Cette semaine, on m’a partagé une vidéo de la chaine le Lys et la Croix, tenue par Jeremy Austin. Dans cette longue vidéo, on apprend, non sans surprise, que Jérémy Austin a définitivement quitté la secte dimondiste. Hélas, on apprend aussi qu’il a désormais rejoint les croyances des diverses églises autocéphales dites orthodoxes orientales, sous l’influence de deux individus. Je veux tout d’abord dire que cette nouvelle ne me surprend qu’à moitié. Elle me surprend, dans la mesure où, comme beaucoup de catholiques francophones, je connaissais bien la voix de Jérémy, à cause des nombreuses vidéos du MHFM qu’il a traduit en français. Je connaissais également bien la chaine le Lys et la Croix, qu’il avait montée, me semble-t-il, autour de 2014-2015. Jérémy était dans ces années-là, bien connu dans les communautés catholiques sédévacantistes, pour son zèle pour le moins radical à propager les erreurs des Dimond, en particulier l’erreur feeneyiste. D’un autre côté, cette nouvelle ne me surprend pas ou peu, dans la mesure où depuis que je connais les vidéos et les travaux du MHFM, j’ai toujours identifié et ressenti l’esprit sectaire et profondément désordonné de ce groupe, malgré ses apparences d’orthodoxie catholique. Cela n’est d’ailleurs un secret pour aucun catholique, qu’il soit sédévacantiste ou d’une autre communauté traditionnaliste. Quoiqu’il en soit, je tiens immédiatement à préciser que je ne chercherai pas à réfuter ici absolument toutes les idées que Jérémy a désormais adoptées, sous l’influence notable de John C. Pontrello et de Jay Dyer. Si Dieu le veut, moi ou l’un des collaborateurs de Fide Catholica, aurons le temps de consacrer plus tard une série d’études sur ces questions. Mon but est surtout ici de rebondir sur le témoignage général de Jéremy, par ses propres mots, sur ce qui l’a mené de la conversion, hélas, via la secte MHFM, jusqu’au dégout attendu de celle-ci, ainsi que sa ré-orientation vers les doctrines des schismatiques orientaux. Car, quoique je sois de toute évidence un catholique sédévacantiste, naturellement opposé aux schismatiques orientaux, ainsi qu’au dimondisme, le témoignage général de Jérémy m’a semblé être d’une certaine valeur, l’un des premiers effets de ce traumatisme tient précisément à sa cause : Jérémy s’est malheureusement converti, selon ses dires, au catholicisme, via le MHFM. Dès lors, il a adopté, puis subi, un mélange de vraie doctrine (catholique) et de fausses doctrines, de mauvaises pratiques, de mauvais exemples et de très mauvais conseils. Il en découle très malheureusement que Jeremy, choqué par des années de cet endoctrinement, semble désormais assimiler totalement le sédévacantisme à MHFM. C’est une grave erreur, mais c’est souvent la conséquence des captifs de sectes . Dès qu’ils en sortent, comme tous les traumatisés, ils auront tendance à assimiler un objet à la cause de leur traumatisme. Imaginons une personne, ayant été victime d’un fou qui tenta de la bruler. Cette personne aura certainement une peur panique du feu, tandis que le feu lui même, n’est pas en cause, mais le criminel qui fit un mauvais usage de ce feu. Ajoutons aussi que ce terme de « sédévacantisme », ne plait à aucun « sédévacantiste ». Le sedévacantisme n’est pas une religion, c’est un simple constat théologique, fondé dans la doctrine révélée, ainsi même que dans la logique pure. Il est inutile évidemment, de faire le moindre exposé à ce sujet, sujet sur lequel Jeremy n’ignore rien. Or, il y a là, quelque chose que Jeremy n’a peut-être pas compris, dès le début. Il le dit lui-même : beaucoup sont trompés par ce monastère, fondé par Joseph Natale, puis repris par les frères Dimond, que nous appelons frères parce qu’ils le sont de sang, mais que beaucoup hésitent à qualifier de vrais moines. Et nous verrons en effet, l’ampleur subtile de leur imposture. Tout respire la fraude, la secte et le culte fanatique dans cet environnement. Il est triste que Jeremy ait mis tellement d’années à le comprendre. Il n’a pas caché qu’au cours de cette expérience, il eut plusieurs différents avec le « quartier général » de Filmore. Cela n’est pas surprenant. Ce qui est stupéfiant, pour nous tous, qui avons observé tout ceci à l’écart, car oui, beaucoup de scandales du MHFM nous ont été rapportés au fil des années, c’est de découvrir finalement les témoignages, qui sont assez rares, de ceux qui ont fréquenté ce milieu en vase clos. Tout d’abord, il y a quelque chose qui m’a frappé dans la vidéo de Jeremy et je vais le dire honnêtement, je crois qu’il porte encore les séquelles de ces années-là, y compris dans son choix de rejoindre les schismatiques de l’est. Il évoque Joseph Natale, il parle de tous les comportements mégalomanes aberrants des Dimond ou de leurs disciples, mais il parle peu de leur doctrine erronée sur le baptême, et surtout, il ne parle pas vraiment du précédent idéologique du dimondisme. Les Dimond représentent la seule structure feeneyiste de constat sédévacantiste. Toutes les autres structures feeneyistes, sont en communion avec la secte moderniste, un peu à la mode de la FSSPX. Est-il nécessaire de préciser qui était le Père Feeney ? Nous avons consacré un long article pour présenter les origines de cette hérésie, son passage dans la secte des Dimond et pour montrer tout l’enseignement catholique, pères, docteurs, théologiens et papes, qui réfutent entièrement cette doctrine erronée. Le Père Feeney niait le baptême de désir. Qu’on se comprenne, il y a un seul baptême dans l’Eglise catholique, mais il peut se présenter sous trois modes. Cette belle symbolique, exprimant si bien l’infinité de la Justice du Bon Dieu, fut froidement niée par le Père Feeney. Il fut excommunié par le Saint Office de l’Inquisition, avec l’approbation de Pie XII, après que le même Saint Office l’ait convoqué, en vain. Le Saint Office avait même publié une longue monition, que nous avons publiée sur Fide Catholica, réfutant la position erronée de Feeney, en citant notamment le Concile de Trente. Selon Feeney et ses partisans, dont les Dimond, le baptême de désir ne serait qu’une invention moderniste. Aussi ont-ils méprisé la condamnation du Saint Office et de Pie XII, qu’ils disent avoir été sous le contrôle des modernistes. En plus de l’absurdité de ces affirmations, cette seule attitude en dit long sur l’esprit de désobéissance, d’indiscipline et d’orgueil téméraire, qui va très nettement infuser, en pire, chez les Dimond. Paradoxalement, le Père Feeney se soumettra, mais à l’antipape Paul VI, au début des années 1970, sans renier vraiment ses doctrines. Cela n’avait plus d’importance d’ailleurs, puisque dans la contre-église de Vatican 2, protestants, négateurs des dogmes, schismatiques orientaux, hindous et nostalgiques de la messe tridentine ont tous une place, tant qu’ils adhèrent ou font mine d’adhérer à la grande imposture. Je ne parle même pas des fois où j’ai exposé ces faits devant des dimondistes, ce ne fut qu’une longue suite d’injustifiables arguments circulaires, comme toujours, tout droit recopiés de quelque argumentaire du site MHFM. Tout cela pour dire que je trouve étrange et dommage que Jeremy n’ait pas ou peu parlé de cette question, pourtant capitale. Peut-être n’a-t-il pas pris conscience de l’importance que cela a pour comprendre l’état d’esprit des Dimond ? Mais peut être que son expérience fâcheuse lui suffit. En tout cas, il semble important de comprendre que les Dimond ont baigné dans ce triangle des Bermudes feeneyiste, entre Boston et Baltimore, où les groupes fondés par le Père Feeney et ses disciples sont encore actifs, comme le St. Benedict Center. En bref, nous l’avons dit, les Dimond ont inoculé et développé le pire de cette tendance hérétique : indiscipline, manque d’empathie, mégalomanie, interprétationnisme, apocalyptisme, etc. Tous les ingrédients pour former une secte, mais une secte sous apparence de bien, avec des dehors radicaux, et un activisme vidéographique assez exceptionnel, mais dont la réalité est aussi sinistre que pathétique.

Or, le drame des gens tombés et embrigadés dans la secte dimondiste, c’est bien celui-ci. Il en résulte, comme souvent lorsque des gens échappent à des sectes, qu’ils sont dégoutés tout d’abord, des idées qu’ils tenaient auparavant, mais en gardent tout de même l’empreinte. La solitude, l’éloignement social en sont les conséquences prochaines. Pour ceux qui s’enfoncent encore plus, l’autisme argumentaire (comme le dit très justement Jeremy) est l’un des traits les plus effrayants. Je suis à l’instant même en discussion avec un dimondiste sur Twitter (un certain « MCMLXVIII »)  et comme d’habitude, j’ai véritablement l’impression d’avoir affaire à un sociopathe. Dans le cas de Jéremy, il est frappant de voir à quel point, tout au long de sa vidéo, il assimile systématiquement le sédévacantisme à MHFM. Et, je le regrette, mais il va falloir maintenant me faire un peu plus « jugeur ». Premièrement, personne n’a attendu les Dimond pour aboutir au sédévacantisme. On a l’impression que pour ceux qui sont passé entre leurs griffes, leur influence mentale fut telle qu’ils étaient le seul référent doctrinal possible et valide au monde. Or, Jeremy semble ignorer l’héroïque aventure des catholiques dits sédévacantistes. L’une des premières personnes à avoir fait le constat de la vacance du siège, est d’ailleurs une laïque, une femme, le Dr. Elizabeth Gertner. Le premier clerc à avoir conclu à l’anti-papauté de Paul VI, fut l’athlète de la Foi, le révérend père Saenz y Arriega, qui identifia, dès la clôture du concile Vatican 2, la vacance du siège. Puis, suivirent Mgr. Guérard des Lauriers, Mgr. Carmona et Zamora, puis les neuf prêtres expulsés de la FSSPX, expulsés parce qu’ils avaient fait le constat de la vacance du siège eux aussi : ce furent notamment Mgr. Dolan, Mgr. Sanborn, l’abbé Cekada ou encore le père Collins, qui est décédé tout dernièrement. Il y eut ensuite Mgr. Pivarunas. Avant cela, un pieux laïc, Mr. Patrick Omlor, avait démontré dès 1969, l’invalidité de la messe de Paul VI. En France, également, dès la fin des années 1970, le père Barbara, l’abbé Roger, puis l’abbé Vérité, l’abbé Zins, le père Schoonbroodt, tous d’heureuse mémoire. Et il y en eu encore bien d’autres, parfois venus du novus ordo, comme le père Oswalt, ou d’autres, venus de la FSSPX, comme le père Jacqmin.  Bref, la liste serait longue. Il s’agit simplement de rappeler que personne n’a attendu les hérétiques MHFM pour constater la vacance du siège apostolique. Il ne s’agit pas non plus de faire comme si les catholiques ayant fait le constat de la vacance du siège, n’avaient pas connu des difficultés, des divergences sur certains points, etc. Tout ceci est normal dans une telle situation. Donc, au vu de la vraie histoire du sédévacantisme, il nous semble fortement étrange que Jeremy soit demeuré presque aveuglement enfermé dans la secte MHFM, dont il était pourtant géographiquement isolé, de très loin, comme il l’a admis lui-même, vivant mal, au fil du temps, cette foi virtuelle, cette isolation permanente, l’absence de vie communautaire, pastorale et sacramentelle, ainsi que les conséquences du contrôle mental, je le cité, résultant de certaines pratiques imposées par les Dimond.

Des séductions d’une secte à une autre

Pourtant, et bien que j’ignore les détails de la vie de Jeremy pendant ces années, je sais du moins qu’il a interagi avec les communautés sédévacantistes françaises lorsqu’il était un dimondiste radical. Et je vais me permettre de l’interpeller : cher Jeremy, pourquoi n’as-tu pas alors écouté nos avertissements, nos admonestations ? Pourquoi ne nous as-tu pas rejoints ? J’ignore où tu vivais en Suisse, mais tu aurais pu de temps en temps, venir à la messe d’un saint prêtre, non loin de là, en Alsace, chez l’abbé Jean Siegel, le dernier curé d’Alsace, qui par certains de ses dehors et de son courage, par son parcours unique et admirable, t’aurait peut-être fait penser au curé d’Ars. Tu aurais rencontré bien des amis et la chaleur du petit troupeau en exil. Au lieu de cela, hélas, tu étais pendant tout ce temps, comme emprisonné par les erreurs du MHFM. Je ne veux pas trop insister. Nous avons tous fait des erreurs dans notre vie. Pour en avoir fait de très graves, dans ma jeunesse, je ne sais que trop bien la lourdeur du poids des regrets. Mais comment ne pourrions-nous pas nous lamenter d’apprendre qu’après avoir été trompé pendant si longtemps par cette secte, ayant échappé à la secte moderniste, voici Jeremy pris cette fois ci dans les sectes orientales ? Comme je le disais, je ne veux pas chercher ici à réfuter tous les points doctrinaux que Jeremy a trouvés dans les ouvrages de l’étrange John C. Pontrello et dans les doctrines de Jay Dyer. Je ne connaissais pas John Pontrello de premier abord. En me renseignant, je découvre que son site et presque tout son activisme, est consacré à chercher à convaincre des catholiques « traditionnalistes », notamment des lefebvristes, des R&R et des sédévacantistes, à rejoindre telle ou telle secte schismatique orientale. Le procédé semble clair et objectivement, on pourrait dire que l’individu estime y avoir trouvé une niche commerciale. En effet, les R&R et les lefebvristes étant déjà dans un état d’esprit schismatique, il semble assez cohérent pour un schismatique oriental de chercher à en influencer certains. Concernant les « sédévacantistes », il s’agit évidemment de s’attaquer aux derniers catholiques qui tiennent totalement à la doctrine, mais qui sont dans le même temps, les plus vulnérables à de telles attaques. Tout ceci sent la diablerie. Que Jeremy m’en excuse, mais comme j’ai une propension à ressentir les choses, je dirais que le sentiment malsain que j’ai ressenti il y a longtemps, vis-à-vis de MHFM, je l’ai ressenti également en me rendant sur le site de ce John C. Pontrello. Evidemment, ce n’est qu’une impression personnelle abstraite. Ce que je tiens pour certain, c’est que son fameux livre (et ses autres écrits) sont entièrement destinés à subvertir et à séduire les derniers catholiques traditionnalistes. C’est rusé, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais il faut dire plus, il y a une influence démoniaque là derrière. John Pontrello se présente lui-même comme un ancien sédévacantiste home-loner. Honnêtement, je ne pense pas qu’il mente sur ce point, car il a une bonne connaissance des différentes thèses sédévacantistes. En revanche, il n’est pas difficile de comprendre que lui aussi, comme Jeremy, a apostasié et a rejoint les sectes schismatiques d’orient en raison du mauvais environnement de départ dans lequel il baignait. En effet, les disciples MHFM pratiquent tous, de fait, une forme de home-alonisme, refusant tout contact avec l’immense majorité des vrais catholiques de constat sédévacantiste. Pontrello consacre explicitement presque tout son site à subvertir des âmes fragiles dans les divers groupes traditionnalistes catholiques, afin de les embrigader dans les sectes autocéphales. D’ailleurs, son site s’attaque tout particulièrement au sédévacantisme. Toutefois, sa présentation des choses est sommaire, grotesque, parfois tenue sous une forme sarcastique, qui est très loin d’être aussi sérieuse que ce que Jeremy prétend dans sa vidéo. Mais tel est le but affiché de Pontrello : il veut attirer à lui certains catholiques traditionnalistes qui se trouvent dans certaines tendances erronées : home-loners, R&R et secte MHFM. Et il est clair qu’il y a là de nombreuses pauvres âmes susceptibles de succomber. Ce n’est pas tant une question d’intelligence, ici, mais de caractère et de disposition d’âme. La vie communautaire entre catholiques sédévacantistes aurait largement pu éviter à Jeremy de tomber dans un piège si grossier. Au lieu de cela, il passe d’un faux maitre à un autre. Au lieu de traduire et de propager les erreurs des Dimond, il traduira et propagera maintenant les erreurs des schismatiques orientaux, notamment les positions palamites sur les énergies, la lumière incréée et l’illumination hésychaste. Erreurs qu’il semble déjà avoir adoptées, pour la simple et unique raison que ces maitres d’hier, lui ont semblé ne pas vouloir répondre ou ne pas avoir répondu assez correctement à ces théories. Curieusement, Jerémy n’a pas réagi tandis qu’il véhiculait mille autres conceptions erronées des Dimond, pendant des années.

Ce Pontrello travaille main dans la main avec le fameux Jay Dyer, dont nous allons maintenant parler. Je connaissais assez bien Jay Dyer, vu qu’il est fort actif sur Youtube. J’ai surtout appris son existence grâce aux blogs catholiques « callmejorge » et « mauricepinay », qui font un énorme travail d’archivage des activités des sectes talmudiques et schismatiques orientales. Je conseille à ceux qui sont sur Twitter, de suivre leurs comptes, pleins d’informations très utiles. J’ai moi-même publié il y a quelques temps, une brève exposition de la réalité du romantisme orientaliste diffusé par l’imposteur Jay Dyer,  qui démontre aussi l’influence de nombreux théologiens schismatiques russes dans le mouvement moderniste dit de la « nouvelle théologie ». Curieusement, ce sont des auteurs que Jay Dyer donne en exemple à son auditoire crédule, tout en présentant « l’orthodoxie » russe ou orientale comme le front de résistance spirituelle contre l’Occident décadent, et la Rome dégénérée, qu’il assimile bien sûr, à l’Eglise catholique, tout en attaquant lui aussi régulièrement les sédévacantistes. Or, là aussi, dans cet article, j’ai montré que cette présentation d’un orient glorieux et spirituel, face à un occident athée et décadent, est non seulement une exagération, mais surtout une imposture idéaliste destinée une fois encore, à frapper les esprits naïfs. Que font les chefs et le clergé des différentes sectes autocéphales avec les chefs de la secte moderniste ? Non pas seulement depuis Vatican 2, mais déjà bien avant cela ? Beaucoup ignorent en effet que l’église russe fut particulièrement infiltrée par des francs-maçons à la fin du 19e siècle et que beaucoup de ses membres furent des collaborateurs du régime soviétique. Que font-ils, ces chefs schismatiques, constamment fourrés avec les élites du judaïsme talmudique le plus radical ? Que font-ils dans des conférences interreligieuses ici et là ? De même, l’apparence grandiloquente de leur liturgie n’est plus qu’une illusion. Le schisme a des conséquences. Il se traduit souvent, par une suite d’hérésies, mais aussi de comportements abominables. Que dire de ces messes des schismatiques, qui n’ont rien à envier aux fausses messes clownesques des modernistes ? Où l’on voit des nonnes souffler des bulles de savon en plein office ? Où l’on voit, en pleine semaine sainte, un prêtre courir comme un possédé devant l’assemblée des fidèles ? Il faudrait aussi parler de la parenté des doctrines schismatiques avec la métaphysique de la kabbale juive (il s’agit d’une influence indirecte, mais évidente). En vérité, Jeremy risque de se retrouver très vite face à une situation analogue à celle qu’il a quittée. Il rejoindra une entité autocéphale qui se fera ses propres doctrines et condamnera les pratiques des autres.

Comme dit, je ne souhaite pas réfuter ici les points doctrinaux que Jeremy a crus bon de croire, pour passer du MHFM aux croyances des schismatiques. Je ne me prétends pas expert sur toutes ces questions, bien que je les connais basiquement, et que je sais que certains milieux schismatiques russes et grecs ont énormément emprunté à la métaphysique kabbalistique, surtout à partir du 17e siècle. S’il plait à Dieu, je travaillerai sur ces sujets, lorsque j’en aurai le temps. Je sais aussi que les arguments de Pontrello, présentés par Jeremy comme étant ceux qui l’ont convaincu, sont captieux. Qui peut croire que Dieu ait fondé une Eglise sans chef visible ayant suprême juridiction sur tous les diocèses ? L’Eglise de Dieu, ni dans l’Eglise mosaïque, ni dans l’Eglise catholique, n’a jamais été une assemblée anarchique, où des chefs d’églises autocéphales, fondées sur des orgueils nationalistes, pouvaient agir à leur guise dans leurs contrées. Nous avons aussi connu le joséphisme et le gallicanisme en Europe, et il fallut tout le zèle de la papauté pour réduire ces mauvaises tendances, qui furent favorisées par des rois impies, comme Louis XIV, et dans lesquelles fermentèrent les convulsionnaires, petites églises, et autres « vieux-catholiques ». Par ailleurs, il y a quelque chose d’ironique et de malheureux à voir des schismatiques russes accuser faussement des sédévacantistes de se constituer en petites églises particulières, alors que c’est exactement leur pratique depuis près de 1000 ans. Il est particulièrement fallacieux de présenter les sédévacantistes comme des gens qui seraient heureux de leur situation, ou qui, par pur orgueil, se diraient être la seule Église catholique subsistante. Le sédévacantisme n’est pas une religion. C’est un constat, un fait théologique et historique, dont les causes surement humaines et démoniaques, les explications sont mystiques et de l’ordre du châtiment temporel, et les solutions, relevant du défi spirituel purificateur posé aux hommes, au tiers laissé en Israël, comme au temps de l’exil de Babylone et comme au temps du passage sur terre du Seigneur Jésus-Christ. Nous remarquons en effet, que Jeremy semble s’être d’autant mieux laissé séduire par les arguments de Pontrello et Dyer, qu’il n’a cessé dans sa vidéo, de montrer qu’il avait entièrement intégré toutes les croyances et pratiques du MHFM, assimilant sans cesse le mouvement sédévacantiste à la seule secte dimondiste. C’est la marque d’un ressentiment et d’un traumatisme bien compréhensibles. Pourtant, avec beaucoup d’honnêteté et d’acuité, il parvient à en identifier la plupart des tares. Nous allons ici compléter cette liste.

Tout d’abord, Jeremy affirme que sa rupture avec MHFM a commencé lorsqu’il a demandé à l’un des Dimond s’ils pouvaient réfuter l’ouvrage de Pontrello. Jeremy a pris leur refus et leur manque d’intérêt comme un aveu de faiblesse, comme une preuve qu’ils ne pouvaient pas apporter d’arguments contraires. Ensuite, Jeremy évoque les différentes vidéos que les Dimond ont produites pour réfuter les croyances des sectes schismatiques. Je dois dire que je suis d’accord avec certains arguments de Jeremy, mais que je dois rendre justice, en toute honnêteté, avec certaines analyses correctes de MHFM sur ces sujets. Je suis d’accord avec Jeremy pour dire que certaines analyses de MHFM sont par trop légères. Mais cela s’explique peut-être aussi parce que les Dimond semblent parfois plus occupés à produire des vidéos sensationnelles, que de produire une analyse qui, trop profonde, ne serait pas comprise et n’intéresserait assez  pas leur audimat-cible. Là encore, c’est une chose que l’on observe dans beaucoup de leurs travaux, y compris écrits. On voit qu’ils ont de nombreuses lacunes et qu’ils n’ont pas reçu une formation complète et digne de personnes consacrées. Que Jeremy compare les travaux légers du MHFM, avec les impressionnantes sommes qu’a pu produire un seul homme, comme l’abbé Vincent-Marie Zins, tout seul, dans une extrême pauvreté, sans milliers de dollars de dons. Je le répète, Jeremy a commis l’erreur de s’enfermer dans cette secte de pseudo-catholicisme virtuel ; au lieu de rejoindre tout simplement la communauté catholique. Paradoxalement, non seulement il vouait une loyauté aveugle aux Dimond, enfermé dans un fidéisme total, mais il considérait les autres « sédévavantistes » comme de purs hérétiques, parce qu’en effet, les sédévacantistes étant tout simplement des catholiques « ultralitaires », ils adhèrent logiquement au baptême de désir, au baptême de sang, etc. Et pendant toutes ces années, Jeremy, hélas, nous considérait comme ses ennemis, nous qui étions ses frères. Il aurait pu voir le sérieux d’une bonne formation de prêtres et d’évêques catholiques, et recevoir leur saine instruction. Donc, en bref, nous sommes d’accord pour dire que le MHFM se donne des airs d’orthodoxie catholique, mais qu’à la vérité, le fond est creux, très léger, très maladroit, très malsonnant parfois, et Jéremy l’a remarqué. Mais nous donnerons quelques raisons à cela. Toutefois, comme nous l’avons dit, nous devons avoir l’honnêteté de reconnaitre que sur un certain nombre d’arguments contre les schismatiques orientaux, le MHFM a vu juste. Je ne veux pas éterniser ce propos, ainsi, je me contenterai d’affirmer une fois encore, que, par le seul résumé des arguments qui ont convaincu Jeremy, je sais qu’il a été trompé, une nouvelle fois, peut-être de façon plus pernicieuse encore.

Effets terminaux du dimondisme

Maintenant, j’aimerais revenir un moment sur quelques éléments très justes que Jeremy a soulevé. En effet, en plus des pratiques d’isolement social, de refus de fréquenter « d’horribles hérétiques faux tradis » croyant dans le baptême de désir, etc. une autre pratique typique du MHFM a sans doute gravement nuit à des gens comme Jeremy, placés sous leur emprise. En effet, imbus de leur prétention indisciplinée, dont nous avons fourni quelques pistes d’origine, les Dimond entretiennent une vision radicalement et exclusivement apocalyptique de la vacance du siège, présentant constamment cette vision comme certaine. C’est là, l’un des traits typiques du feeneyisme, c’est-à-dire un interprétationnisme, non seulement des textes du magistère, mais aussi de la sainte écriture, totalement désordonné, téméraire et même souvent insultant pour l’Eglise, surtout quand les Dimond redéfinissent le Magistère infaillible ou expliquent tranquillement que tel pape a enseigné l’hérésie dans telle encyclique, dans tel catéchisme, ou que tel grand docteur de l’Eglise a enseigné l’hérésie, bien qu’il ne se priveront pas d’utiliser les mêmes sources, pour alimenter leur argumentaire sur d’autres points. De ce fait, on doit conclure, et tous les éléments confirment cela, que le MHFM croit réellement être la dernière porte de salut du monde. A vrai dire, je les soupçonne de se croire être des sortes d’incarnations d’Elie et Enoch, les prophètes mentionnés dans le message de La Salette. Je me suis d’ailleurs rendu compte au fil du temps, que le MHFM ne faisait que produire un contenu sensationnaliste, sans réel intérêt doctrinal, ni spirituel. Leur production ne consiste finalement qu’à présenter leur faux magistère, et à exposer leur arrogance et leur indiscipline. En particulier, ils ont tenu de nombreuses théories extrêmement audacieuses concernant la nature exacte de certains évènements relatifs à la situation actuelle de l’Eglise catholique. Leur libre-interprétationnisme du livre de l’Apocalypse, pour faire apparaitre leur théorie étrange des sept rois, qui seraient les deux derniers papes catholiques, et les cinq premiers antipapes de Vatican 2, est si téméraire que je me souviens en avoir été choqué de façon définitive. Avant cela, je les tenais pour sérieux, malgré leur hérésie feeneyite, mais après cela, j’ai commencé à comprendre le nœud du problème avec ce groupe. Ensuite, ils ont élaboré bien d’autres théories eschatologiques tout aussi téméraires. En fait, ils sont tombés dans une telle prétention qu’ils croient réellement être des prophètes. L’exemple le plus lamentable de tous est sans doute cette fameuse théorie du « signe dans le ciel » qui devait, selon eux, apparaitre fin 2017. En réalité, ils n’avaient que fait reprendre des théories de protestants complotistes qui remontaient déjà à deux ans auparavant, reprenant exactement les mêmes visuels, mais en ajoutant simplement au propos, leur vernis pseudo-catholique et pseudo-prophétique. Ce fut assurément un échec cuisant pour eux, puisqu’à la suite de cela, j’ai trouvé qu’ils étaient bien moins productifs qu’auparavant. Mais je présume peut être. Le fait est que ce genre de théorie a achevé de les cataloguer parmi les exagérés et les imprudents, en plus d’être des rebelles et indisciplinés patentés.

Epilogue

Quant à Jeremy, il explique enfin, vers la fin de sa vidéo, que la solitude lui devenant insupportable, il se rendit finalement en compagnie d’un ami auprès d’un prêtre, l’Abbé Maréchal, qui adhérait aux doctrines hérétiques des Dimond. Même dans cet ultime élan de sain instinct, Jérémy était allé trop loin dans l’erreur. Lorsque cet abbé lui indiqua d’aller voir l’évêque Scharf, lui est son ami furent d’abord très contents d’apprendre qu’un évêque adhérait au dimondisme. Or, nous savons que Mgr. Scharf n’adhère pas du tout à ces doctrines, ni au feeneyisme. Cette découverte, selon les dires de Jeremy, le plongea dans un grand désarroi. Oui, Dieu, dans Son ineffable sagesse, n’a pas permis qu’un seul des derniers évêques professant toute la foi catholique, ne succombe à l’hérésie dimondiste. C’est que Dieu a des projets pour Son Eglise, qui est indéfectible, et dont l’Alliance éternelle ne peut se rompre. La papauté reviendra, mais qui sera digne de voir ce jour, alors que nous approchons de 70 ans d’exil ? Ceci en dit long sur le parcours terrible de Jeremy, qui, par désespoir, en vint à renier les bribes de vérité qu’il avait néanmoins acquises chez les Dimond, à savoir la foi catholique et le constat de la vacance du siège. Il est resté parasité, jusqu’au bout, par leurs pratiques et croyances erronées, et cela lui coute cher. Il suffit d’une goutte de poison, dit le pape Léon XIII, pour infecter toute la doctrine. Mais il est vrai, comme nous l’avons dit, que le Dimond, dans leur suffisance, leur esprit étriqué, leur manque de charité et leur prétention sans borne, n’ont jamais produit de réflexion sérieuse quant à l’avenir de l’Eglise et de la papauté, sinon d’empoisonner l’air avec leurs pseudo-prophéties apocalyptiques, qui, comme l’a bien dit Jeremy, leur permettait certainement de justifier l’exception et l’indiscipline en permanence, et d’imposer ainsi une pression psychologique sur leurs ouailles impressionnables. Or, de notre côté, nous sédévacantistes, n’avons cessé de prier pour que le châtiment cesse et pour trouver les moyens de restaurer la papauté. Certes, tous ne sont pas d’accord sur l’issue, mais qui peut prétendre connaitre l’avenir ? Qui peut s’imaginer que face à une telle situation, des débats n’émergent pas pour comprendre comment en sortir ? Aussi, j’ai toujours été surpris de voir que les Dimond, toujours si prompts à esquisser des théories folles et à se servir indument de la Sainte Écriture pour justifier leurs bêtises, n’avaient jamais remarqué que beaucoup de réponses se trouvent dans le livre des Maccabées. De même, par leur mépris des grands théologiens et exégètes catholiques, tous catalogués par eux comme hérétiques, ils n’ont jamais remarqué que la situation de l’Eglise depuis 1958, fut tout à fait perçue et comprise, prophétisée correctement par de très illustres prélats, tels que le Cardinal Manning, tels que Saint Jean Bosco, tels que le père Sylvester Berry ou encore Mgr. Fulton J. Sheen. En bref, les Dimond ont prouvé leur incompétence et par leur faute, ils ont causé le trouble chez Jérémy, et sans doute bien d’autres.

Hélas, nous sommes inquiets pour Jéremy. Il semble encore marqué par une certaine imprudence, une certaine naïveté ou une certaine indiscipline primesautière. A entendre sa vidéo, Jay Dyer semble pour lui avoir désormais remplacé les frères Dimond. Nous craignons qu’il ait remplacé deux imposteurs, par deux autres. Qu’il ait substitué une secte pour une autre, quelle que soit l’autocéphalie qu’il voudra rejoindre. Il cite Jay Dyer des dizaines de fois comme son nouvel exemple, comme le pape ou le directeur de conscience qu’il n’a jamais eu. Nous sommes là encore dans le fidéisme virtuel. Au moins affirme-t-il qu’il est joyeux de pouvoir entrevoir la possibilité d’une vie communautaire et liturgique. Quel drame, mes frères. Pourquoi ne nous a-t-il pas rejoints, là où il aurait eu tout ce dont il avait besoin ? Le voici déjà en route pour succomber au sensualisme et aux illusions des sectes schismatiques, que certains d’entre nous connaissent bien. Jérémy, par ses talents de monteur et de narrateur, aurait été si utile à cette insigne croisade de la foi catholique ! Hélas, nous l’avons vu, le traumatisme a été profond et il est étonnant de voir une si belle intelligence, avoir été exploitée et emprisonnée tant d’années, et maintenant qu’elle aurait pu retrouver l’Eglise, elle ne cherche qu’à s’enfermer à nouveau, cette fois ci, dans une prison pleine de dorures et d’illusions. Derrière les épais nuages d’encens des schismatiques, se cachent les séquelles de 1000 ans de schisme, et des aberrations dont ce pauvre homme n’a pas encore idée. Nous ne doutons pas que, s’il s’obstine dans cette entreprise, Jeremy découvrira à nouveau la réalité sombre d’un mirage éblouissant. Hélas, une nouvelle désillusion risquerait alors fort de le faire basculer dans quelque chose de pire encore.

En attendant, nous lui faisons parvenir ce propos pour l’exhorter à revenir à ses sens, à faire introspection, à reconsidérer tout son parcours et surtout tout ce que nous avons pris la peine de lui écrire dans un esprit de charité et de fraternité. Jeremy nous a indiqué, dans sa vidéo, que son ami Boris lui dit à un moment donné : « Tu es trop intellectuel ». Son ami a eu peut être une sage remarque. Comprenez-bien, il est une bonne chose de faire fonctionner son intellect, l’âme, la raison, étant tout de même le plus miséricordieux des dons que l’Eternel a fait à l’homme. L’intellect sert aux bonnes choses. Or, il peut aussi servir de mauvaises choses, à cause des mauvaises inclinaisons de l’homme marqué de la faute originelle. L’intellect a donné tant de grands et saints docteurs à l’Eglise. Mais beaucoup d’hérétiques et de mauvais philosophes, dans tous les temps, étaient eux aussi des gens très intelligents. Ainsi, on oublie trop souvent la disposition du caractère dans cette sorte de phénomènes, pour le mieux ou pour le pire. Il y a donc des gens qui, dirait-on vulgairement, « réfléchissent trop ». C’est-à-dire qu’il leur manque quelque part, une certaine mesure. Or, je crois que c’est là, l’une des explications de l’erreur de beaucoup de gens semblables à ce qu’était Jérémy lorsqu’il était un dimondiste radical, lorsqu’il nous traitait d’hérétiques, lorsqu’il refusait de rejoindre la communauté des catholiques et lorsque, dans le même temps, il expliquait que le problème de l’una cum, était un faux problème. L’intelligence de Jérémy est certainement grande, cela ne l’a pas empêchée de faire preuve d’immodération en bien des occasions. La négation du baptême de désir en est l’exemple parfait. Quel catholique peut croire que le catéchumène qui, le cœur brulant, en parfaite contrition, se rendant pour recevoir le baptême, et mourant une minute avant d’avoir franchi le pas de l’église, par accident ou autre malheur, irait immédiatement en enfer ? Une telle vision matérialiste d’un si auguste sacrement, insulte la justice infinie du Très-Haut et la raison elle-même. Mais c’est bien là l’erreur absurde et impie que le Père Feeney a formulée et qu’ont propagé les Dimond. Nous, catholiques de constat sédévacantiste, sur ces questions, n’avons jamais rien fait d’autre que de suivre l’Eglise. Nous ne faisons rien d’autre que d’être catholiques, et rien d’autre que catholiques. Les dimondistes, en revanche, se sont opposés à toute l’Eglise, en des temps si compliqués, en préférant suivre un prêtre excommunié par le dernier pape connu, et deux faux moines fanatiques. La sagesse et le jugement divins sont des choses complexes, que l’intellect de l’homme ne peut approcher que jusqu’à un certain point, le reste fait partie des Mystères. Mais parce que Dieu n’est pas le démiurge anarchiste adopté explicitement ou implicitement par la plupart des hérétiques, Il a établi une Eglise, une, sainte, catholique et apostolique, en laquelle nous pouvons avoir entièrement confiance. L’ami de Jerémy lui a dit : « tu es trop intellectuel ». Nous trouvons ce jugement incomplet. Nous voudrions dire à Jérémy qu’il a manqué de mesure.

Je vous le dis, il est plus aisé pour un chameau d’entrer par le trou d’une aiguille, que pour un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. – Matthieu 19 ; 24

Donnez, et l’on vous donnera : on versera dans votre sein une bonne mesure, pressée, tassée, débordante; car avec la mesure dont vous mesurez il vous sera mesuré en retour. – Luc 6 ; 38

Guillaume Al-Masihi.

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