Goéric était membre de la famille Ansbertina, une fameuse famille d’Aquitaine aux 6e-7e siècles qui compte plusieurs saints ; On situe sa naissance vers 565-575 et les archives officielles du diocèse de Metz le classent comme le treizième évêque, installé entre 625 et 643. Selon Fustel de Coulanges, Goëri était le fils de Gamardus, lui-même frère de Ansbert le sénateur et petit-fils de Tonantius Ferreolus. On suppose parfois qu’il débuta sa carrière comme officier au palais du roi Dagobert Ier, bien que cela soit incertain, puisque Dagobert n’accéda pas au trône avant 629. Or à cette date, Goéric occupait déjà sa fonction d’évêque de Metz. En revanche, il est clair que Dagobert connut et estimait Goéric, puisqu’il le mentionne dans les vœux qu’il fit en 636.

Saint Goéry, évêque de Metz, peint en seigneur d’Aquitaine (habit militaire, couronne et blason à ses pieds) et tenant ses attributs épiscopaux en main gauche (mitre et crosse), entouré de ses filles. Toile datée de 1725, Jean-Baptiste Bataille ou son élève Aimé-Joseph Furon, église saint Maurice d’Epinal.

Pour le reste, on sait que dans les débuts de sa carrière, avant d’être évêque, Goéric était un homme marié, certainement soldat, puis un jour, perdit la vue. Il fut contraint de se retirer et il accepta patiemment cette situation. Il décida alors, à la suite d’une inspiration, d’entreprendre un pèlerinage à l’église de Saint Etienne de Metz, où son oncle Saint Arnulf était évêque. Il prit avec lui ses deux filles, Precia et Victorina, afin qu’elles lui servent de guide.

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Cathédrale Saint-Etienne de Metz

Arrivé à Metz, il se rendit immédiatement à l’église. Là, pendant qu’il priait, la vue lui fut rendue. Pour remercier le ciel, il décida de se faire prêtre, et l’an suivant, lorsque son oncle Arnulf prit sa retraite et qui l’avait lui-même ordonné, il devint évêque de Metz. Goeric dépensa une grande partie de sa fortune pour bâtir une église à Metz, qui fut dédiée à Saint Pierre. Celle-ci disparut en 1755. On conserve de Saint Goëry, une correspondance qu’il eut avec Saint Didier, l’évêque de Cahors.

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Saint Goeric, statue en l’église Saint-Maurice d’Epinal

Goéric fit également transférer les reliques de son prédécesseur en 641 dans l’église des Saints-Apôtres de Metz. Il fut également le commanditaire et le financeur de l’abbaye d’Epinal pour ses deux filles Precia et Victorina. Le 21 juin 984, ses reliques ont été transférées de l’abbaye Saint-Symphorien jusqu’à Épinal pour consacrer une église fondée sur un sanctuaire abbatial dédié au saint. En cette occasion étaient présents l’évêque messin Thierry de Metz et l’évêque Gérard de Toul, l’un pour l’abbaye fondée par son prédécesseur et l’autre puisqu’Épinal était dans son diocèse. Cet événement est localement commémoré le 15 avril car il y eut un miracle rapporté par Wildric vers 1030 ; les boîtes contenant les reliques de Goéry étaient mal préparées et ne s’aboutaient pas correctement. Une industrie miraculeuse fit que l’opération réussit. Il est devenu le saint patron, d’abord de l’abbaye des chanoinesses spinaliennes, puis de la ville d’Épinal. Un tableau de 1725 conservé dans la basilique Saint-Maurice d’Épinal représente Goëri entouré de ses deux filles, Victorine et Précia. On orthographie son nom Goëri, Goëry  ou encore Goericus. L’homonyme Goery se rencontre encore de nos jours en Alsace et en Moselle.

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Portail de la basilique Saint Maurice d’Epinal avec la Vierge à l’Enfant

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