Dans le chapitre précédent (Apocalypse 12), Saint Jean décrit l’histoire de l’Eglise depuis l’avènement de l’Antéchrist jusqu’à la fin du monde. Dans ce chapitre, il nous montre la nature réelle du conflit. Une guerre à mort sera livrée entre l’Eglise et les puissances des ténèbres à l’occasion d’un assaut final de Satan contre l’Eglise, ce dernier souhaitant empêcher le règne universel du Christ sur terre. Satan tentera d’abord de détruire le pouvoir de la papauté et essayera de provoquer la perte de l’Eglise en suscitant des hérésies, des schismes, suivis de persécutions. Échouant en cela, il attaquera l’Eglise depuis le dehors. Pour accomplir ce dessein, il suscitera l’antéchrist et son prophète afin de conduire les fidèles vers l’erreur et de détruire ceux qui demeureront fidèles dans la foi. […] L’Église est constamment à l’œuvre pour amener ses enfants à la vie éternelle. Dans ces tristes jours prédits ici, le chagrin et les douleurs de l’accouchement seront démultipliés. Dans ce passage, il se trouve une évidente allusion à un fils de l’Eglise en particulier, dont le pouvoir et l’influence seront tels que Satan cherchera à obtenir son élimination à tout prix. Cette personne ne peut être nulle autre que le pape qui sera élu en ces jours. La papauté sera attaquée par toutes les forces de l’enfer. En conséquence de quoi, l’Eglise souffrira de grands périls et de grandes afflictions dans la tâche qui sera d’assurer un successeur sur le trône de Pierre. Les paroles de Saint Paul aux Thessaloniciens (2 Thessaloniciens 2 ; 6-8) sont éventuellement une allusion à la papauté en tant qu’obstacle à la venue de l’antéchrist :

« Et maintenant vous savez ce qui le retient, pour qu’il se manifeste en son temps. Car le mystère d’iniquité opère déjà ; seulement, que celui qui tient maintenant, tienne jusqu’à ce qu’il disparaisse. Et alors apparaitra cet impie que le Seigneur Jésus tuera par le souffle de Sa bouche, et qu’Il détruira par l’éclat de Son avènement. »

Sept, le chiffre de l’universalité, indique que dans cette ultime bataille pour empêcher le règne universel du Christ, toutes formes de péchés et d’erreurs seront rassemblées contre l’Eglise. Un prélude à ce phénomène semble s’être réalisé dans les erreurs du modernisme, qui a été désigné à raison « une synthèse de toutes les hérésies ». Le chiffre sept est également adapté ici, dans la mesure où tous les péchés sont compris dans les sept péchés capitaux. De la même manière, toutes les erreurs qui ont affligé l’Eglise peuvent se résumer sous sept formes : le judaïsme, le paganisme, l’arianisme, le mahométanisme, le protestantisme, le rationalisme et l’athéisme. Le dragon est aperçu dans les cieux, lesquels sont ici un symbole de l’Eglise, le royaume des Cieux sur terre. Ceci indique que les premiers troubles, dans ces jours, seront initiés par des apostats dans l’Eglise, évêques, prêtres et peuples, ceux-ci étant figurés par les étoiles tirées par la queue du dragon.

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La secte moderniste Vatican 2 est une fausse église et l’instrument de l’ennemi du genre humain et de l’Eglise catholique.

La queue du dragon représente l’hypocrisie sournoise avec laquelle il parvient à tromper un grand nombre de gens et d’ecclésiastiques, ceux-ci étant représentés par une troisième partie des étoiles. L’arianisme fit apostasier beaucoup d’évêques, de prêtres et de peuples. La révolution protestante du 16e siècle pourrait revendiquer autant d’égarés, mais ceux-là ne pourront être comparables aux nombres de ceux qui seront séduits par Satan dans les jours de l’Antéchrist.

John of Patmos watches the descent of New Jerusalem from God in a 14th century tapestry.

Saint Jean observant la descente de la Nouvelle Jérusalem, détail de la Tapisserie de l’Apocalypse (dite Tapisserie d’Angers), commandée par le duc Louis Ier d’Anjou à la fin du 14e siècle.

Le dragon se tient devant la Femme, prêt à dévorer l’Enfant. En d’autres mots, les puissances de l’enfer cherchent par tous les moyens à détruire le pape qui sera élu en ces jours. A peine ce pape nouvellement élu est-il installé, qu’il subit le martyre. Le mystère d’iniquité se développe graduellement, de siècles en siècles, et ne peut être pleinement consumé tant que subsiste le pouvoir de la papauté, et maintenant, celui qui tient maintenant, tienne jusqu’à ce qu’il disparaisse. Durant l’interregnum, apparaitra cet impie, dans sa fureur contre l’Eglise. Il est un fait historique que les plus désastreuses périodes pour l’Eglise, furent les moments où le siège pape fut vacant, ou lorsque des antipapes s’opposaient avec la tête légitime de l’Eglise. Il en sera de même dans ces terribles jours qui arrivent. L’Eglise, privée de son pasteur suprême, devra trouver refuge dans la solitude, là où se trouvera le conseil de Dieu Lui-même pendant ces temps difficiles. En ces jours, l’Eglise trouvera aussi refuge et consolation auprès des âmes fidèles, tout particulièrement dans la réclusion de la vie religieuse. Ce seront des jours de grande persécution pendant lesquels l’Eglise souffrira toutes les horreurs des premiers siècles, mais pendant lesquels elle sera également couronnée de la gloire d’innombrables martyrs. Dans la foi et la prière de ses enfants, et tout spécialement dans la vie contemplative des ordres religieux, voilà où l’Eglise trouvera un refuge de consolation que Satan ne pourra pas violer.

Révérend Père E. Sylvester Berry, The Apolcalypse of Saint John, Columbus, 1921, pp. 120-124,126-127, traduit de l’anglais par Fide Catholica.

Le père Elwood Sylvester Berry (1879-1954) était un exégète, professeur d’apologétique au séminaire du Mont Saint Mary de Baltimore, dans le Maryland. Il s’agit ici d’un extrait de sa fameuse exégèse du Livre de l’Apocalypse (téléchargeable gratuitement, en anglais, ici) publiée en 1921. Apologiste et exégète d’une haute érudition, le père Berry a synthétisé toute la doctrine exégétique des pères et des docteurs de l’Eglise pour produire cette œuvre remarquable à plus d’un titre. En effet, le lecteur qui vient de lire ces passages ne peut qu’être frappé en se rendant compte à quel point l’exposé du père Berry semble être une prédiction stupéfiante de la situation de l’Eglise depuis le mort du pape Pie XII. Pourtant, malgré la sagesse de ce grand érudit catholique américain, il ne faut pas prêter de dons prophétiques particuliers au père Berry. En réalité, celui-ci n’a fait que résumer, dans son livre, tout l’enseignement commun des pères, des docteurs et des théologiens sur cette question de la lutte finale entre l’Eglise et l’antéchrist. Notre rubrique « Miracles et prophéties » consiste notamment à compiler un maximum de ces enseignements. Le père Berry était donc fidèle à toute la tradition exégétique de l’Eglise. Il est mort en 1954, près de 35 ans après le message de Notre Dame à Fatima et quatre ans à peine avant la mort du dernier pape connu à ce jour, Pie XII. Qui était capable, à cette époque, de comprendre tout ce qui allait se passer par la suite ? Qui aurait pu penser que nous étions à la fin d’un temps, et spécialement celui-ci ? Ce n’est pas faute d’avertissements répétés de Notre Dame, de grands saints et de grands théologiens. Le père Berry est également l’auteur d’un ouvrage d’ecclésiologie, The Church of Christ, paru en 1927.

La chute de Babylone, ibid.

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