Au nord-est de la Syrie, le long de la zone occupée par la Turquie, les chrétiens du Khabour ne peuvent réellement fêter la Sainte Nativité dans la paix. Après avoir résisté pendant des années à la menace de l’état islamique, les assyriens doivent porter les armes contre la menace turque. Oubliés du conflit, les chrétiens ont massivement dû quitter cette région. Mais une partie considérable d’entre eux a décidé de rester défendre leur terre par les armes.

Avant le début de la guerre en Syrie, en 2011, plus de 20000 chrétiens assyriens, catholiques ou d’autres dénominations, vivaient dans cette région du Khabour. Ils ne sont aujourd’hui plus qu’un gros millier. En 2015, la plupart d’entre eux a dû fuir la zone lors de l’avancée des troupes de Daesh en 2015, dans l’indifférence de la communauté internationale. Mais ces derniers mois, une nouvelle vague d’exil a eu lieu, en raison de l’invasion de la région par des groupes armés soutenus par le gouvernement turc.

Ainsi, depuis octobre 2019, les assyriens du Khabour ont repris les armes, soutenus par le gouvernement syrien du président Bashar Al Assad. Dans une récente enquête de RFI, le reporter Noé Pignède rapporte les propos de Nino, un jeune combattant chrétien de 21 ans, engagé sur le front de Tall Tamer :

Là, il y a des snipers, russes et turcs. La-bas, c’est le régime de Bashar. Et ici, c’est chez nous, les gardes Khabour. Nous nous battrons jusqu’au bout contre les Turcs et ses milices, et nous les vaincrons comme nous avons vaincu Daech. Mais nous sommes fatigués. Je me bats depuis que j’ai 15 ans. Beaucoup de mes amis sont partis à l’étranger. Nous devons rester nous battre pour nos maisons et pour notre peuple.

Le front de Tall Tamer est une sorte de no man’s land où les années de guerre ont laissés derrière elles des villages fantômes et des églises abandonnées. A Om Alkief, ultime village avant la zone sous contrôle turc, on ne compte plus que deux familles chrétiennes. Les 28 autres ont quitté la région. L’un de ces irréductibles chrétiens est une femme, Mme. Touma Moshé, bien décidée à ne pas abandonner sa maison :

Pendant des décennies, nous pouvions vivre notre Foi ici. Normalement, nous aurions dû fêter Noel ! Mais dans le contexte actuel, nous ne pouvons même plus aller à l’église. Depuis la fin de DAESH, la vie avait repris son cours. Le village se préparait à fêter la naissance du Christ, mais soudainement, une nouvelle guerre est arrivée avec ces groupes soutenus par la Turquie. L’histoire se répète. Pour moi, il n’y a aucune différence entre ces gens et DAESH.

Rappelons que depuis 2011, près de 90% des chrétiens du Khabbour ont été contraints de quitter la région. Un véritable ethnocide, dénoncé depuis longtemps par les organisations catholiques comme SOS Chrétiens d’Orient, mais sans trouver le moindre intérêt auprès des gouvernements mécréants d’Occident, qui ont préféré ouvrir l’Europe à l’invasion migratoire qu’ils ont eux-mêmes organisés. Contrairement aux centaines de milliers de clandestins qui sont entrés impunément en Europe, les chrétiens de Syrie, de Jordanie ou d’Irak ont connu les pires vexations pour obtenir le statut de réfugiés en France. Ce n’est que grâce à l’existence d’associations telles que SOS Chrétiens d’Orient que beaucoup de dossiers ont pu être appuyés auprès d’autorités administratives réticentes.

Pendant des années, la propagande médiatique en Europe présentait faussement le gouvernement syrien de Bashar Al Assad comme criminel. En vérité, pendant ce temps, les gouvernements occidentaux de l’alliance atlantiste soutenaient et armaient des groupes rebelles qui n’étaient autres que des groupes islamistes radicaux. De même, l’entité sioniste a admis avoir régulièrement aidé les factions armées d’Al Quïda en Syrie. Abandonnés au milieu de ce désastre, les chrétiens du Moyen Orient n’ont eu d’autre choix que de fuir ou de prendre les armes. Rappelons que si nous, catholiques, étions au pouvoir en France, nous aurions évidemment favorisé le gouvernement syrien et aurions négocié pour la création d’un état chrétien entre Syrie et Irak. Au lieu de cela, la cabbale des gouvernements de l’OTAN cherche à favoriser les factions kurdes communistes et l’émergence d’un état kurde aux ordres. Prions pour nos frères de Syrie, d’Irak, de Jordanie et de Terre Sainte.