En 1959, la Sacrée Congrégation du Saint Office de l’Inquisition a interdit la dévotion et la diffusion de la fausse « Divine Miséricorde » tirée des soi-disant révélations de Soeur Faustine Kowalska, une religieuse polonaise.

Qu’il soit rendu public que la Suprême Sacrée Congrégation du Saint-Office, après avoir examiné les prétendues visions et révélations de Sœur Faustine Kowalska, de l’institut de Notre-Dame de la Miséricorde, décédée en 1938 près de Cracovie, a décidé ce qui suit : Il faut interdire la diffusion des images et des écrits qui présentent la dévotion à la Divine Miséricorde dans la forme proposée par ladite Sœur Faustine. Il est requis de la prudence des évêques de devoir faire disparaître lesdites images qui ont éventuellement déjà été exposées au culte. – Du palais du Saint-Office, le 6 mars 1959. Mgr. Ugo O’Flaherty, Notaire. – Décret du Saint Office, 6 mars 1959. [Source]

L’inquiétante image originale illustrant la prétendue vision de Soeur Kowalska. Elle fut peinte par Eugène Kazimirowski en 1934, à la demande de Soeur Faustine et de son confesseur, le père Sopocko. En plus des éléments hétérodoxes des prétendus messages condamnés par le Saint Office, les pères de la Sainte Congrégation interdirent également la diffusion de ces images. Selon tous les commentateurs, la « divine miséricorde » s’apparente à une contre-façon de la dévotion du Cœur Sacré de Jésus-Christ. 

Le Saint Office (nom donné à la Sainte Inquisition depuis les années 1900) était encore composé, jusqu’à sa suppression en 1965 par le moderniste Paul VI, de prélats orthodoxes et fidèles à la doctrine catholique. Les enquêtes dirigées pour examiner le cas de Sœur Faustine avaient été initiées sous le pape Pie XII, dès les années 1930. Le Saint Office fut profondément réformé sous Jean XXIII et surtout sous Paul VI, puisque ce dernier le supprima, ainsi que l’Index des livres prohibés. En effet, le 7 décembre 1965, veille de la clôture du concile Vatican II, Paul VI publie une lettre apostolique en forme de motu proprio (de sa propre initiative) dans laquelle il supprime le Saint-Office. La « Congrégation pour la Doctrine de la foi » le remplace. Il n’est plus question de l’Index des livres prohibés. Le 14 juin 1966, le cardinal Ottaviani interroge Paul VI sur le sens à donner à cette omission. Celui-ci répond « qu’il n’a plus force de loi ecclésiastique avec la censure qui y est liée ». L’Index des livres prohibés, procédure disciplinaire vieille de quatre siècles, née au 16e siècle dans le contexte de la révolution protestante et de l’extension de l’imprimerie, est donc supprimée purement et simplement. C’est surtout Jean-Paul II qui œuvrera en vue de rétablir et de diffuser cette fausse dévotion, interdite par l’Eglise. Au-delà du dangereux messianisme moderniste qui intéressait certains milieux polonais depuis quelques décennies, il y avait aussi sans doute d’autres raisons, plus « politiques » derrière cette entreprise. On lit à ce sujet, sur Catholicapedia :

Ce n’est que le 15 avril 1978 que la Congrégation pour la Doctrine de la foi, revient sur la condamnation des écrits de Sœur Faustine Kowalska « à la demande de nombreux évêques polonais ». Karol Woltija, futur « pape », en faisait partie. Sœur Faustine avait reçu cette révélation : « Quand je priais pour la Pologne, j’ai entendu ces paroles : « J’aime particulièrement la Pologne, et si elle obéit à ma volonté, je l’élèverai en puissance et en sainteté. D’elle sortira l’étincelle qui préparera le monde à mon ultime venue ». On reconnaît le « Pape »  Jean-Paul II dans cette étincelle qui annonce l’ultime venue du Christ. Celle-ci, toutefois, précise « Jésus » à Maria Valtorta, ne se réalisera pas par sa venue en personne, mais par les nombreux évangélisateurs qu’il suscitera et qui restaureront le Christ dans les cœurs. Le 30 novembre 1980, Jean-Paul II publie l’encyclique Dives in Misericordia sur la Miséricorde Divine. Le 18 avril 1993, il « béatifie »  Sœur Marie Faustine puis la « canonise » le 30 avril 2000. À cette occasion, il instaure la Fête de la Divine Miséricorde le premier dimanche après Pâques (Dimanche in Albis). Elle est célébrée pour la première fois le 22 avril 2001. Une demande a été adressée au « pape » pour que « Sainte » Faustine soit déclarée « Docteure de l’Église ».

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Sur cette photo, on peut voir l’antipape Jean-Paul II devant la seconde version de l’image de la « divine miséricorde ». Cette version fut l’oeuvre du peintre Adolf Hyla, qui la composa en 1944, cinq ans après la mort de Soeur Kowalska, s’inspirant de la 1ere version de Kazimirowski. Cette version est devenue la plus populaire et la plus reprise parmi les modernistes qui s’attachent à cette dévotion. [lien]

Au 20e siècle, un grand nombre de fausses apparitions eurent lieu, ainsi qu’un grand nombre de fausses mystiques : Soeur Olive et son effrayant faux Christ-Roi, Maria Valtorta (dont les pseudo-révélations blasphématoires seront interdites par le Saint Office), Soeur Faustine, ou encore l’inquiétante apparition de la fausse « Notre-Dame » dite de « tous les peuples », puis celles, plus connues, de Medjudjorge, tellement frappées de fausseté et de polémique que même la secte moderniste a renoncé à les reconnaître définitivement. Notre Dame de La Salette, dans son message -celui-là, approuvé par l’Eglise- nous avait averti que ce genre de phénomènes allaient se multiplier au 20e siècle.

Pour ceux qui souhaitent avoir plus d’informations sur les raisons qui ont poussé Pie XII et le Saint Office de l’Inquisition a faire interdire les pseudo-révélations de la « divine miséricorde » de Soeur Faustine, ainsi que les images qui lui sont attachées, nous vous conseillons de lire l’excellent article du Révérend Père Benedict Hughes, The Divine Mercy Devotion : Why did the Holy Office Ban it, paru dans The Reign of Mary, volume 44, n°151. Vous pouvez en lire la traduction publiée sur Fide Catholica. Nous vous conseillons également la lecture d’un très bon article de M. Patrick Perez, résumant les mêmes éléments que le Père Benedict Hughes.

Alors, si quelqu’un vous dit : Voici le Christ est ici, ou là, ne le croyez pas. Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes, et ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de tromper (si possible), même les élus. Voici, que Je vous l’ai dit à l’avance. Si donc on vous dit : Voici Il est dans le désert, n’y allez pas ; Voici, Il est dans le placard, ne le croyez pas. – Matthieu, 24 ;24-26