De nombreux passages du Talmud traitent de la naissance, de la vie, de la mort et des enseignements de Jésus Christ. On ne le nomme pas toujours par le même nom, toutefois. Ainsi, il est appelé indifféremment « Cet homme », « Le Certain Untel », « Le Fils du Charpentier », « Celui qui a été pendu », etc.

Les noms donnés à Jésus-Christ dans le Talmud

1/ Le nom authentique du Christ en hébreu est Jueschua Hanotsri : Jésus le Nazaréen. Il est appelé Notsri, nom des habitants de la ville de Nazareth, où il a grandi. Ainsi, dans le Talmud, les Chrétiens sont eux aussi appelés Notsrim – Nazaréens. Etant donné que le mot Jeschua (qui a donné en français Jésus) signifie « Sauveur », ce nom intervient rarement dans les livres juifs. Il est presque toujours abrégé en Jeschu, qui est interprété de manière malveillante comme s’il était composé des initiales des trois mots : Immach Schemo Vezikro « Que son nom et sa mémoire soient perdus ».

2/ Dans le Talmud, le Christ est également appelé Otho Isch : « Cet homme », c’est-à-dire celui qui est connu de tous. Dans le chapitre Abhodah Zarah, 6a, nous pouvons lire : « Est appelé chrétien celui qui suit les enseignements fallacieux de cet homme, qui leur a enseigné à jeûner le premier jour du Shabbath, c’est à dire de célébrer le culte le premier jour après le Shabbath (= le dimanche) ».

3/ En d’autres endroits, il est simplement appelé Peloni « un certain untel ». Dans Chagigah, 4b, nous lisons : « Marie… la mère d’untel, dont il est question dans Schabbath… » (104b). Nous reviendrons plus tard sur le fait martelé avec insistance dans le Talmud que Marie n’est pas autre chose que la mère de Jésus.

4/ Par mépris, Jésus est parfois appelé « Naggar bar naggar » : « le charpentier fils de charpentier », ainsi que Ben charsch etaim : « le fils d’un menuisier. »

5/ Le Christ est aussi appelé Talui : « Celui qui a été pendu ». Le Rabbin Samuel, le fils de Mair, dans le Hilch Akum de Maïmonides, réfère au fait qu’il était interdit de prendre part aux fêtes chrétiennes de Noël et de Pâques parce qu’elles étaient célébrées en l’honneur de celui qui avait été pendu. Le Rabbin Aben Ezra, dans un commentaire de la Genèse, l’appelle lui aussi Talui, en faisant allusion au fait que l’Empereur Constantin l’avait reproduit en effigie sur sa bannière : … « À l’époque de Constantin, qui opéra un changement complet de religion et plaça sur sa bannière l’effigie de celui qui avait été pendu… »

La vie du Christ selon le Talmud

Le Talmud enseigne que Jésus Christ était un enfant illégitime, conçu durant les menstruations (de Marie) ; qu’il avait l’âme d’Esau ; qu’il était un fou, un conspirateur, un séducteur ; qu’il a été crucifié, enterré en enfer et érigé en idole depuis lors par ses partisans.

1/ Dans le Talmud, Jésus est illégitime, car conçu durant la menstruation.

Voici ce qui est raconté au chapitre Kallah, 1b :

Un jour où les Sages étaient assis près de la Porte (de la ville), deux jeunes hommes passèrent, l’un avait la tête couverte, l’autre était nu-tête. Rabbi Eliezer fit la réflexion que celui qui allait nu-tête était un bâtard, un mamzer. Le Rabbi Jehoschua dit qu’il avait été conçu durant les menstruations (de sa mère), ben niddah. Le Rabbi Akibah, toutefois, dit qu’ils l’étaient tous les deux. Après quoi les deux autres demandèrent au Rabbi Akibah pourquoi il osait ainsi contredire ses collègues ? Il répondit qu’il pouvait apporter la preuve de ce qu’il avançait. Il alla donc voir la mère du garçon, qu’il vit au marché, assise en train de vendre des légumes, et il lui dit : « Ma fille, si tu réponds franchement à la question que je vais te poser, je te promets que tu seras sauvée dans l’au-delà. » Elle demanda qu’il jurât de tenir sa promesse, ce que le Rabbi Akibah fit, mais seulement du bout des lèvres. En effet, dans son cœur, il invalidait cet engagement. Alors, il dit à la marchande de légumes : « Dis-moi, quelle sorte de fils est-ce donc que le tien ? » Ce à quoi elle répondit : « Le jour où l’on me maria, j’avais mes règles, et à cause de cela, mon mari me laissa seule. Mais un esprit malin vint et coucha avec moi, et après avoir couché avec lui j’ai eu ce fils. » Ainsi, il était prouvé que ce jeune homme non seulement était illégitime, mais même qu’il avait été conçu alors que sa mère avait ses règles. Lorsque ses collègues dubitatifs apprirent cette histoire, ils s’écrièrent : « Combien grand était, en vérité, le Rabbin Akibah, lorsqu’il corrigea ses Sages ! » Et ils s’exclamaient : « Que le Seigneur Dieu d’Israël soit béni, qui a révélé son secret au Rabbi Akibah, fils de Joseph ! »

Que les juifs considèrent cette histoire comme faisant référence à Jésus et à sa mère Marie est clairement démontré par leur livre Toledath Jeschu « La conception de Jésus », dans lequel la naissance de notre Sauveur est décrite avec pratiquement les mêmes mots. Voici un autre récit du même genre, narré dans Sanhedrin, 67a :

De toux ceux qui sont coupables de mort en vertu de la Loi (des juifs), il (Jésus) est le seul à être pris par ruse. Comment cela s’est-il fait ? Ils ont allumé une chandelle dans une pièce intérieure et ont mis des témoins dans une pièce voisine où ils pouvaient le voir et entendre sa voix, mais où ils ne pouvaient être vus de lui. Puis celui qu’il avait tenté de séduire lui dit : « S’il te plaît, répète ici, en privé, ce que tu m’as dit déjà avant. » Le séducteur répétant ce qu’il avait dit, les autres lui demandent alors : « Mais comment abandonnerons-nous notre Dieu qui est dans le ciel pour adorer des idoles ? » Si le séducteur s’était repenti, alors tout aurait été pour le mieux. Mais il a dit : « C’est notre devoir, et il est juste et bon que nous le fassions », alors les témoins, dehors, qui l’avaient entendu de leurs propres oreilles, le tirèrent devant le juge et le lapidèrent jusqu’à ce que mort s’ensuive. C’est ce qu’ils ont fait avec le fils de Stada à Lud, et ils l’ont pendu à la veille de la Pâque. En effet, ce fils de Stada était le fils de Pandira. Car le Rabbi Chasda nous dit que Pandira était l’époux de Stada, sa mère, et il vivait à l’époque de Paphus, le fils de Jehuda. Mais sa mère était Stada, Marie de Magdala (une coiffeuse pour femmes), qui, comme il est dit dans Pumbadita, était infidèle à son mari.  La signification de ceci est que cette Marie était appelée Stada, c’està-dire « prostituée », parce que d’après ce qui est dit dans Pumbadita, elle avait abandonné son mari.

Cela est repris dans le Talmud de Jérusalem ainsi que chez Maïmonide. Le fait qu’il est bien ici question de Marie, mère de Jésus, est vérifié dans le chapitre Chagigah, 4b :

 Lorsque le Rabbin Bibhai fut visité un jour par l’Ange de la Mort (le diable), il dit à son assistant : « Va et amène-moi Marie la coiffeuse » (c’est-à-dire : amène-la moi, morte). Il alla et amena (le cadavre de) Marie la coiffeuse d’enfants – à la place de l’autre Marie, la vraie.

Une note, en marge, explique ce passage ainsi qu’il suit :

Cette histoire de Marie, la coiffeuse pour femmes, s’est passée au temps du Second Temple. Elle était la mère de Peloni, « cet homme-là », comme il est qualifié dans le chapitre Schabbath.

Et, dans Schabbath, le passage indiqué en référence est le suivant :

Rabbi Eliezer dit aux Sages : « Le fils Stada ne pratique-t-il pas la magie égyptienne en se coupant des morceaux de sa propre chair ? » Ils répondirent : « Il était fou, or nous ne faisons pas attention à ce que font les fous.

Le fils de Stada, le fils de Pandra, etc., comme plus haut, dans Sanhedrin, 67a. Cette magie pratiquée par le fils de Stada est expliquée ainsi qu’il suit dans le livre Beth Jacobh, fol. 127 a :

Les Mages, avant de quitter l’Egypte, prirent grand soin de ne pas coucher par écrit leurs pratiques magiques afin que d’autres peuples ne risquent pas d’en prendre connaissance. Mais lui, il avait trouvé un système : il inscrivait les formules magiques sur sa peau, ou bien il se faisait des coupures et y mettait les formules. En se cicatrisant pardessus, les formules étaient cachées par la peau qui avait repoussé.

Bustorf dit :

« Il y a peu de doute sur l’identité de ce Ben Stada, ou sur qui les juifs pensaient qu’il était. Bien que les Rabbins, dans leurs suppléments au Talmud, essaient de cacher leur malice et d’affirmer qu’il ne s’agit pas de Jésus, leur ruse est totalement éventée, et beaucoup d’éléments prouvent qu’ils ont écrit tout cela à son sujet, délibérément. Tout d’abord, ils l’appellent aussi ‘fils de Pandira’. Saint Jean Damascène, lui aussi, dans la généalogie du Christ, mentionne Panthera et le Fils de Panthera. Ensuite, ce Stada est dit fils de Marie, et cette Marie est dite être la mère de Peloni « le fameux type », par lequel il n’est pas douteux que les juifs désignent Jésus. Ils avaient en effet l’habitude de dissimuler de la sorte son nom, car ils avaient peur de le mentionner. Si nous avions des originaux du manuscrit, nous pourrions sans doute en avoir la preuve. C’était aussi le nom de la mère de Jésus de Nazareth. Troisièmement, (Jésus) est appelé le Séducteur du Peuple. Les Evangiles attestent que Jésus était ainsi appelé par les juifs et leurs écrits, encore de nos jours, apportent la preuve qu’ils continuent à l’appeler ainsi. Quatrièmement, il est appelé « celui qui fut pendu », ce qui fait clairement référence à la crucifixion du Christ, en particulier par la référence temporelle : « à la veille de la Pâque », ce qui coïncide avec le jour de la crucifixion de Jésus. Dans le Sanhedrin, ils écrivirent ce qui suit : « A la veille de la Pâque, ils pendirent Jésus ». Cinquièmement, en ce qui concerne ce que dit le Talmud de Jérusalem au sujet des deux disciples des Sages qui furent envoyés comme témoins pour l’espionner et qui furent amenés ensuite en sa présence en qualité de témoins à charge contre lui : cela fait référence aux « deux faux témoins » mentionnés par les Evangélistes Mathieu et Luc. Sixièmement, au sujet de ce que les juifs disent au sujet du fils de Stada, à savoir qu’il pratiquait la magie égyptienne en se découpant des morceaux de sa propre bidoche : la même accusation est proférée contre le Christ, dans leur pamphlet hostile appelé Toledoth Jeschu (L’engendrement de Jésus). Enfin, l’époque correspond. En effet, il est dit que ce fils de Stada vivait à l’époque de Paphus, le fils de Jehuda, qui était un contemporain du Rabbi Akibah. Akibah, toutefois, était vivant à l’époque de l’Ascension du Christ, et quelque temps après. Il a été dit aussi que Marie aurait vécu à l’époque du Second Temple. Tout cela prouve à l’évidence que les juifs visent secrètement et de manière blasphématoire Jésus en parlant de ce fils de Stada. D’autres circonstances semblent contredire ce fait. Mais cela n’a rien de nouveau dans les écrits juifs, et c’est fait exprès afin que les Chrétiens ne puissent pas découvrir facilement leurs tricheries. »

2/ De plus, « Dans leurs livres secrets, qui ne doivent jamais tomber entre les mains des Chrétiens, les juifs affirment que c’est l’âme d’Esau qui s’est incarnée dans le Christ, et qu’il était donc diabolique et en quelque sorte Esau lui-même, réincarné. »

3/ Certains auteurs juifs qualifient Jésus de fou et d’insensé. Ainsi, dans Schabbath, 104b :

Ils (= les Sages) dirent à Eliezer : « Il était fou, et personne n’accorde d’attention aux fous.

4/ Dans le Talmud, Jésus est un comploteur et un magicien. Dans l’infâme brûlot Toledoth Jeschu, notre Sauveur est blasphémé comme suit :

Et Jésus dit : Isaïe et David, mes ancêtres, n’ont-ils point prophétisé à mon égard ? Le Seigneur m’a dit, tu es mon fils, aujourd’hui je t’ai créé, etc. De même, ailleurs : le Seigneur dit à mon Seigneur ; assieds-toi à ma droite. Maintenant je vais rejoindre mon père qui est aux cieux (Ascension) et je m’assiérai à sa droite, ce que vous verrez de vos propres yeux. Mais toi, Judas, tu n’atteindras jamais à cette élévation. Puis Jésus prononça le nom sacré de Dieu (IHVH) (Iahvéh / Jéhovah) et il continua à le faire jusqu’à ce qu’un vent vint à se lever qui l’emporta de la Terre dans les cieux. Judas prononça lui aussi le nom de Dieu, et lui aussi fut emporté par ce vent. Ainsi, ils flottèrent dans les airs, tous deux, à la stupéfaction des témoins. Puis Judas, prononçant à son tour le Nom Divin, prit Jésus au collet et le précipita vers la terre. Mais Jésus essaya de faire de même à Judas, et ainsi un combat s’engagea entre eux. Et lorsque Judas vit qu’il ne pouvait pas l’emporter sur Jésus, il lui pissa dessus : les deux étant souillés et donc désormais impurs tombèrent sur la Terre ; ils ne pourraient plus invoquer le Nom Divin avant d’avoir pu se purifier.

Les gens qui croient en ces mensonges diaboliques méritent-ils d’être pris en pitié plus qu’haïs ? Je ne saurais le dire. Dans un autre passage du même ouvrage, il est dit que dans le bâtiment du Sanctuaire il y avait une pierre que le Patriarche Jacob avait ointe d’huile (sacrée). Sur cette pierre étaient gravées les quatre lettres du tétragramme divin (IHVH) (Yahvé) = ces lettres signifient : ‘Il est Celui qui est’), et quiconque parviendrait à en apprendre la signification serait en mesure de détruire le monde. Ils décrétèrent donc que personne ne devait en apprendre le sens, et ils placèrent deux chiens sur deux colonnes de fer, devant le Sanctuaire, afin que si quelqu’un avait appris l’existence des quatre lettres, les chiens auraient aboyé en le voyant ressortir, et la peur que cela causerait à l’intrus lui ferait oublier les lettres. Puis il est relaté :

Jésus vint et entra (dans le Temple), il apprit par cœur les lettres, et il les écrivit même sur un parchemin. Il se découpa alors un morceau de chair à la taille et il y inséra les lettres, ayant prononcé le Nom, la blessure se cicatrisa instantanément.

5/ Le Talmud présente Jésus comme un idolâtre

Dans le chapitre intitulé Sanhedrin (103a), les paroles des Psaumes XCI, 10 « Aucune calamité ne se produira près du lieu où tu te tiendras » sont explicités comme suit :

(Ces calamités, ce serait par exemple) que tu aies un jour un fils ou un disciple qui salerait trop ses aliments, si bien que cela détruirait son goût en public, comme Jésus le Nazaréen.

Trop saler ses aliments ou détruire son bon goût est dit proverbialement de quelqu’un qui corrompt sa morale ou se déshonore, ou encore tombe dans l’hérésie et l’idolâtrie et les prêche ouvertement à autrui.

6/ Le Talmud présente Jésus comme un séducteur

Dans le même livre (Sanhedrin), nous lisons au passage 107b :

Mar dit : Jésus a séduit, a corrompu et a détruit Israël.

7/ Le Talmud atteste de la crucifixion de Jésus, bien qu’en termes insultants

Finalement, en châtiment de ses crimes et de son impiété, Jésus souffrit une agonie ignominieuse en étant suspendu à une croix à la veille de la Pâque (ibid.)

8/ Le Talmud affirme que Jésus est en enfer

Le Zohar, III, 282, nous informe que Jésus est mort comme une bête et qu’il a été enfoui dans ce «tas de fumier où l’on jette les charognes des chiens et des ânes, et où les fils d’Esaü [= les Chrétiens] et d’Ismaël [= les ‘Turcs’ (les Musulmans)], ainsi que Jésus et Mahomet, incirconcis et impurs comme des chiens crevés, y sont enterrés.

9/ Jésus est adoré comme Dieu par ses disciples, après sa mort

Dans son ouvrage intitulé Avoda Sara, George El. Edzard cite les propos suivants du commentateur du Hilkoth Akum (V,3), traité écrit par Maïmonide :

Dans plusieurs passages du Talmud, il est fait mention de Jésus le Nazaréen et de ses disciples, et (du fait) que les Gentils croient qu’il n’y a pas d’autre Dieu à part lui. Dans le livre Chizzuk Emunah, partie I, ch. 36, nous lisons : « Les Chrétiens ont tiré de ce passage un argument [Zacharie XII, 10] et ils disent : Vois comment ton Prophète a attesté que dans les âges futurs les juifs se lamenteraient et pleureraient d’avoir crucifié et tué le Messie qui leur avait été envoyé ; et afin de prouver qu’il (Maïmonide) visait bien Jésus le Nazaréen, possédant à la fois une nature divine et une nature divine, il cite ce passage : « Et ils levèrent les yeux vers Celui qu’ils avaient cloué sur la croix et ils pleurèrent sur lui comme une mère pleurant sur son premier né disparu. » Maïmonide veut prouver à quel point les Chrétiens sont dans l’errance en adorant Jésus, dans son livre Hilkoth Melakhim [ le cycle des anges] (IX, 4) : « Si tout ce qu’il a fait avait prospéré, s’il avait reconstruit le Sanctuaire à sa place première, et s’il avait réuni les tribus d’Israël dispersées, alors certainement, il se serait agi du Messie (avec Jésus)… Mais jusqu’ici, il n’en a rien fait, et il a (même) été tué, il est donc clair qu’il ne s’agissait pas du Messie que (notre) Loi nous enjoint d’attendre. Il (Jésus) était semblable à tous les bons dirigeants (redresseurs de torts) de la Maison de David, qui sont morts, et dont le Saint et Béni Seigneur n’a pas suscités pour une autre raison qu’afin qu’ils édifient les multitudes, comme il est dit dans Daniel XI, 35 : « Et certains parmi eux, qui (pourtant) sont doués d’entendement, échoueront (dans leur tentative) de les purger et de les faire devenir blancs, même en disposant de toute l’éternité, car le temps fixé n’est pas encore venu. Daniel prophétisa également au sujet de Jésus le Nazaréen, qui pensait être le Christ (l’Oint, le Messie) et qui fut condamné à mort par un Senatus consulte : (Dan. V.14): « … et les usurpateurs de ton peuple s’exalteront entre eux, tentant d’établir la vision ; mais ils échoueront. » Pourrait-on être plus clair ? En effet, tous les Prophètes n’avaient-ils pas dit que le Christ libérerait Israël, lui apporterait le salut, restaurerait ses peuples dispersés et confirmerait leur loi. Au contraire, il fut la cause de la destruction d’Israël et il causa la dispersion des juifs qui ne l’étaient pas encore, et leur humiliation, si bien que la Loi fut altérée et que la plus grande partie du monde fut séduite et incitée à adorer un autre Dieu. En vérité, nul ne peut comprendre les desseins du Créateur, de même ses façons de faire (à Jésus) ne sont pas les nôtres. En effet, tout ce qui a été construit par Jésus le Nazaréen et par les Turcs (comprendre : les musulmans) qui sont venus après lui, ne tend qu’à préparer la venue du Christ Roi et aussi à préparer le monde entier, sans distinction, dans l’égalité, au service du Seigneur, car comme il a été dit : « Car alors je donnerai une âme immaculée à tous les peuples qui invoqueront le nom du Seigneur et s’inclineront en unisson devant Lui ». Comment cela serait-il possible ? D’ores et déjà, le monde entier est empli de la célébration par le Christ de la Loi et des Commandements, et ses prédications se sont répandues dans les terres les plus distantes et à des peuples dont les cœurs et les corps sont incirconcis. Ils débattent entre eux au sujet de la Loi qui a été détruite – certains prétendant que les commandements étaient valables, autrefois, mais qu’ils ont perdu leur validité ; d’autres disant qu’il y a là-dedans un grand mystère, que le Messie-Roi est venu et que leur doctrine l’a révélé. Mais quand le Christ viendra réellement et lorsqu’il réussira, qu’il sera élevé et exalté, alors tout sera changé et toutes ces billevesées seront dénoncées comme fallacieuses et vaines.

10/ Le Talmud présente Jésus comme une idôle

Dans le Traité Abhodah Zarah (21a Toseph) nous lisons :

Il est important d’étudier les raisons pour lesquelles des hommes, de nos jours, vont jusqu’à louer – voire pire : vendre ! – leurs maisons à des Gentils (les Gentils – comme leur nom l’indique ! – sont les non-juifs). Certains affirment que c’est légal puisqu’il est dit dans Tosephta : « Personne ne louera sa maison à un Gentil, ni ici [en Terre d’Israël], ni ailleurs, car il est bien connu qu’un Gentil ne peut qu’amener une idole à l’intérieur. Néanmoins, il est permis de leur louer des étables, des écuries et des entrepôts, même si l’on sait qu’ils y amèneront leurs idoles ». La raison en est qu’une distinction peut être faite entre un endroit où une idole serait introduite afin d’y rester en permanence, et un local où l’idole ne serait pas laissée à demeure, auquel cas, cela est permis. Et étant donné que les Gentils, au milieu desquels nous vivons aujourd’hui n’amènent pas leur idole chez eux pour l’y laisser en permanence, mais seulement à titre temporaire – lorsque l’un d’entre eux meurt dans la maison ou lorsque quelqu’un est à l’agonie. De même ils ne pratiquent pas leurs rites chez eux : il est donc permis de leur louer et de leur vendre des logements.

Le Rabbi Ascher, dans son Commentaire sur Abhodah Zarah (83d) ne s’exprime pas avec moins de clarté sur ce sujet :

Aujourd’hui, il est permis de louer des maisons aux Gentils, parce qu’ils n’y amènent leurs idoles que temporairement, lorsque quelqu’un chez eux est malade.

Et dans le même ouvrage, il écrit :

Aujourd’hui, ils ont l’habitude d’encenser leur idole.

Tout cela, et bien d’autres passages encore, montrent à l’évidence que lorsque les Rabbins parlent des idoles des Gentils au milieu desquels ils vivent à cette époque-là, alors qu’aucune idole (antique) n’était plus célébrée, ils parlent sans aucune équivoque de l’ « idole » chrétienne, c’est-à-dire de l’image du Christ sur le crucifix et de la Sainte Communion.

Note au sujet de la Croix

Dans les traités juifs, il n’y a pas de terme correspondant exactement à la Croix chrétienne. La croix en T sur laquelle les condamnés à mort étaient crucifiés était appelée Tau (= nom de la lettre ‘T’) par les Phéniciens et les Hébreux, et ce nom ainsi que ce signe ont été repris par la suite dans l’alphabet des juifs, et ensuite dans les alphabets grec et romain. La Croix honorée par les Chrétiens, toutefois, est désignée par les expressions ci-après :

1/ Tsurath Haattalui – l’effigie de celui qui a été accroché.

2/ Elil – vanité, idole

3/ Tselem – image. Il en découle que les Croisés, dans les livres juifs, sont appelés Tsalmerim (ein Tsalmer)

4/ Scheti Veerebh – la chaîne et la trame, termes repris à la technique du tissage.

5/ Kokhabh – étoile ; en raison des quatre rayons qui y étaient parfois ajoutés.

6/ Pesila – sculpture, idole sculptée.

Mais lorsque la croix est mentionnée, elle est toujours évoquée à la manière d’une idole ou de quelque chose de méprisable, comme on le voit dans les citations ci-après. Dans Orach Chaiim, 113,8 :

Si un juif en prière rencontre un Chrétien [un ‘Akum’] portant une étoile [= un crucifix] à la main, même s’il en est parvenu à un moment, dans sa prière, où il faudrait qu’il se prosterne afin d’adorer Dieu dans son cœur, il ne doit pas le faire, car sinon, il pourrait donner l’impression de se prosterner devant une image (une idole).

Et, dans Iore Dea, 150,2 :

Même, imaginons le cas où un juif se prendrait une écharde dans le pied devant une idole (= un crucifix), ou mettons même qu’il fasse tomber  sa monnaie devant une idole (= un crucifix) : il ne doit pas s’arrêter et s’accroupir pour retirer l’écharde ni pour ramasser ses picaillons, car il pourrait donner l’impression d’adorer le crucifix. Mais il est préférable qu’il s’assoie et qu’il tourne le dos ou alors, dans les cas d’extrême nécessité, le côté, à l’idole, et alors il pourra retirer sans inconvénient l’écharde de son pied.

Mais lorsqu’il n’est pas possible au juif de se tourner, ainsi qu’il a été dit, il doit observer la règle suivante (dans Iore Dea 3, Hagah) :

Il n’est pas permis de s’incliner ou de soulever son chapeau devant des princes ou des prêtres qui portent un crucifix sur leurs vêtements, comme c’est souvent le cas, en raison de leurs coutumes. Il faut prendre grand soin, toutefois, de ne pas se faire remarquer en ne les saluant pas. Ainsi, par exemple, on peut jeter quelques pièces de monnaie par terre et se baisser pour les ramasser juste au moment où ils passent. De cette façon, il est permis de se baisser ou d’enlever son chapeau en leur présence.

Un distinguo est fait, également, entre une croix qui serait vénérée et une croix qui est simplement portée autour du cou en souvenir ou comme bijou d’ornement. La croix qui fait l’objet de vénération est considérée comme une idole, mais les autres, pas nécessairement. Dans Iore Dea, 141, 1, Hagah, il est dit :

L’image de la croix, devant laquelle ils s’inclinent, doit être traitée comme une idole, et il ne faut pas s’en approcher jusqu’à ce qu’on puisse la détruire. Toutefois, un signe(une croix) en médaillon s’il est suspendu autour du cou comme un souvenir, ne doit pas être considéré comme une idole, et il peut être utilisé.

Le signe de la croix, fait avec la main, au moyen duquel les Chrétiens ont tendance à attirer sur eux-mêmes la bénédiction, est appelé en hébreu et dans les langues des juifs : « le fait d’agiter les doigts ici et encore là » (hinc et hinc).

Les enseignements de Jésus-Christ selon le Talmud

Le Séducteur et l’Idolâtre ne pouvait enseigner rien d’autre que la fausseté et l’hérésie, irrationnelle et impossible à observer.

1/ La fausseté

Dans Abhodah Zarah (6a), on peut lire :

Un Nazaréen est quelqu’un qui suit les enseignements fallacieux ce cet homme qui leur a enseigné à célébrer le premier jour du Shabbath.

2/ L’hérésie

Toujours dans Abhodah Zarah (Ch1, 17a Toseph) il est fait mention de l’hérésie d’un certain Jacques. Plus loin, (27b), nous apprenons que ce Jacques n’était autre que le disciple de Jésus :

Jacques Sekhanites, l’un des disciples de Jésus, dont nous avons parlé au chapitre 1. « Mais Jacques n’enseignait pas sa propre doctrine, mais celle de Jésus.

3/ Enseignements impossibles à observer

L’auteur du Nizzachon argumente sur ce point ainsi qu’il suit :

Une loi écrite des chrétiens est la suivante : si un juif te frappe sur la joue, tourne l’autre joue vers lui et ne lui retourne en aucune manière son coup. Au chapitre VI, v. 27, il est dit : Aime tes ennemis, fais le bien à ceux qui te haïssent ; bénis ceux qui te maudissent et prie pour ceux qui te font du mal ; à celui qui te frappe sur une joue, tend l’autre joue. A celui qui t’ôte ton manteau, ne l’empêche pas de te le voler, etc. On trouve la même chose dans Matthieu, ch. V, v. 39. Mais je n’ai jamais vu aucun chrétien observer cette loi, et Jésus lui-même n’a jamais fait ce qu’il disait aux autres de faire. En effet, nous trouvons dans Jean ch. XVIII, v 22, que lorsque quelqu’un donnait un marron à Jésus sur la figure, il ne tournait pas l’autre joue, mais il entrait dans une colère pas possible et il demandait : « Pourquoi m’as-tu frappé » ? De même, dans les Actes des Apôtres, ch. XXIII, v. 3, nous lisons que lorsque le Grand Prêtre ordonna à ceux qui étaient près de lui de frapper Paul, il ne tourna pas l’autre joue, mais il le maudit en disant : « Dieu t’écrasera, espèce de mur blanchi », etc. Cela est contraire à leurs croyances et détruit la fondation sur laquelle leur religion est bâtie, car ils professent que la loi de Jésus est facile à observer. Si Paul lui-même, que l’on pourrait qualifier de Dispensateur de Jésus, n’a pas pu préserver les préceptes de Jésus, qui parmi les autres de ceux qui prétendent croire en ce Jésus pourraient-ils démontrer qu’ils en sont capables ?

L’auteur, toutefois, qui avait les Evangiles et les Actes des Apôtres à sa disposition, ne peut pas ne pas avoir compris en quel sens le Christ ordonnait à ses disciples de tourner l’autre joue à celui qui les aurait frappés, puisqu’en un autre passage il ordonnait à ses disciples de couper une main ou un bras, ou d’arracher un œil, si (ces expressions) pouvaient avoir le don de les outrer. Personne disposant d’une connaissance même superficielle des Saintes Ecritures n’a jamais pensé que ces ordres dussent être pris au pied de la lettre. Seule une profonde malveillance et l’ignorance des temps où Jésus vivait peuvent expliquer la raison pour laquelle les juifs, de nos jours encore, utilisent ces passages afin de se faire les détracteurs des enseignements de Jésus Christ.

Révérend Père Justin Pranaitis, Christianus in Talmude Iudaeorum sive Rabbinicae doctrinae de Christianis secreta, partie 1, chapitre 1, traduit de l’édition anglaise par Fide Catholica.

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