Le 30 novembre 2019 marquera le cinquantième anniversaire de la mise en place officielle du rite dit « Novus Ordo » de Paul VI, plus généralement connu sous le nom de « nouvelle messe ». A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ignorons si la secte moderniste compte organiser une célébration particulière pour commémorer cet évènement funeste, qui consacra les hérésies de Vatican 2 sous une forme liturgique. Ces dernières semaines, les catholiques du monde entier ont été stupéfaits par les évènements qui eurent lieu au cours du synode moderniste sur l’Amazonie. Beaucoup ont considéré que le culte de l’idole Pachamama auquel participa activement François, constitua une possible réalisation de la prophétie concernant l’abomination dans le lieu saint. Il est peu probable que cela soit vrai. Premièrement parce que, comme nous l’avons rappelé dans de précédents articles, ce n’était pas la première fois que les « papes » de Vatican 2 participaient activement à des rites non catholiques, voire païens, et ce n’était pas la première fois que des idoles païennes furent introduites par ces mêmes « papes » au sein même du Vatican. Le cas de la statue de Bouddha placée sur un autel Novus Ordo lors des journées d’Assises en 1986 est un exemple parmi d’autres. En réalité, beaucoup de catholiques ignorent ce que le terme « abomination de la désolation » désigne réellement. L’enseignement commun des théologiens exégètes traditionnels aidera les uns et les autres à y voir plus clair.


L’abomination dans le lieu saint selon la Sainte Ecriture et l’exégèse traditionnelle

Les passages de l’Ecriture Sainte qui se rapportent explicitement à l’abomination dans le lieu saint sont au nombre de quatre. Ces quatre occurrences sont également en relation directe avec les enseignements contenus dans le Livre de l’Apocalypse. Il s’agit tout d’abord de la prophétie de Daniel dans Daniel 9 ; 26-27 :

Et après soixante-deux semaines, un oint sera retranché, et personne pour lui. Et le peuple d’un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, et sa fin sera dans l’inondation, et jusqu’à la fin il y aura guerre, ce qui est décrété touchant la dévastation. Il conclura une alliance ferme avec un grand nombre pendant une semaine ; et, au milieu de la semaine, il fera cesser le sacrifice et l’oblation, et sur l’aile des abominations viendra un dévastateur, et cela jusqu’à ce que la destruction et ce qui a été décrété se répandent sur le dévasté. – Daniel 9 ; 26-27

On lit également ceci dans Daniel 12 ; 10-12 :

Plusieurs seront élus, et blanchis, et éprouvés par le feu ; les impies agiront avec impiété, et tous les impies ne comprendront pas ; mais ceux qui seront instruits comprendront. A partir du temps où le sacrifice perpétuel aura été aboli, et l’abomination de la désolation établie, il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours. Heureux celui qui attend et qui parvient jusqu’à mille trois cent trente-cinq jours !Daniel 12 ; 10-12

Les prophéties de Daniel concernant l’abomination dans le lieu saint et la cessation du Sacrifice se réalisent en deux temps. Une partie de cette prophétie s’est déjà réalisée au 2e siècle avant Notre Seigneur Jésus Christ, dans le Livre des Macchabées, qui est le dernier livre de l’Ancien Testament. On trouve la réalisation de cette prophétie dans 1 Macchabées 1 et dans 2 Macchabées 6 :

Et le roi envoya des lettres (livres, note), par des messagers, à Jérusalem et à toutes les villes de Juda, afin qu’on y suivît les lois des nations de la terre ; qu’on empêchât d’offrir dans le temple de Dieu des holocaustes, des sacrifices et des oblations expiatoires, et qu’on empêchât de célébrer le sabbat et les fêtes solennelles. […] Le quinzième jour du mois de Casleu, en la cent quarante-cinquième année, le roi Antiochus dressa l’abominable idole de la désolation sur l’autel de Dieu ; et on bâtit des autels dans toutes les villes de Juda, aux alentours. 1 Macchabées 1 ; 46-48, 57

Le roi envoya un certain vieillard d’Antioche, pour forcer les Juifs à abandonner les lois de Dieu et de leur pays, et aussi pour profaner le temple qui était à Jérusalem, et pour l’appeler temple de Jupiter Olympien, et pour appeler celui de Garizim temple de Jupiter l’hospitalier, comme l’étaient ceux qui habitaient en ce lieu. L’invasion des maux fut très mauvaise et dure pour tous ; car le temple était rempli des dissolutions et des festins des Gentils, qui se livraient à l’impudicité avec des courtisanes, et des femmes entraient d’elles-mêmes dans le lieu sacré, y introduisant des choses qui étaient défendues. L’autel aussi était plein de choses illicites, qui étaient prohibées par les lois. – 2 Maccabées 6 ; 1-5

Saint Jean Cassien enseigne que ces événements sont une première réalisation des prophéties de Daniel. Cette prophétie sera réalisa donc une première fois dans l’Ancien Israël. Or, Saint Jean Cassien enseigne également que les événements du Livre des Macchabées sont aussi une préfiguration de choses à venir et que la prophétie de Daniel se réalisera une seconde fois dans le Nouvel Israël, c’est-à-dire l’Eglise, dans les temps antéchristiques.

Ou comme en ce qui concerne «l’abomination de la désolation» qui «se tenait dans le lieu saint», c’est à dire cette idole de Jupiter qui, comme nous le lisons, a été placée dans le temple de Jérusalem, et qui doit à nouveau se tenir dans l’Église par la venue de l’Antéchrist (Daniel 9 ; 27, 2 Macchabées 6 ; 2, Matthieu 24 ; 15) et toutes ces choses qui suivent dans l’évangile, que nous considérons comme ayant été accomplies avant la captivité de Jérusalem et devant toutefois encore se réaliser à la fin de ce monde.Saint Jean Cassien, cité dans C.S. Gibson, Nicene and Post-Nicene Fathers, Second Series, Vol. 11, chapitre IV

Saint Jean Cassien rappelle donc que c’est pour cette raison que le Seigneur Jésus-Christ fit explicitement référence à la prophétie de Daniel dans Matthieu 24 :

Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie dans le lieu saint, que celui qui lit comprenne. Alors que ceux qui sont en Judée s’enfuient dans les montagnes.Matthieu 24 ; 15-16


L’abomination dans le lieu saint par la venue de l’antéchrist désigne précisément trois choses selon l’exégèse traditionnelle

L’abomination dans le lieu saint est un phénomène indissociable de la personne de l’antéchrist et du phénomène de grande apostasie qui arrivera dans les temps antéchristiques.

Que personne ne vous séduise en aucune manière ; car il faut que l’apostasie arrive auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme de péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu, ou qui est adoré, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se faisant lui-même passer pour Dieu.2 Thessaloniciens 2 ; 3-4

Or, selon l’exégèse catholique traditionnelle, l’antéchrist, celui qui s’élève au-dessus de Dieu et qui s’assoit dans le Temple de Dieu, se caractérise sous trois formes :

  • Une fausse église: parce que l’Eglise catholique est le Corps Mystique du Christ, le diable cherche à susciter une imitation, une contrefaçon, qu’on peut appeler corps mystique de l’antéchrist.
  • Un faux pape: car le diable doit nécessairement placer un vicaire pour diriger le corps mystique de l’Antéchrist. Ce ou ces faux papes sont généralement désignés comme les faux pasteurs par les exégètes, suivant Matthieu 24.
  • Des faux sacrements, des faux miracles, une fausse religion: car pour que la tromperie soit complète, il faut évidemment une fausse religion, de faux sacrements et une fausse liturgie, imitant tout ce qui est propre à l’Eglise. Ceci comprend également les fausses apparitions et les faux miracles, particulièrement courants dans les mouvements charismatiques. Ce sont là les « prodiges trompeurs » dont parle l’apôtre dans 2 Thessaloniciens 2.

C’est ce que rappelle et synthétise le Révérend Sylvester Berry, grand théologien exégète, qui écrivait ceci dans les années 1920, commentant le passage de Matthieu 24 cité plus haut et le mettant en rapport avec le Livre de l’Apocalypse :

Les prophéties du Livre de l’Apocalypse montrent que Satan cherchera à imiter l’Eglise du Christ afin de tromper l’humanité. Il érigera une église de Satan en opposition à l’Eglise du Christ. L’Antéchrist s’y présentera dans le rôle du messie, le faux prophète se présentera sous l’apparence d’un pape et l’on verra alors apparaître des imitations des Sacrements de l’Eglise. On verra aussi des prodiges trompeurs, en imitation des véritables miracles de l’Eglise. – Révérend E. Sylvester Berry, The Church of Christ : An Apologetic and Dogmatic Treatise, 1927, p.119

Nous savons avec certitude que les « papes » de Vatican 2, à cause des nombreuses hérésies qu’ils ont enseigné, sont des hérétiques publics, manifestes, pertinaces et formels. De ce fait, suivant l’enseignement du Magistère de l’Eglise, ils ne sont pas les chefs d’un corps dont ils ne sont plus membres. Il en va de même pour la hiérarchie de prélats modernistes qui les ont suivis avec zèle dans leur apostasie. Il en résulte que l’entité dont ils sont chefs, n’est pas et ne peut pas être l’Eglise catholique, mais une secte étrangère, et croyons nous, ce fameux corps mystique de l’antéchrist. Pour affirmer une si grave certitude, nous nous fondons sur l’enseignement pur et simple de la théologie dogmatique et du droit canon, et plus encore, sur l’enseignement du Magistère. En particulier, nous nous fondons sur la bulle du Pape Paul IV, Cum Ex Apostolatus Officio. Dans cette bulle, cet illustre pape enseigne explicitement que tout pontife qui tomberait publiquement dans l’hérésie, serait automatique déchu de sa charge, tout ceci sans qu’aucune déclaration ne soit nécessaire de la part de quiconque. De façon stupéfiante, ce pape justifie explicitement cet enseignement, pour empêcher la catastrophe de la prophétie de Daniel concernant l’abomination dans le lieu saint et l’antéchrist. De fait, le pape Paul IV assimile explicitement l’abomination dans le lieu saint à un faux pape qui usurperait la charge pontificale :

Et, pour que Nous puissions ne jamais voir dans le Lieu-Saint l’abomination de la désolation prédite par le prophète Daniel, Nous voulons, autant que Nous le pourrons avec l’aide de Dieu et selon notre charge Pastorale, capturer les renards occupés à saccager la Vigne du Seigneur et écarter les loups des bergeries, afin de ne pas sembler être comme les chiens muets, impuissants à aboyer, pour ne pas Nous perdre avec les mauvais serviteurs et ne pas être assimilé à un mercenaire. – Pape Paul IV, Cum Ex Apostolatus Officio, n°1

Il s’agit donc là d’une interprétation infaillible des passages de la Sainte Ecriture que nous avons lus plus haut, ainsi qu’une confirmation infaillible de l’exégèse catholique traditionnelle sur la question. Pour mieux s’en convaincre, citons également le pape Nicolas II, qui lui aussi, assimile les faux papes à des antéchrists :

Mais si quelqu’un, contrairement à ce décret Nôtre, promulgué par un vote synodal, se fait élire ou même ordonner et couronner, au moyen de la sédition, de l’impertinence ou de quelque ruse : par l’autorité de Dieu et de celle des saints apôtres Pierre et Paul, il sera considéré comme un antéchrist et comme un intrus et un destructeur de toute la chrétienté, soumis à l’anathème perpétuel, sera banni du seuil de la Sainte Église de Dieu, lui et ses instigateurs, complices et partisans. – Pape Nicolas II, In Nomine Domine

Conformément à tout ceci, l’antipape Paul VI a donc promulgué la fausse religion moderniste de Vatican 2 et il a logiquement mis en place la révolution liturgique qui a conduit à la promulgation de la messe Novus Ordo par la constitution Missale Romanum du 3 avril 1969.


Le Livre des Macchabées préfigure tout ce que l’Eglise a vécu depuis Vatican 2

Avant de revenir sur le rite de Paul VI, il convient à présent de faire remarquer à nos lecteurs quelques détails stupéfiants qui montrent à quel point les prophéties de Daniel, de Matthieu 24 et de 2 Thessaloniciens 2 se réalisent effectivement sous nos yeux, et de voir surtout à quel point les évènements du Livre des Macchabées préfigurent tout ce que nous avons vécu depuis les soixante dernières années. Il y aura beaucoup plus à dire, mais ces quelques précisions permettront au lecteur de mieux comprendre la gravité de l’affaire. Il semble très certain d’affirmer, avec les preuves nombreuses de l’exégèse catholique traditionnelle, que les événements du livre des Macchabées, lesquels sont directement liés, comme on l’a vu, avec les prophéties de Daniel et de Matthieu 24, sont donc également en rapport direct avec les événements que nous avons vécu depuis le début de la révolution moderniste de Vatican 2. Il y aurait de ce point de vue beaucoup à dire, ne serait-ce que sur le fait qu’à l’instar de ce que nous avons vécu ces dernières décennies, le livre des Macchabées enseigne que dans le cours des ravages causés en Judée par le roi Antiochus, une usurpation de l’ancien pontificat, c’est-à-dire de la charge de grand prêtre du Temple, a eu lieu.

Mais, après la mort de Séleucus, Antiochus surnommé Épiphane lui ayant succédé, Jason, frère d’Onias, entreprit d’usurper le souverain pontificat. Dans un entretien avec le roi, il lui promit trois cent soixante talents d’argent et quatre-vingts talents pris sur d’autres revenus. L’hellénisme grandit alors à un tel point, et l’on vit un tel entraînement vers les coutumes étrangères, par suite de l’excessive perversité de Jason, homme impie et nullement grand prêtre, que les prêtres ne montraient plus aucun zèle pour le service de l’autel et que, méprisant le temple et négligeant les sacrifices, ils s’empressaient de prendre part, dans la palestre, aux exercices proscrits par la loi, dés que l’appel à lancer le disque s’était fait entendre. – 2 Maccabées 4 ; 7-8, 13-14

Tous ces événements terribles que nos ancêtres en religion ont eu à souffrir constituent une tribulation qui préfigure la tribulation que nous vivons actuellement et qui fut annoncée par le Seigneur Jésus Christ :

Priez pour que votre fuite n’arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat, car il y aura alors une grande tribulation, telle qu’il n’y en a point eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant, et qu’il n’y en aura plus. Aussitôt après la tribulation de ces jours, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera pas sa clarté, les astres tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlés. – Matthieu 24 ; 20-21, 29

Notez ici que les astres tombant du ciel font directement référence à Apocalypse 12, et prophétisent les clercs qui, par apostasie volontaire ou par tiédeur, se feront les complices de la passion de l’Eglise et sortiront d’elle.

Le dragon est aperçu dans les cieux, lesquels sont ici un symbole de l’Eglise, le royaume des Cieux sur terre. Ceci indique que les premiers troubles, dans ces jours-là, seront initiés par des apostats dans l’Eglise, évêques, prêtres et laïcs, ceux-ci étant figurés par les étoiles tirées par la queue du dragon. La queue du dragon représente l’hypocrisie sournoise avec laquelle il parvient à tromper un grand nombre de gens et d’ecclésiastiques, ceux-ci étant représentés par une troisième partie des étoiles. – Révérend Père E. Sylvester Berry, The Apolcalypse of Saint John, Columbus, 1921, pp. 126-127

Saint Thomas d’Aquin dans la chaîne d’Or, ne manque pas de remarquer les effets concrets de la grande tribulation des Judéens à l’époque des Macchabées. Tout ceci décrit, ou plutôt préfigure avec exactitude les signes de l’antéchrist tels que le Rev. Sylvester Berry les a résumés plus haut.

Il faut noter qu’il y eut une quadruple tribulation, répondant à la quadruple usurpation du Souverain Sacerdoce. La première par Simon… la deuxième par Jason… la troisième par Menelaus… la quatrième par Lysimaque… mentionnée ici : de multiples sacrilèges ayant été commis dans le Temple par Lysimaque… avec l’abolition du rite de la Loi. – Saint Thomas d’Aquin, Expositio in 2 Macchabées 4

Il est montré comment le peuple a été premièrement détourné de l’observance l’égale, et deuxièmement comment il a été conduit à l’idolâtrie… troisièmement comment le Temple a été pollué par la luxure, quatrièmement comment le rite légal a été interrompu…– Saint Thomas d’Aquin, Expositio in 2 Maccabées 6

Il est dit notablement que fut placée dans le Temple une statue de Jupiter (idolum Jovis), et qu’il fut interdit d’accomplir toutes les oblations selon la Loi Mosaïque. Saint Thomas, Expositio in 1 Maccabées 1 ; 22


L’abomination d’Antiochus IV dans le Temple de Jérusalem préfigure l’abomination du rite Novus Ordo de Paul VI

Il convient maintenant de signaler à tous cette chose absolument stupéfiante. Le livre des Macchabées enseigne qu’Antiochus et les faux pontifes mirent en place l’abomination, sous forme rituelle, le 15e jour du mois de Casleu. Le mois de Casleu, dans le calendrier de l’ancienne Loi, correspond à la fin du mois de Novembre.

Le quinzième jour du mois de Casleu, en la cent quarante-cinquième année, le roi Antiochus dressa l’abominable idole de la désolation sur l’autel de Dieu ; et on bâtit des autels dans toutes les villes de Juda, aux alentours ; et on brûlait de l’encens et on sacrifiait devant les portes des maisons et dans les rues ; et on brûla dans le feu les livres de la loi de Dieu, après les avoir déchirés ; et si l’on trouvait chez quelqu’un les livres de l’alliance du Seigneur, et si quelqu’un observait la loi du Seigneur, on l’égorgeait selon l’édit du roi. C’est ainsi qu’ils traitaient, dans leur puissance, le peuple d’Israël, qui se trouvait chaque mois dans les villes. Et le vingt-cinquième jour du mois, ils sacrifiaient sur l’autel qui était vis-à-vis de l’autel du Seigneur. – 1 Macchabées 1 ; 57-62

Or, Paul VI a promulgué le rite Novus Ordo dans la constitution Missale Romanum le 3 avril 1969, correspondant au Jeudi Saint. Dans cette constitution, Paul VI indique que ce nouveau rite devra entrer en vigueur dans toutes les églises, le 30 Novembre de la même année.

Nous ordonnons que les prescriptions de cette Constitution prennent effet le 30 Novembre de cette année, le premier dimanche de l’Avent. Nous souhaitons que nos décrets et nos ordonnances soient fermes et effectives dès aujourd’hui et dans le futur, nonobstant les constitutions et ordonnances apostoliques de nos prédécesseurs, ainsi que d’autres ordonnances, même celles qui méritent une mention et une dérogation particulière. – Paul VI, Constitution Apostolique Missale Romanum

Notez que le livre des Macchabées indique également que pour ce nouveau rite, un autel fut construit « vis-à-vis de l’autel du Seigneur ».

Et le vingt-cinquième jour du mois, ils sacrifiaient sur l’autel qui était vis-à-vis de l’autel du Seigneur. – 1 Macchabées 1 ; 62

Ceci est une stupéfiante préfiguration de l’autel impie introduit par Paul VI dans le rite novus ordo. Il faudrait aussi noter que la religion et les rites introduits par Antiochus et les faux pontifes du Temple consistaient en une sorte de syncrétisme, mêlant paganisme et éléments de l’ancienne loi. Bien que nous n’ayons pas le temps d’entrer à fond dans cette matière, la preuve étant faite, il convenait de noter cette remarquable occurrence typologique. En effet, la religion moderniste, dans ses doctrines et dans ses pratiques liturgiques, n’est pas autre chose qu’un syncrétisme abominable. Et les « papes » de Vatican 2 ont eux-mêmes, à de nombreuses reprises, montré au monde que tel était le cas, par leurs participations régulières à des rites non catholiques et parfois même païens.


L’invalidité du rite Paul VI prouve qu’il ne fut pas un vrai pape et que la secte moderniste n’est pas l’Eglise catholique

Pour qu’un sacrement soit valide, il faut qu’il respecte la forme, la matière et l’intention requise par l’Eglise. Sur le point de la forme, comme de l’intention, une très grande quantité de preuves démontrent incontestablement l’invalidité totale du rite de Paul VI. Nous renvoyons les lecteurs au livre capital du Rev. Anthony Cekada, « Works of Human Hands ». De notre côté, nous avons publié un article dans lequel nous avons opté pour la démonstration la plus directe et la plus simple de l’invalidité certaine du rite de Paul VI, en montrant que l’absence de la formule essentielle « mysterium fidei » dans la forme de consécration du canon de la messe Novus Ordo, suffisait à prouver sans aucun doute son invalidité par défaut de forme et d’intention. Nous renvoyons donc le lecteur à cet article, plutôt que de reproduire la démonstration ici. Il s’agit simplement ici d’insister sur le fait qu’il est absolument impossible que l’Eglise promulgue des rites scandaleux, et encore moins qu’elle promulgue des rites invalides.

Assurément notre pieuse Mère brille d’un éclat sans tache dans les sacrements où elle engendre ses fils et les nourrit; dans la foi qu’elle garde toujours à l’abri de toute atteinte; dans les lois très saintes qu’elle impose à tous et les conseils évangéliques qu’à tous elle propose ; enfin, dans les grâces célestes et les charismes surnaturels par lesquels elle engendre avec une inlassable fécondité des troupes innombrables de martyrs, de confesseurs et de vierges. – Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi

Les sacrements, et notamment la liturgie, est l’expression même, sous forme rituelle, de la foi catholique.

Le culte qui est rendu par elle au Dieu très saint est, comme le dit de façon expressive saint Augustin, une profession continue de foi catholique et un exercice d’espérance et de charité : Fide, spe, caritate colendum Deum, affirme-t-il. (Enchiridion. cap. 3.) Dans la liturgie sacrée, nous professons la foi catholique expressément et ouvertement, non seulement par la célébration des mystères, l’accomplissement du sacrifice, l’administration des sacrements, mais aussi en récitant ou chantant le « Symbole »  de la foi, qui est comme la marque distinctive des chrétiens, et de même en lisant les autres textes, et surtout les Saintes Écritures inspirées par l’Esprit-Saint. Toute la liturgie donc contient la foi catholique, en tant qu’elle atteste publiquement la foi de l’Église. – Pape Pie XII, Mediator Dei

Il est à noter que la prophétie de Daniel ne doit pas être comprise comme si la secte moderniste avait réellement pu faire « cesser le sacrifice et l’oblation » (Daniel 9 ; 26-27). Une telle chose est impossible, comme on le lit chez le saint prophète Malachie. Il faut plutôt entendre que par le cataclysme impie qu’elle a déclenché, la secte moderniste a fait apostasier des millions d’âmes et a rendu très difficile d’accès la vraie messe catholique, la remplaçant presque partout par un rite invalide. D’ailleurs, les précurseurs de l’antéchrist que furent Antiochus et les faux pontifes du Temple ne purent pas eux non plus faire cesser le sacerdoce d’Aaron, car l’ancienne Loi devait perdurer jusqu’à l’avènement du Seigneur Jésus Christ.

Car, du lever du soleil à son coucher, mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu on offre à mon nom de l’encens et une oblation pure, car mon nom est grand parmi les nations, dit Yahweh des armées. – Malachie 1 ; 11

En effet, l’ancienne Loi de nos ancêtres en religion n’était qu’une loi préparatoire, dont l’existence n’était justifiée que par le fait qu’elle annonçait le Messie Jésus Christ et que dans sa liturgie, elle préfigurait le Sacrifice de la Très Sainte Messe. Le Nouvel Israël accompli et universel qu’est l’Eglise catholique est indéfectible. Les portes de l’enfer ne peuvent rien contre elle. C’est pourquoi le sacerdoce éternel de Melchisédech, celui des prêtres de la Nouvelle Alliance, durera jusqu’à la fin des temps et les sacrements également :

Car la Loi n’a rien amené à la perfection, — mais elle a été l’introduction à une meilleure espérance, par laquelle nous avons accès auprès de Dieu. Et comme cela ne s’est point fait sans serment, — car, tandis que les autres ont été établis prêtres sans serment, celui-là l’a été avec serment par celui qui lui a dit : « Le Seigneur l’a juré, et il ne s’en repentira pas : Tu es prêtre pour toujours selon l’ordre de Melchisédech ». Jésus est par cela même le garant d’une alliance supérieure. – Hébreux 7 ; 19-22


Conclusion

Il existe encore quantité d’autres preuves semblables que la secte moderniste n’est pas l’Eglise catholique, mais plutôt le corps mystique de l’antéchrist prophétisé. Toutes ces preuves sont indubitablement fournies par l’Ecriture Sainte, par le Magistère et par l’exégèse catholique traditionnelle. Le lecteur pourra retrouver une synthèse de ces matières qui concernent la Passion de l’Eglise, ainsi que d’autres, dans notre dossier prouvant irréfutablement la réalité de la vacance du siège apostolique et l’usurpation du pontificat par les antipapes de Vatican 2. Pour l’heure, concluons simplement que le rite de Paul VI participe sans aucun doute de cette abomination dressée dans le lieu saint.

Des jeunes taureaux nombreux m’ont environné ; des taureaux gras m’ont assiégé. Ils ont ouvert leur bouche sur Moi, comme un lion ravisseur et rugissant. Je me suis répandu comme de l’eau, et tous Mes os se sont disloqués. Mon cœur est devenu comme de la cire fondue au milieu de mes entrailles. Ma force s’est desséchée comme un tesson, et Ma langue s’est attachée à Mon palais ; et vous m’avez conduit à la poussière du tombeau. Car des chiens nombreux m’ont environné ; une bande (concilium) de scélérats m’a assiégé. Ils ont percé Mes mains et Mes pieds, ils ont compté tous Mes os. Ils M’ont considéré et contemplé. Ils se sont partagé Mes vêtements, et ils ont jeté le sort sur Ma tunique. Mais Vous, Seigneur, n’éloignez pas de Moi Votre secours ; prenez soin de Ma défense. Délivrez, ô Dieu, Mon âme du glaive, et Mon Unique de la main du chien. Sauvez-Moi de la gueule du lion, et sauvez Ma faiblesse des cornes des licornes. J’annoncerai Votre Nom à mes frères ; Je vous louerai au milieu de l’assemblée. Vous qui craignez le Seigneur, louez-Le ; toute la race de Jacob, glorifiez-Le. Psaume 21 ; 13 24