Objection n°12 : Quand bien même on admet que les « papes » de Vatican 2 ont enseigné l’hérésie lors du concile et dans leurs actes magistériels, à cause de toutes ou parties des objections ci-dessus, on peut légitimement leur résister et refuser d’obéir à leurs enseignements tout en reconnaissant ces individus comme vrais papes, car les « papes » en question n’ont pas explicitement obligé les fidèles à accepter les doctrines de Vatican 2 ou celles de leur magistère. Pour affirmer cela, nous nous fondons sur les déclarations de Paul VI lors de l’audience du 12 Janvier 1966, où il affirme que « le concile…a évité de donner des définitions dogmatiques solennelles, engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique ».

Réponse à l’objection : Faux, absurde et insultant à l’égard de l’obéissance due à l’enseignement magistériel, à l’office papal et à l’Eglise. Nous avons démontré que les antipapes Jean XXIII et Paul VI ont explicitement défini les doctrines de Vatican 2 comme relevant de leur magistère extraordinaire ou ordinaire. Ce seul fait réfute déjà totalement cette objection absurde de la part des « traditionalistes » qui les reconnaissent comme vrais papes. Mais en plus, Paul VI, à de nombreuses reprises, a explicitement rappelé que tous les fidèles étaient obligés d’accepter totalement les doctrines de Vatican 2.


Preuve n°1 : Paul VI, le 8 décembre 1965, dans son discours de clôture et de promulgation des doctrines de Vatican 2, affirme explicitement que les enseignements du concile obligent tous les fidèles, qu’ils doivent avoir un effet entier et intègre et qu’ils demeurent irréformables et intouchables par quiconque.

Enfin, tout ce qui concerne le saint concile œcuménique, avec l’aide de Dieu, a été accompli et toutes les constitutions, décrets, déclarations et votes ont été approuvés par la délibération du synode et promulgués par nous. Par conséquent, nous avons décidé de clôturer pour toutes fins utiles, avec notre autorité apostolique, ce même concile œcuménique appelé par notre prédécesseur, le pape Jean XXIII ; qui s’est ouvert le 11 octobre 1962, et qui s’est poursuivi par nous après sa mort. Aussi nous décidons que tout ce qui a été établi synodalement en ce concile soit observé religieusement par tous les fidèles du Christ pour la gloire de Dieu et l’honneur de la sainte Eglise. Nous avons approuvé et établi ces choses, décrétant que ces présentes lettres sont et demeureront fermes, valides, et doivent avoir une efficacité juridique, afin qu’elles soient disséminées et obtiennent un effet entier et intègre, et qu’ainsi elles puissent être entièrement convalidés par ceux qu’elles concernent ou pourront concerner ; il faudra en juger et en conclure ainsi ; que dès maintenant est sans valeur et nul tout ce qui pourrait être attenté contre elles sciemment ou non par quelque individu ou quelque autorité que ce soit. – Paul VI, Bref In Spiritu Sancto, Déclaration de clôture du Concile Vatican 2


Preuve n°2 : Le fait que Paul VI affirme dans son audience du 12 Janvier 1966 que « le concile voulut éviter de donner des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du magistère », ne peut en aucune manière, d’une part, justifier les traditionalistes qui le considèrent comme pape de se soustraire aux doctrines de Vatican 2. En effet, dans cette même audience du 12 janvier 1966, Paul VI affirme que les enseignements du concile de Vatican 2 relèvent du magistère ordinaire et qu’en raison de la nature de ce magistère, les fidèles doivent accepter docilement et sincèrement ces doctrines.

Il y a ceux qui se demandent quelle est l’autorité et quelle est la qualification théologique que le concile a voulu attribuer à ses enseignements, sachant que le concile a évité de donner des définitions dogmatiques solennelles, engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique. Et la réponse est connue de ceux qui se souviennent de la déclaration conciliaire du 6 mars 1964, répétée le 16 novembre 1964 : vu le caractère pastoral du concile, celui-ci a évité de prononcer des dogmes dotés de la note d’infaillibilité; mais il a néanmoins conféré à ses enseignements l’autorité du magistère ordinaire suprême, lequel doit être accepté docilement et sincèrement par tous les fidèles, conformément à l’esprit du concile quant à la nature et aux objectifs des documents individuels. – Paul VI, audience du 12 Janvier 1966

Le Concile est un grand acte du magistère ecclésiastique ; et quiconque adhère au Concile reconnaît et honore, par le fait même, le magistère de l’Église. Connaître, étudier, appliquer ces documents est le devoir et le destin de la période post-conciliaire. – Ibid.


Preuve n°3 : Ces contradictions apparentes dans les affirmations de Paul VI prouvent clairement l’esprit diabolique qui le guidait. En effet, nous avons suffisamment prouvé, par les déclarations de Jean XXIII, et par les définitions explicitement dogmatiques, décrétales et irréformables de Paul VI dans les documents du concile et dans son décret de clôture, que les architectes de la révolution Vatican 2 ont évidemment mis la forme pour faire en sorte que ce concile soit accepté par les fidèles, tout en dissimulant par des formules contradictoires et confuses, leurs intentions. L’audience du 12 Janvier 1966 ne laisse aucun doute. Paul VI avait déjà, un mois auparavant, décrété comme irréformables et contraignants, tous les documents promulgués à Vatican 2, comme vu à l’objection n°5. Paul VI a également eu l’audace diabolique de rappeler l’enseignement du 1er Concile de Vatican concernant l’infaillibilité du magistère extraordinaire et ordinaire afin de mieux conforter son crime. Ces méthodes de subversion et de confusion sont celles d’ennemis radicaux de la foi catholique et d’imposteurs avérés.

Les anciens docteurs de l’Eglise connaissaient la capacité des novateurs dans l’art de tromper : pour ne pas offusquer les oreilles catholiques, ils cherchent à masquer les entrelacs de leurs tortueuses manœuvres par des manières de parler trompeuses, de sorte que, par le choix des termes, l’erreur s’inscrive de façon plus douce dans les âmes, et que la vérité une fois corrompue par de légers changements ou additions, la confession de la foi qui opérait le salut, conduise par un détour subtil à la mort. Cette manière de procéder, camouflée et mensongère, est vicieuse dans quelque mode d’expression que ce soit. A plus forte raison est-il impossible de la tolérer dans un synode dont la gloire principale consiste précisément à enseigner avec limpidité la vérité, en excluant tout danger d’erreur. En outre, s’il y a là un péché, on ne saurait l’excuser, comme on le voit faire, sous le fallacieux prétexte que les affirmations d’un passage apparaissant choquantes sont développées à d’autres moments de manière orthodoxe, et même se retrouvent à d’autres occasions dûment corrigées ; comme si précisément, cette possibilité d’affirmer et de nier, ou de mettre au goût de chacun – ce qui fut toujours la frauduleuse astuce des novateurs pour consolider l’erreur – avait une efficacité non seulement pour promouvoir l’erreur, mais aussi pour l’excuser. – Pape Pie VI – Bulle Auctorem Fidei

Ce qui jettera plus de jour encore sur ces doctrines des modernistes, c’est leur conduite, qui y est pleinement conséquente. À les entendre, à les lire, on serait tenté de croire qu’ils tombent en contradiction avec eux-mêmes, qu’ils sont oscillants et incertains. Loin de là : tout est pesé, tout est voulu chez eux, mais à la lumière de ce principe que la foi et la science sont l’une à l’autre étrangères. Telle page de leur ouvrage pourrait être signée par un catholique: tournez la page, vous croyez lire un rationaliste. – Saint Pie X, Pascendi Dominici Gregis, n°20

Rien ne saurait être plus dangereux que ces hérétiques qui, conservant en tout le reste l’intégrité de la doctrine, par un seul mot, comme par une goutte de venin, corrompent la pureté et la simplicité de la foi que nous avons reçue de la tradition dominicale, puis apostolique. – Léon XIII, Satis Cognitum


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