauvaises conclusions.

  1. On apprend que, formé et « ordonné » dans les séminaires du novus ordo, Pierre N. a parallèlement nourri un intérêt pour ce qui lui était présenté comme « la tradition », à savoir les Fraternités « Ecclesia Dei » de type FSSP ou lefébvristes, telles la FSSPX, en particulier sur les motivations liturgiques de ces milieux. En tant que « prêtre diocésain » au début des années 2000, il est lui-même marqué par les « abus liturgiques » qui caractérisent les « messes » du rite novus ordo, ce qui l’a conduit à nourrir un certain nombre de « préjugés » vis-à-vis du rite de Paul VI. Nous allons voir que ce constat de bon sens demeurait dès le départ essentiellement esthétique, lui-même avouant ne pas s’être alors suffisamment intéressé à la forme « normative » de ce rite, qu’il avait toujours vu célébré à la façon débraillée de la plupart des « prêtres » du novus ordo. Nous voyons déjà ici une erreur fondamentale, que nous allons retrouver plus après.

Résultat de recherche d'images pour "fssp"2. Il s’est alors tourné vers les fraternités Saint-Pierre et Saint Pie X, où il est rapidement choqué par l’attitude rebelle et quasi-schismatique de certains prêtres et de certains fidèles de ces communautés. « Que de prêtres et de fidèles de ces groupuscules ont la certitude d’être les dépositaires de la bonne manière de faire au milieu d’une Eglise “gangrénée” par le “modernisme” et le « progressisme”.» Il dit plus loin : « en regardant attentivement la situation, je ne peux m’empêcher de constater que ces groupes constituent une Eglise dans l’Eglise. » Et enfin, cette remarque très pertinente, dans le contexte : « Je pourrais citer de nombreux exemples dont j’ai moi-même été le témoin direct. Je me souviens de cette demoiselle, fidèle de la fraternité Saint-Pierre.  Obligée de travailler occasionnellement le dimanche, et ne pouvant assister à la “vraie messe” le matin, elle faisait le soir plus de cent kilomètres pour assister sans scrupule à une messe basse célébrée dans une église de la fraternité Saint-Pie X, de peur de perdre la foi en allant près de chez elle à une “messe…  protestante”.  Quand on connaît le statut canonique de ces prêtres de la fraternité Saint-Pie X, on se demande où est le protestantisme… ». Il est probable qu’en fréquentant ces groupes, en particulier ceux de la Fraternité Saint-Pie X, Pierre N. aura été refroidi par les erreurs ecclésiologiques qui sont classiquement celles des lefébvristes, avec les attitudes rebelles et les prises de positions paradoxales qui les accompagnent. Cette proximité ne l’a visiblement pas aidé à discerner le réel problème doctrinal qui règne dans ces communautés. En effet, l’ecclésiologie des groupes lefébvristes est profondément erronée et Pierre N. semble l’avoir senti, hélas, sans en tirer les bonnes conclusions. En clair, les lefébvristes reconnaissent les « papes » de Vatican 2 comme de vrais papes de l’Eglise catholique, mais dans le même temps, affirment qu’ils enseignent des hérésies et que leurs rites, liturgies, catéchismes, sont impropres, invalides, faux et à fuir. En somme, les lefébvristes considèrent les Paul VI, Jean-Paul II ou Benoit XVI comme de vrais papes, vrais représentants de l’autorité suprême de l’Eglise, mais en même temps, leur désobéissent en tout, les qualifiant même d’hérétiques pour les plus téméraires d’entre eux. C’est là une attitude proche du schisme, à mi-chemin entre une forme originale de protestantisme et de gallicanisme moderne, pour ne pas dire moderniste. Si l’on tient que Paul VI, Jean-Paul II ou François sont papes, on doit naturellement obéir non seulement à leur Magistère, qui serait donc celui de l’Eglise, mais aussi à leur discipline et surtout à leur liturgie. Or, selon l’enseignement de l’Eglise, il n’est pas possible qu’un pape enseigne l’hérésie, car l’Eglise ne peut pas faire défection, « les portes de l’enfer » ne peuvent pas « prévaloir contre elle ».

Image associée3. En revanche, il n’est pas surprenant que Pierre N. ait été frappé par les motivations esthétisantes, parfois même idéalistes, de beaucoup de fidèles de ces communautés « tradis », qui, ici ou là, prennent parfois l’allure de clubs politiques ou de clubs de rencontres, peuplés de romantiques en dilettante et d’activistes radicaux. Dans cet univers de rebelles policés, il n’est pas surprenant que Pierre N. ait ressenti une grave atteinte à l’un des rares dogmes que les modernistes comprennent encore, quoique de façon pervertie : l’infaillibilité pontificale et l’indéfectibilité de l’Eglise. Il en donne un remarquable exemple en se remémorant un épisode personnel :

« Je me souviens d’une autre personne qui communiait de ma main quand je célébrais la messe dans la forme extraordinaire et qui refusait cette même communion quand je célébrais dans la forme ordinaire…Je me souviens d’un jeune dérouté parce qu’un prêtre lui avait dit : “La nouvelle messe est de la viande avariée ou de l’eau croupie. On peut y assister si on n’a rien d’autre, mais si l’eau vive de la Tradition coule à proximité, il n’y a pas d’hésitation possible à avoir afin d’éviter à long terme l’empoisonnement. » Si on suit logiquement ce raisonnement, c’est toute l’Eglise qui a sombré dans l’apostasie. »

Le problème des « Ecclesia Dei » et surtout des lefébvristes, est qu’ils critiquent, refusent et condamnent même parfois les enseignements de ceux qu’ils assurent tenir comme papes, comme autorités suprêmes de l’Eglise, donc comme l’Eglise elle-même. Ils vont même jusqu’à les qualifier d’hérétiques, à qualifier leurs messes et leurs ordres d’invalides, sans se rendre compte qu’ils nient ainsi l’infaillibilité pontificale et l’indéfectibilité de l’Eglise, d’où l’effroi qu’ils provoquent chez des néo-traditionnaliste loyalistes comme Pierre N. Or, la position catholique dogmatiquement correcte pour interpréter la révolution moderniste, est bel et bien d’affirmer qu’il est très objectivement indéniable que les « papes » de Vatican 2 ont tous enseigné publiquement, formellement et de façon autoritaire, de nombreuses hérésies et ont tous commis publiquement divers actes d’apostasie. En conséquence de quoi, les dogmes de l’infaillibilité papale et de l’infaillibilité de l’Epouse obligent justement tout catholique à considérer les « papes » de Vatican 2 comme des antipapes, des étrangers à l’Eglise catholique, selon les mots des papes Paul IV (Cum Ex Apostolatus Officio) et Léon XIII (Satis Cognitum). L’hérésie, notamment l’hérésie publiquement enseignée avec autorité, sépare ipso facto de l’Eglise, fait perdre l’office au clerc, et au fidèle, l’appartenance à l’Eglise, sans besoin d’un quelconque jugement autre que l’évidence de la déclaration publique. Pierre N., de bonne ou de mauvaise foi, semble ignorer ces choses ou en tout cas, il semble complètement ignorer ce qu’elles signifient en termes de conséquences, selon les lois éternelles de l’Eglise. Un autre aspect de l’opinion erronée de Pierre N. apparait également dans la citation précédente, lorsqu’il dit que « la propagande interne de ces groupes assure que c’est au sein de la “Tradition” que se trouve la relève et qu’on y voit beaucoup de familles.  Mais si l’on regarde froidement les chiffres (à l’échelle mondiale et même nationale), on se rend vite compte qu’on est loin du miracle. » A ce titre, nous sommes assez d’accord pour contredire l’opinion souvent répandue dans les milieux traditionalistes, selon laquelle les églises du novus ordo seraient vides et que les chapelles tradis seraient elles, pleines à craquer. S’il est indéniable que la révolution Vatican 2 a causé la fermeture d’innombrables séminaires et l’apostasie d’un grand nombre de prêtres ou de fidèles, il faut aussi admettre que la secte moderniste retient encore captifs des millions de « catholiques » fort actifs, les uns dans les sectes charismatiques, les autres dans les mouvements « oecuménistes » ou dans leurs « paroisses », selon les tendances et l’activisme de leurs communautés. Mais à la réalité, Pierre N., en relevant cette évidence, montre encore le standard relativiste qui est le sien, comme si le nombre de fidèles dans les communautés novus ordo ou dans les communautés FSSP-FSSPX devait déterminer que l’une ou l’autre option devrait être la juste, en vertu du nombre. Ce serait oublier que leur seul standard qui compte dans l’Église catholique, est celui de l’observance de l’orthodoxie de la Foi.

Résultat de recherche d'images pour "cum ex apostolatus officio"4. Quoiqu’il en soit, dégoûté par l’attitude malsaine des groupes « traditionnalistes », Pierre N., loin de tirer les bonnes conclusions, retourne au contraire en pleine communion dans la contre-église moderniste. On comprend la source de son erreur lorsqu’il affirme : « Je pense que le mouvement traditionnel s’est développé en réaction aux abus liturgiques.» En fait, on peut difficilement parler d’abus liturgiques concernant une messe qui n’est tout simplement pas une messe catholique. S’il est vrai que la promulgation du faux rite de Paul VI provoqua un mouvement de stupeur sensiblement plus large que les réactions des années du Concile, Pierre N., qui comme ses concurrents des « Ecclesia Dei » semble plus obnubilé par la question liturgique que par la question dogmatique générale, de laquelle dépend organiquement la précédente, semble ignorer des pans essentiels de l’histoire de la réaction catholique à la révolution hérétique de Vatican 2. De grands théologiens tels que Monseigneur Guérard des Lauriers ou surtout le premier d’entre tous, le Père Saenz y Arriega, ont correctement compris la signification théologique du concile Vatican 2 et de la révolution moderniste des années 1965-1986 bien au-delà de la seule question liturgique, précisément en rappelant les éléments les plus fondamentaux de la doctrine catholique, laquelle exclue absolument qu’un vrai pape et donc que l’Eglise, proposât aux fidèles des doctrines hérétiques ou une messe « imparfaite » ou des rites invalides, ce qui irait à l’encontre des dogmes de l’infaillibilité et de l’indéfectibilité. Contrairement à ce que semble penser Pierre N. la réaction « traditionnaliste », du moins celle des catholiques qui ont correctement constaté la vacance du siège, n’est pas une simple question liturgique, encore moins une risible opinion esthétique. Des formules essentielles –peu importe le rite catholique, oriental ou latin- ont de tous temps été nécessairement observées dans toutes les messes catholiques, dans toutes les époques, tout simplement parce que ces formules signifient et réalisent le sacrement, avec le concours de la matière appropriée et du ministre validement ordonné (Eugène IV, Concile de Florence). Ces formules essentielles, qui se réduisent à quelques mots, ont été modifiées par Paul VI. Ce seul fait, selon l’enseignement de l’Eglise, caractérise Paul VI comme un hérésiarque totalement étranger à l’Eglise catholique. Il ne s’agit pas ici de préférences esthétiques ou d’opinions romantiques. C’est un fait objectif, compréhensible à la comparaison des documents concernés et surtout à l’examen discipliné des lois de l’Eglise. Pierre N. qui évoquait les accusations réciproques de « protestantisme » entre lefébvristes et modernistes, ne croyait pas si bien dire. Sait-il que Paul VI, aidé du franc-maçon Anibale Bugnini, a littéralement invité un groupe de « pasteurs » protestants pour superviser la rédaction du rite novus ordo ? Pierre N. ignore certainement l’étude du Père Noel Barbara (un « traditionnaliste » dont il n’a surement pas entendu parler chez ses amis de la FSSP), laquelle démontre la similitude quasi-exacte entre le rite novus ordo et le rite anglican, les sacrements de ces derniers ayant été déclarés « absolument nuls et vains » par le pape Léon XIII. Pour Pierre N., les « abus liturgiques » ont choqué beaucoup de fidèles au cours des dernières décennies, lui y compris, mais il n’y aurait aucune raison pour douter de la messe de Paul VI. Le problème selon lui, est que cette messe a trop longtemps été mal dite, mal servie, semblant souvent « proche du carnaval… au nom de la créativité pastorale ». C’est une opinion bien connue chez les « prêtres » conservateurs diocésains du novus ordo.

« La Messe restaurée par l’Eglise à la demande du dernier Concile et du Bx Paul VI n’est pas synonyme de pauvreté liturgique, très loin de là. Pour ceux qui le souhaitent, la célébration normative est aussi possible en latin et orientée. Tout prêtre peut célébrer de la sorte. » Pourtant, même s’il semble désormais vouloir se faire le fidèle soldat de sa hiérarchie, les propos de Pierre N. font transparaitre l’erreur de son jugement lorsqu’il dit : « Il n’y a pas une “Messe de toujours” mais une “Eucharistie de toujours” célébrée par un rite qui a inévitablement changé au fil du temps. Le souhait du dernier Concile était de rendre à ce rite (le rite romain) sa beauté primitive, en mettant davantage en lumière les deux grandes parties de la Messe : la liturgie de la Parole et la liturgie Eucharistique. » Peut-être à cause de son expérience au sein des communautés FSSP-FSSPX, il demeure convaincu que le problème de la révolution Vatican 2 n’est qu’un problème esthétique, idéologique ou, en quelque sorte, identitaire et temporel, en somme : un simple problème d’opinion, de goût ou de parti. Pierre N. ne réalise pas que le problème du rite de Paul VI n’est pas qu’un risible problème esthétique, mais un problème substantiel. En l’occurrence, peu importe les formes esthétiques de la Sainte Messe, peu importe l’époque, il est un enseignement éternel que les formules essentielles de la Sainte Messe, en particulier celles de la Consécration, sont immuables et donc indispensables pour la réalisation effective et substantielle du sacrement de l’Eucharistie, chose que n’ont cessé de rappeler les papes, surtout dans l’époque moderne, depuis Eugène IV (Concile de Florence, Exultate Deo) en passant par Saint Pie V (De Defectibus), Léon XIII (Apostolicae Curae) jusqu’à Pie XII (Sacrementum ordinis). Il ne s’agit donc pas de se focaliser sur le style tridentin, sur les pompes baroques ou pour les soutanes des « curés des années 1950 » (ce qui, nous en convenons, est une attitude pathétique), mais bien de considérer le cœur du problème du rite novus ordo, lequel est le fait que cette « messe » ne formule tout simplement pas les paroles absolument immuables et nécessaires pour signifier le sacrement, comme l’enseigne infailliblement le pape Saint Pie V (De Defectibus), formules éternelles et authentiquement « primitives », elles, et qui se retrouvent mot pour mot, dans le rite latin traditionnel, ainsi que dans tous les autres rites catholiques orientaux qui n’ont pas fait l’objet de changements analogues par la hiérarchie du novus ordo en 1969. Ainsi, lorsque Pierre N. dit : « Il n’y a pas une “Messe de toujours” mais une “Eucharistie de toujours” célébrée par un rite qui a inévitablement changé au fil du temps », Pierre N. commet une erreur grossière. Certes, il n’y a pas de « messe de toujours » dans le sens où, par exemple, on ne chante pas les mêmes chants à Rome au VIIe siècle qu’au XVIIIe siècle, de même que l’arrangement du bréviaire a pu parfois être modifié, voire amplifié, comme le pape Saint Pie X l’a fait lui-même. Mais en revanche, il y a des formules éternelles et immuables qui font que la Messe et surtout le sacrement de l’Eucharistie sont effectivement valides. Ce sont précisément ces paroles essentielles qui furent modifiées par Paul VI en 1969. Ce sont précisément ces paroles essentielles qui furent toujours défendues par les papes, contre les protestants, les anglicans et les modernistes. Il en résulte nécessairement que les « messes » de Paul VI ne confèrent aucun sacrement valide. Ceci d’autant plus que Paul VI, en 1968, a également promulgué un nouveau rite d’ordination invalide, en particulier celui du sacre des évêques, lequel, de façon analogue, ne confère par les formules essentielles du sacrement épiscopal catholique que l’on retrouve dans le vrai rite latin ou dans tous les autres rites catholiques.

Image associée5. A la suite de ces pérégrinations, Pierre N. s’est finalement décidé à s’écarter de ces groupes et à étudier plus attentivement la « messe » de Paul VI, dans sa forme « normative ». Il adopte depuis lors une position que nous pourrions qualifier de néo-traditionnaliste, qui nous servira à désigner ce type de « prêtres » ou de fidèles du novus ordo, qui adhèrent en somme à la pratique justification ratzingerienne de « l’herméneutique de la continuité » tout en militant dans leurs « paroisses » pour une sorte de normalisation bienveillante de la révolution Vatican 2, en particulier dans ses aspects liturgiques. Il s’agit en fait bel et bien d’un traditionalisme, mais spécifique à cette typologie bien particulière du « clergé » et du laïcat novus ordo. Malgré la volonté bien compréhensible de Pierre N. de vouloir demeurer fidèlement attaché à l’unité catholique et de ne pas donner l’air d’un rebelle qui désobéit à la hiérarchie qu’il tient pour être celle de l’Eglise catholique, sa propre attitude à l’encontre des groupes Ecclesia Dei comme la FSSP n’est qu’une preuve parmi d’autres que lui aussi, entretient nécessairement et à sa manière, la même attitude opinionniste propre à ces groupes dont il dénonce à juste titre les positions paradoxales ou « extrémistes ». Tout d’abord, des groupes comme la FSSP ont un statut « canonique » au sein du Novus Ordo. Il n’y a donc pas lieu pour des « prêtres » diocésains de s’en plaindre en tant que tels, mais l’évolution de cette rivalité sera certainement intéressante à observer au fil du temps, car la tendance « néo-traditionnaliste » de Pierre N. n’est effectivement pas négligeable de nos jours, raison peut-être pour laquelle son article a reçu beaucoup d’intérêt sur le média belge Diakonos. Cette rivalité, somme toute logique, s’exprime ainsi : « La voie facile consiste à tolérer quelques “chapelles tradis” dans un diocèse… et de laisser plus ou moins tout faire ailleurs. “Chacun fait ce qu’il lui plaît”, comme le dit la chanson… Mais est-ce souhaitable et catholique à long terme ? Il me semble que l’avenir passe par une saine réappropriation de la Tradition par tout prêtre.» Il serait peut-être inutile de signaler le nombre incalculables de « prêtres », de « sœurs », de congrégations, de maisons ou d’associations du novus ordo qui chaque jour, depuis 4 ou 5 décennies, donnent quotidiennement l’exemple de leur rejet total de la foi catholique, les uns en concélébrant avec des hérétiques, les autres autorisant des femmes à assure le service « pastoral » des paroisses. En outre, si Pierre N. juge correctement les paradoxes « protestantisants » de la FSSPX, que dit-il du fait que Benoit XVI ait à de nombreuses reprises déclaré que la cène protestante était valide et que le même Benoit XVI ait donné la « communion » à Roger Schutz, fondateur de la secte protestante de Taizé, et l’ait loué après sa mort, affirmant même qu’il était au paradis : « Frère Roger Schutz est dans les mains de la bonté éternelle, de l’amour éternel, il est arrivé à la joie éternelle… » ? Tous les « papes » de Pierre N. ont favorisé, promu, loué, aidé, communié avec des sectes hérétiques de toutes sortes, en cohérence avec la « tradition » conciliaire qui enseigne que les fausses religions sont des moyens de salut (Unitatis redintegratio, n° 3). Ces exemples abondent, tous plus stupéfiants les uns que les autres, mais ils ne suffisent pas à produire des preuves sur l’essentiel. Sur la question ecclésiologique, Pierre N. semble largement aveuglé, peut-être par le côté matériellement institutionnel des choses et le récit de son parcours laisse lui-même transparaître une certaine confusion. Bien malheureusement, car il y a peut-être aussi une certaine bonne intention dans l’esprit de cet homme, qui cherche à obéir du mieux qu’il peut dans ce qu’il pense être l’Eglise. Toutefois, si une personne aime vraiment l’Eglise comme elle aime le Christ, chérit ses enseignements avec autant d’intelligence que de discipline dans la Foi, comment expliquer que Pierre N. s’imagine être vraiment prêtre catholique, soumis à une hiérarchie catholique et à un vrai pape, lorsque ce dernier, dans l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, se rend publiquement et formellement coupable d’un enseignement autoritaire absolument hérétique, condamné par la Sainte Ecriture et par le Magistère infaillible de l’Eglise ? A lire le parcours de Pierre N. entre les diocèses novus ordo et les communautés « tradis », on ne peut s’empêcher de ressentir une forte impression de relativisme, que la bonne foi et la bienveillance vis-à-vis des personnes ou de l’esprit de discipline n’excuse pas, puisque Pierre N. se prétend catholique. Sinon, par quelle autorité estime-t-il devoir célébrer la « messe » novus ordo de sa manière à lui, « en latin et vers l’Orient dans le nouveau rite » ? Estime-t-il alors que les messes novus ordo caractérisées par des « abus liturgiques » plus ou moins spectaculaires sont invalides ? Si oui, comment explique-t-il que quasiment jamais une seule des innombrables abominations du novus ordo n’ait été condamnée par la haute hiérarchie de « l’Eglise », surtout quand ces mêmes hiérarques –y compris leur « papes »- promeuvent et participent eux-mêmes mensuellement à de tels « abus liturgiques » ? Pourquoi Pierre N. ne suit-il pas l’exemple de Benoit XVI et ne va-t-il pas prier avec des musulmans dans une mosquée, déchaussé, bras croisés et tourné vers La Mecque ? Pourquoi n’invite-t-il pas des sorciers vaudous et des moines bouddhistes à venir célébrer leur culte dans sa paroisse, comme l’a fait Jean-Paul II à Assises ? Pourquoi ne donnerait-il pas la « communion » à des hérétiques protestants, comme l’a fait le même Benoit XVI à Taizé ? Pourquoi surtout, n’enseignerait-il pas, à la manière de Jean-Paul II ou de Nostra Aetate, que les juifs impies n’ont pas besoin de se convertir ? Pourquoi n’enseignerait-il pas comme François, que les juifs impies sont toujours le vrai Israël, et non pas l’Eglise catholique ? Pourquoi n’enseignerait-il pas comme Paul VI (Lumen Gentium n°16), que les musulmans adorent « avec nous » le vrai Dieu, alors que ces derniers nient la divinité du Seigneur Jésus-Christ ? Enfin, qui Pierre N. est-il, pour conclure : « Il importe donc de considérer l’Eglise dans sa dimension universelle qui, pour être crédible face à nos contemporains, doit affronter les problèmes de ce temps avec audace et fidélité à l’enseignement du Christ », alors que les « papes » de Vatican 2 ont clairement, indéniablement, publiquement et formellement enseigné des doctrines contraires à celles du Christ ? Le plus étonnant est que Pierre N. semble parfois tenir un début de réponse, comme lorsqu’il répond aux « traditionnalistes » de la FSSP-FSSPX : « Le problème de la perte de la foi est malheureusement plus profond qu’une simple question de rites. » En effet, à quoi sert une liturgie, si l’on ne croit même pas dans l’Autorité sur laquelle repose cette liturgie ? Pierre N. est devenu un néo-traditionnaliste, défendant la « tradition » du novus ordo. Mais à ce chef, il doit alors défendre une tradition toute humaine, qui contredit tout ce que l’Eglise du Christ a toujours enseigné. Aussi Pierre N. est-il en communion avec une institution romaine, mais celle-ci n’est certainement pas l’Eglise catholique.

C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison: elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc. Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison: elle est tombée, et sa ruine a été grande.
Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine; 
car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes. – Matthieu 7;24-29

Résultat de recherche d'images pour "benedict xvi roger schutz"

Publicités