Innocent, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à son fils bien-aimé Louis, illustre roi de France, salutations et bénédiction apostolique. La perfide impiété des juifs – qui, à cause de l’immensité de leurs crimes, n’ont pas vu le Sauveur retirer le voile de leurs cœurs, mais permet encore qu’ils demeurent, comme il convient, dans l’aveuglement qui caractérise Israël [l’Israel déchu, ndt]- sans tenir compte du fait que la piété chrétienne les accueille par charité et supporte avec patience de vivre avec eux, est la cause de ces énormités qui stupéfient les auditoires et qui horrifient les chroniqueurs. Car ces ingrats envers Notre Seigneur Jésus Christ, Lequel attend patiemment leur conversion par la gloire de Ses longues souffrances, ne montrent aucune honte de leur faute, ni ne respectent l’honneur de la foi chrétienne, et renient et falsifient la Loi mosaïque et les Prophètes, suivent certaines traditions qu’ils tiennent de leurs anciens que le Seigneur a réprimandé dans l’Evangile en leur disant : Pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu et pourquoi L’irritez-vous par votre tradition, enseignant des doctrines et des commandements humains ?

C’est dans cette sorte de tradition, qui est appelée en hébreu le Talmud –car il existe chez eux un grand livre qui dépasse largement en longueur celui de la Bible, et dans lequel se trouvent des blasphèmes manifestes contre Dieu, le Christ et la Sainte Vierge, des fables tortueuses, des affirmations fausses et des stupidités inouïes– qu’ils nourrissent et enseignent leurs fils et les rendent ainsi complètement étrangers à la Doctrine de la Loi et aux Prophètes, craignant qu’en apprenant la vérité, laquelle se trouve dans la Loi et les Prophètes, laquelle témoigne incontestablement que le Fils unique de Dieu s’incarnerait, ils ne se convertissent à la Foi et retournent humblement à leur Rédempteur. Et non contents de cela, ils prennent des chrétiennes pour nourrices de leurs fils au mépris de la foi chrétienne, [femmes] avec lesquelles ils commettent des choses scandaleuses. Aussi, que les croyants craignent la colère divine, s’ils devaient se permettre indûment de commettre des actes qui apportent la confusion dans notre foi.

Et bien que notre fils bien-aimé, le chancelier de Paris, ainsi que les docteurs qui enseignent à Paris dans le Saint Esprit, par le mandat du pape Grégoire, notre prédécesseur d’auguste mémoire, après avoir lu et examiné le dit livre scandaleux ainsi que d’autres à la lumière de leur sagesse, les aient brûlés en public en présence du clergé et du peuple, provoquant la confusion de la perfidie juive, nous avons lu dans leurs lettres, que vous, en tant que roi catholique et prince très chrétien, avez apporté le concours nécessaire et favorable à cette entreprise ; aussi nous louons votre royale excellence, avec éloges et actions de grâce auprès du Seigneur : parce que, bien que les hérésies des juifs eux-mêmes ne les aient pas assagis, et bien que les persécutions ne leur ait toujours rien fait comprendre, nous demandons, nous exhortons et nous supplions votre altesse, au nom du Seigneur Jésus Christ, que vous continuiez à agir avec la même admirable et juste fermeté, comme vous l’avez pieusement entrepris, contre ces abus immenses et abominables commis en haine du Créateur et au mépris du nom chrétien. Nous ordonnons que vous rassembliez les livres susmentionnés et condamnés par les mêmes docteurs et plus généralement tous les livres qu’ils ont examinés et condamnés avec sagesse, et que ces ouvrages soient brûlés par le feu où qu’ils soient découverts dans tout ton royaume. Nous exigeons que vous interdisiez strictement aux juifs d’avoir des servantes ou des nourrices chrétiennes, ceci afin que les fils de la femme libre ne soient pas les esclaves de la servante, mais que comme esclaves condamnés par le Seigneur, dont ils ont diaboliquement conspiré la mort, ils puissent au moins se voir eux-mêmes comme les obligés de ceux que la mort du Christ a fait des hommes libres, et eux des esclaves. Ainsi, nous louons dans le Seigneur, le zèle de votre foi, avec des éloges mérités. Donné au Latran, le 9 mai, dans la première année de Notre pontificat.

Pape Innocent IV, Impia Judaeorum Perfidia, lettre au Roi de France Louis IX, condamnant le Talmud, 9 mai 1244

Résultat de recherche d'images pour "innocent IV saint louis"