Dans un précédent article, nous avons démontré que le Coran ainsi que les théologiens islamiques, reconnaissaient que la Bible chrétienne du temps de Mohammed jusqu’à nos jours, a toujours été parfaitement préservée dans son contenu. Nous avons vu que ce que le Coran et les théologiens islamiques affirment, en revanche, c’est que les chrétiens auraient simplement une interprétation erronée de la « Torah » et de l’Évangile. Selon la théologie islamique, cette incapacité des chrétiens à préserver l’interprétation correcte de leurs Écritures serait la raison pour laquelle « Dieu » aurait suscité le ministère prophétique de Mohammed et la révélation coranique.

En résumé, selon le consensus général des théologiens musulmans anciens et contemporains, la Bible chrétienne a toujours été correctement préservée d’un point de vue physique. Seule l’interprétation chrétienne de la Bible, selon eux, serait erronée.

Or, ceci pose un grave problème pour la cohérence du Coran, puisque, comme nous allons le voir dans cette suite d’articles, si la Bible chrétienne est parfaitement préservée physiquement, comment se fait-il que les dogmes majeurs enseignés dans cette Bible, soient explicitement niés par le Coran ? Comment se fait-il que des évènements historiques absolument capitaux, décrits dans la Bible, soient explicitement niés dans le Coran ?

Pour ce premier article, nous prendrons le cas de la Crucifixion de Jésus-Christ.


Introduction

La crucifixion de Jésus-Christ est le point culminant de la Révélation Biblique. Annoncée par les patriarches et les prophètes des centaines d’années avant, cette Crucifixion est l’accomplissement du plan de rédemption voulu de toute éternité par le Créateur, afin de relever l’humanité des chaines de l’idolâtrie et du péché originel, et afin de restaurer l’universalité de la religion sur toute la terre, comme au Commencement. Avec la Création elle-même, la Crucifixion est le plus grand acte d’amour de Dieu : Il donne Son Fils en sacrifice pour racheter les péchés du monde.

Au-delà du sens théologique et mystique de cet épisode central de la Révélation, la Crucifixion de Jésus Christ est également l’un des faits les mieux attestés de l’histoire antique. En effet, en plus du rapport qui en est fait dans le Nouveau Testament, la crucifixion de Jésus Christ est également attestée par des historiens contemporains, aussi bien Juifs que païens, c’est-à-dire des historiens étaient indifférents, voire hostiles au christianisme.

Or, il s’avère que le Coran nie explicitement et formellement que Jésus-Christ ait été crucifié. C’est en effet ce qu’on lit dans la sourate 4 (An-Nisa) au verset 157 :

Et à cause leur parole: « Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d’Allah »… Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié; mais ce n’était qu’un faux semblant! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l’incertitude: ils n’en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l’ont certainement pas tué.Coran 4 ; 157 (Hamidullah)

Le problème dans ce passage est l’ayah « …mais ce n’était qu’un faux semblant » : cette phrase sous-entend qu’un phénomène surnaturel, qu’une sorte d’illusion a trompé les témoins de l’évènement et donc, que la crucifixion du vrai Jésus Christ n’a pas eu lieu. Un autre problème de ce passage est le fait que le Coran nie donc également que Jésus-Christ soit réellement et physiquement mort sur la Croix, alors que l’Evangile nous indique clairement le contraire. En conséquence de quoi, on voit ici que le Coran nie non seulement la Crucifixion, mais également la mort physique et donc la résurrection glorieuse de Jésus-Christ. Au final, en niant la Crucifixion, le Coran nie tous les détails qui entourent ce que nous, catholiques, appelons la Passion du Christ. Toutefois, nous nous concentrerons ici uniquement sur le problème qui nous occupe, à savoir la négation de la crucifixion dans ce passage du Coran.

Enseignement de la tradition islamique et des théologiens musulmans sur la Crucifixion

Ironiquement, tandis que le Coran prétend que « ceux qui ont discuté sur son sujet [de la crucifixion, ndlr] sont vraiment dans l’incertitude », il semble plutôt que ce sont bien les musulmans qui se trouvent dans la plus complète confusion. Avant de donner les nombreuses preuves révélées et historiques de la crucifixion de Jésus-Christ, il nous faut donc résumer brièvement les diverses opinions des théologiens musulmans anciens et modernes sur la question.

Tout d’abord, le célèbre théologien musulman Mahmoud M. Ayoub signale que les premiers musulmans ne doutaient pas que Jésus fut bel et bien mort, mais ils avaient néanmoins des versions très particulières et assez divergentes sur la question :

Cette opinion selon laquelle Dieu a causé la mort de Jésus est rapportée par l’autorité d’Ibn Abbas et de Wahb bin Munabbih, qui ont dit : « Dieu a fait en sorte que Jésus mourut pendant trois heures pendant la journée, durée pendant laquelle Il le fit monter vers Lui ». Ibn Ishaq rapporte de façon erronée que « les chrétiens prétendent que Dieu a fait en sorte que Jésus mourut pendant sept heures, après quoi Il le ramena à la vie ».Mahmoud M. Ayoub, The Quran and its interpreters, volume 2, University of New York, Albany, 1992, p. 169

Ensuite, Ayoub note que si le Coran et les traditions islamiques contestent en effet la crucifixion et ses implications théologiques, « les commentateurs, en revanche, ont des opinions divergentes en ce qui concerne le mot mutawaffik (Coran 3 ; 55). Ils divergent également concernant l’identité de ceux qui ont suivi Jésus et de ceux qui ont rejeté la foi » (ibid, p.169).

On trouve dans les hadiths, des explications très diverses et dans tous les cas, absolument contraires à l’évidence des Evangiles, concernant la mort de Jésus. On voit néanmoins que ce sujet a animé les controverses dès les débuts de l’islam et que cette question fonde l’idée selon laquelle le Coran aurait été révélé pour « restaurer » le vrai message de « Jésus ». Le hadith suivant reprend la thèse de la substitution de Jésus Christ et prétend qu’un homme aurait volontairement pris sa place et son apparence sur la croix :

D’après Sa’id Ibn Joubayr, ‘Abdallah Ibn ‘Abbas a dit: « Lorsque Allah a voulu élever ‘Issa dans le ciel, il est sorti vers ses compagnons alors que de l’eau coulait sur sa tête. Il y avait dans la maison douze hommes. Il a dit : « Lequel d’entre vous accepte de prendre mon apparence ? Il sera donc tué à ma place et sera avec moi dans le paradis ». Un jeune homme, parmi les plus jeune d’entre eux, s’est levé mais ‘Issa lui a dit : Assieds-toi. Puis il leur a redit la même chose, le jeune homme s’est levé et ‘Issa lui a redit : Assieds-toi. Puis il leur a redit la même chose, le jeune homme s’est levé et a dit : Moi. ‘Issa a dit : Oui ce sera toi. Alors il lui a été donné l’apparence de ‘Issa et ‘Issa a été élevé vers le ciel depuis une ouverture de la maison. Alors le garde parmi les juifs est venu, ils ont pris le jeune car il avait l’apparence de ‘Issa. Ils l’ont tué puis l’ont crucifié. Ils se sont alors divisés en trois groupes :

– un groupe qui a dit : Allah était parmi nous le temps qu’Il a voulu puis il est monté vers le ciel. Ceux-ci sont les Ya’qoubiya (Jacobites).

– un groupe qui a dit : Il y avait parmi nous le fils d’Allah puis Allah l’a élevé vers Lui. Ceux-ci sont les Nastouriya (Nestoriens).

– un groupe qui a dit : Il y avait parmi nous le Serviteur d’Allah et Son Envoyé durant la période qu’Il a voulu puis Il l’a élevé vers Lui. Ceux-ci sont les musulmans.

Les deux groupes de mécréants ont pris le dessus sur le groupe des musulmans et les ont tué. L’Islam n’a cessé d’être inexistant jusqu’à ce qu’Allah envoie Muhammad. Alors Allah a envoyé le verset suivant : « Une partie des Bani Israil a cru et une partie des Bani Israil a mécru. Nous avons donc soutenu les croyants contre leurs ennemis et ils furent les vainqueurs- (Coran 61 ; 14) ».Sunan Al Nasai, n°611, cité in Cheikh Salim Hilali, Al Isti’ab Fi Bayan Al Asbab, Volume 3, p. 404

Cette tradition est considérée comme authentique et elle est également rapportée dans le Tafsir d’Ibn Kathir sur Coran 4 ; 157. Ce qui ressort de cette tradition et de cette interprétation coranique, c’est que les évènements autour de la non-crucifixion de « Jésus » auraient été l’occasion d’une scission entre trois groupes de ses adeptes. En plus des Juifs, c’est donc l’ensemble ou au moins une partie de ce groupe de chrétiens qui seraient, selon l’interprétation coranique acceptée, « ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l’incertitude: ils n’en ont aucune connaissance certaine ». Ce détail a son importance, car nous verrons plus loin dans cette étude, que les groupes « chrétiens » qui contestaient la réalité de la crucifixion de Jésus Christ, sous une forme ou une autre, étaient en fait principalement des groupes gnostiques ou des groupes d’hérétiques, adeptes de christologies condamnées par les pères et l’Eglise. Or, ce hadith mentionne justement les jacobites et les nestoriens, deux sectes hérétiques qui étaient principalement présentes au 7e siècle dans les régions de l’Arabie et de la Mésopotamie. Il faut également remarquer que le Sahih Bukhari et le Sahih Muslim sont complètement silencieux sur la crucifixion.

On trouve toutefois plusieurs exégèses islamiques qui traitent de la question, avec des détails variables. Par exemple, on lit dans le Tanwir al Miqbas, c’est-à-dire le tafsir attribué à Ibn Abbas, que « Jésus » aurait été substitué sur la croix par un homme nommé Tatianos ou Titawus. Toutefois, nous éviterons de prendre ce tafsir pour référence, dans la mesure où il est considéré comme peu fiable par la plupart des autorités du monde sunnite. Dans le tafsir Al Jalalayn sur Coran 4 ; 157, qui une source exégétique hautement respectée dans l’islam, on apprend simplement que « Jésus » aurait été substitué sur la croix par un « complice des Juifs » a qui Dieu aurait fait prendre l’apparence.

Dans le Ta’rikh al Rusul wa’l Muluk (Histoire des Prophètes et des Rois) du grand historien musulman du 9e siècle, Al Tabari, on s’aperçoit que ce dernier reprend en très grande partie et relativement précisément le vrai récit évangélique, depuis le dernier Repas, en passant par l’agonie dans le jardin des oliviers, la trahison de Judas, le reniement de Saint Pierre, jusqu’à l’arrestation de Jésus. Même des passages de l’Evangile sont littéralement retranscrits. Toutefois, Tabari, rapportant une tradition passée par « al-Muthanna- Ishaq bin al-Hajjaj, Isma’il bin ‘Abd al-Karim et ‘Abd al-Samad bin Ma’qil- Wahb », écrit ceci :

Ils lui crachèrent dessus et lui jetèrent des épines, jusqu’à ce qu’ils apportent la planche de bois sur laquelle ils voulaient le crucifier. Mais Dieu l’éleva vers lui et ils ne crucifièrent qu’une semblance. The History of Tabari, Volume IV, The Ancient Kingdoms, State of University of New York Press, Albany, 1987, pp. 120

Dans cette tradition, on insiste à plusieurs reprises sur l’illusion de la crucifixion, et « Jésus » lui-même réitère la chose aux saintes femmes qui reviennent pleurer sur le lieu de la crucifixion, en leur assurant que « seule une illusion leur fut montrée ». Toutefois, Tabari reprend la chaine de tradition et rapporte maintenant celle d’Ibn Humayd, d’Ibn Ishaq et de Wahb bin Munabbih al Yaman :

Dieu permit que Jésus, le fils de Marie, mourut à trois heures du jour, puis il l’éleva vers lui. – Ibid. p.121

Mais si Tabari considère ces narrateurs, en particulier Ibn Ishaq, comme étant d’une « impeccable autorité », cette autre tradition, qui vient également d’eux, montre que ces premiers musulmans avaient clairement connaissance de pseudo-évangiles de Matthieu ou d’autres faux évangiles semblables, mélangeant de vrais passages de l’Evangile à des fables ajoutées et de tendance nettement docétistes :

Selon Ibn Humayd, Salamah et Ibn Ishaq : Les chrétiens affirment que Dieu aurait laissé Jésus mort pendant sept heures de la journée avant de le ressusciter en disant, « Descend vers Marie Madeleine, sur sa colline, car personne ne te pleure davantage qu’elle, et personne ne te regrette autant qu’elle. Qu’elle rassemble pour toi les apôtres et les envoie comme prédicateurs de Dieu, car ce n’est pas ce que tu fis ». Dieu le laissa aller vers elle, la colline était emplie de lumière tandis qu’il descendait et elle réunit les apôtres. Jésus les envoya et leur ordonna de dire aux hommes, en son nom, les divins commandements. Puis, Dieu éleva Jésus vers lui, lui donna les ailes d’un ange et le revêtu de lumière. Depuis lors, Jésus ne mangea plus, ni ne but. Il volait avec les anges, autour du trône. Il était à la fois humain et angélique, à la fois céleste et terrestre. Les apôtres se dispersèrent comme convenu. La nuit au cours de laquelle il fut envoyé sur terre est célébrée par les chrétiens avec de l’encens. – Ibid. p. 123

Dans une autre tradition, Tabari rapporte cette fois ci que Jésus fut bien crucifié et mourut sur la croix, bien que les autres détails de l’histoire montrent encore une fois des incohérences énormes avec l’Evangile :

Selon Ibn Humayd, Salamah, Ibn Ishaq : Les apotres furent attaqués, vicieusement exposés au soleil, torturés et humiliés en public. Le roi romain, qui régnait sur eux et qui était un idolâtre, entendit ceci. On lui raconta qu’un homme, parmi les israélites, ses sujets, avait été attaqué et tué. Cet homme leur avait annoncé qu’il était le messager de Dieu. Il réalisa des miracles, ressuscita les morts et soigna la malades. Il créa un oiseau avec de l’argile, souffla dedans et le fit voler, par la permission de Dieu. Il enseigna des choses cachées. Le roi s’exclama : « Mais pourquoi ne m’avez-vous pas informé de cela, ni de lui, ni d’eux ? Si j’avais eu connaissance de cela, je ne les aurais pas laissé avoir main libre sur lui. » Il envoya chercher les apôtres et les arracha des mains des israélites. Il posa des questions aux apôtres à propos de la foi de Jésus et de ce qu’il était advenu de lui. Ils lui dirent, et il embrassa leur foi. Le roi relâcha Sergius et le cacha. Il prit la croix de bois sur laquelle Jésus avait été crucifié, il l’honora et la protégea, car Jésus l’avait touchée. Le roi devint alors un ennemi des israélites, et fit tuer beaucoup d’entre eux. De là, s’éleva le christianisme à Rome. – Ibid, pp.123-124

Nous constatons donc que la tradition islamique est en réalité très confuse sur la crucifixion de Jésus Christ :

  • certains rapports soutiennent la théorie de la substitution, avec plusieurs possibles remplaçants, à savoir Judas, ou bien un homme proche de Jésus ou bien encore un certain Tatianos.
  • D’autres rapports soutenant la théorie de l’illusion.
  • D’autres rapports soutenant que Jésus est réellement mort crucifié, puis fut ressuscité après sept heures. Mais ces rapports sont plus exactement des résumés de ce que pensaient les « chrétiens » que côtoyaient les musulmans cités dans la transmission. Or, nous voyons clairement, à la teneur des récits vus plus haut, que ces « chrétiens » étaient manifestement membres d’une secte adepte d’une christologie hérétique. Les détails étranges rapportés indiquent une fois encore que ces premiers musulmans reprenaient des histoires contenus dans les faux évangiles des 2e-5e siècles.

Dans tous les cas, nous voyons que la confusion la plus totale règne chez les théologiens musulmans sur la question de la crucifixion. D’ailleurs, de nos jours, certains musulmans sunnites se plient aux évidences et acceptent la crucifixion pour un fait réel. C’est notamment le cas de l’apologiste Karim Al Hanifi, qui a reçu des critiques très négatives de la part de sa communauté à la suite de cet aveu. D’autres apologistes musulmans modernes, comme Ahmed Deedat ou Shabir Ally, qui ont souvent utilisé cette thématique dans leurs exercices, admettent la « théorie de la pamoison » : selon eux, Jésus fut vraiment crucifié, mais ne mourut pas. Il tomba dans une sorte d’extase ou de pamoison, et réapparu en pleine santé par la suite. Des sectes islamiques hétérodoxes croient aussi dans cette version. D’autres théologiens musulmans, comme Mohammed Asad, croient carrément qu’aucune crucifixion n’eut lieu et que les différents rapports de la tradition sont de pures légendes.

En bref, contrairement à ce que le Coran affirme, ce sont les musulmans, et non les chrétiens, qui sont dans l’ignorance et la confusion la plus totale, quant à la crucifixion de Jésus Christ.

Nous allons maintenant prouver que la négation de la crucifixion est une erreur absolument capitale du Coran, prouvant qu’il n’est pas une vraie révélation. Pour cela, nous allons tout d’abord nous servir du Nouveau Testament, ensuite de l’Ancien Testament, et enfin des rapports d’historiens non-chrétiens ayant vécu à l’époque de la Crucifixion ou peu de temps après. Nous examinerons ensuite ce que croyaient les chrétiens, c’est-à-dire les catholiques, depuis les temps apostoliques jusqu’à l’époque de Mohammed, sur ce sujet.

Preuves dans le Nouveau Testament

La crucifixion est rapportée dans les quatre évangiles. En fait, avant même que ne survienne la crucifixion elle-même, Jésus-Christ annonça à de très nombreuses reprises à Ses disciples de quelle façon Il allait être mis à mort. Ceci a son importance, car comme nous le verrons dans le prochain paragraphe, la crucifixion fût prophétisée dans l’Ancien Testament.

Or, quand Jésus eut achevé tous ces discours, Il dit à ses disciples : « Vous savez que la Pâque a lieu dans deux jours, et le Fils de l’homme va être livré pour être crucifié ». – Matthieu 26 ; 1-2

Dans l’Evangile de Jean, on lit comment Jésus-Christ, répondant aux pharisiens infidèles, leur prédit de quelle façon ils allaient le mettre à mort et que cet acte allait manifester à tous qu’Il est bien le Messie :

Jésus donc leur dit : « Lorsque vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous connaîtrez qui Je Suis, et que Je ne fais rien de Moi-Même, mais que Je dis ce que Mon Père M’a enseigné ».Jean 8 ; 28

Idem dans l’Evangile de Marc, au chapitre 10, versets 32 à 34, Notre Seigneur Jésus Christ annonce clairement à Ses disciples comment Il sera mis à mort et comment Il ressuscitera au troisième jour, conformément aux prophéties :

Or, ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus marchait devant eux, et ils étaient saisis de stupeur, et ceux qui le suivaient avaient peur. Et, prenant de nouveau les Douze auprès de lui, il se mit à leur dire ce qui devait lui arriver : « Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, et ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux Gentils ; on le bafouera, on crachera sur lui, on le flagellera et on le fera mourir, et, trois jours après, il ressuscitera ».Marc 10 ; 32-34

La crucifixion de Jésus-Christ est le point culminant de Sa divine Passion. Les évangiles ont non seulement décrit les détails de Son arrestation, de Son procès, des moqueries qu’Il a subies, des coups qu’Il a reçus, du portement de la Croix, mais aussi la crucifixion elle-même, et tout ce qui a suivi. La prétention du Coran à nier la Crucifixion revient donc à nier toute la Passion du Seigneur Jésus-Christ. Mais voyons maintenant quelques passages du Nouveau Testament qui racontent avec précision la Crucifixion. Tout d’abord, il y a le procès inique que les Juifs organisèrent contre Jésus Christ :

Or, à chaque fête, il (Ponce Pilate) leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient. Il y avait dans la prison le nommé Barabbas, avec les séditieux, pour un meurtre qu’ils avaient commis dans la sédition. La foule qui venait de monter se mit à réclamer ce qu’il leur accordait toujours. Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? » Il savait, en effet, que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré. Mais les grands prêtres excitèrent la foule pour qu’il leur relâchât plutôt Barabbas. Pilate, reprenant la parole, leur dit : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? » Eux crièrent de nouveau : « Crucifiez-le ! » Pilate leur dit : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Et ils crièrent encore plus fort : « Crucifiez-le ! » Pilate, voulant donner satisfaction à la foule, leur relâcha Barabbas ; et après avoir fait flageller Jésus, il Le remit (aux soldats) pour être crucifié.Marc 15 ; 6-15

Ce passage de l’Evangile prouve clairement que les Juifs réclamèrent la crucifixion et que Ponce Pilate s’exécuta. On lit ensuite le portement de la Croix par Jésus-Christ pendant sa via dolorosa jusqu’au lieu de sa crucifixion :

Et ils prirent Jésus et l’emmenèrent. Jésus, portant Sa croix, arriva hors de la ville au lieu nommé Calvaire, en Hébreu Golgotha. C’est là qu’ils Le crucifièrent, et deux autres avec Lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.Jean 19 ; 17-18

Et ils Le menèrent au lieu (dit) Golgotha, ce qui se traduit : lieu du Crâne. Et ils Lui donnèrent du vin mêlé de myrrhe, mais Il n’en prit pas; et ils Le crucifièrent et se partagèrent Ses vêtements, en les tirant au sort, à qui aurait quelque chose. Il était la troisième heure lorsqu’ils Le crucifièrent. – Marc 15 ; 22-25

Ajoutons que tout Jérusalem était témoin de ces choses, y compris plusieurs disciples et les saintes femmes, en particulier la Très Sainte Vierge Marie :

Or, Il était suivi d’une grande masse du peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Lui. Se tournant vers elles, Jésus dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ». – Luc 23 ; 27-28

Près de la croix de Jésus se tenaient Sa Mère et la sœur de Sa Mère, Marie, femme de Clopas, et Marie-Madeleine. Jésus ayant vu Sa Mère, et auprès d’elle le disciple qu’Il aimait, dit à Sa Mère: « Femme, voilà votre fils ». Ensuite Il dit au disciple : « Voilà votre mère ». Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui.Jean 19 ; 25-27

Les détails de la crucifixion abondent, et l’un d’entre eux est ici particulièrement marquant. En effet, lorsque les soldats romains élevèrent la croix, Ponce Pilate fit apposer au sommet de celle-ci un écriteau rédigé en hébreu, en grec et en latin :

Pilate fit aussi une inscription, et la fit mettre au haut de la croix. Elle portait ces mots : « Jésus de Nazareth, le roi des Juifs ». Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, car le lieu où Jésus avait été crucifié était près de la ville, et l’inscription était en hébreu, en grec et en latin. Or les princes des prêtres des Juifs dirent à Pilate : « Ne mets pas : Le roi des Juifs, mais que Lui- même a dit : Je suis le roi des Juifs ». Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit ». Jean 19 ; 19-22

Ce détail de l’écriteau sur la croix est un remarquable témoignage, car il illustre un autre aspect du dogme biblique de la crucifixion du Messie, que nous analyserons dans la conclusion de cette étude.

Ajoutons enfin que les ennemis de Jésus-Christ, à savoir les pharisiens, étaient eux aussi témoins de toute la scène :

Les passants l’injuriaient en hochant la tête et disant : « Hé ! Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, et descends de la croix ! » De même, les grands prêtres aussi, avec les scribes, se moquaient de lui entre eux et disaient : « Il en a sauvé d’autres, il ne peut se sauver lui-même. Que le Christ, le roi d’Israël, descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous croyions ! » Ceux même qui avaient été crucifiés avec lui l’insultaient. – Marc 15 ; 29-32

Ajoutons encore qu’après Sa résurrection, Jésus Christ retourne auprès des apôtres et leur montre précisément les signes de Sa crucifixion, en particulier à l’apôtre Thomas, qui n’en croyait pas ses yeux :

Or Thomas, l’un des douze, appelé Didyme, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois dans ses mains le trou des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai pas. Huit jours après, les disciples étaient enfermés de nouveau, et Thomas avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées ; et il se tint au milieu d’eux, et dit : La paix soit avec vous ! Ensuite il dit à Thomas : Introduis ton doigt ici, et vois mes mains ; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais fidèle (croyant). Thomas répondit, et lui dit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, Thomas, tu as cru ; heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru !Jean 20 ; 24-29

Nous pourrions encore évoquer toutes les fois où la crucifixion de Jésus Christ est mentionnée, répétée, rappelée dans les autres livres du Nouveau Testament, que ce soit dans les Actes ou dans les Epitres. Nous nous contenterons de donner quelques-unes des très nombreuses références à cet égard.

La crucifixion prophétisée dans l’Ancien Testament

Nous avons donc vu que l’Evangile enseigne clairement que la crucifixion de Jésus Christ fut un éventement réel, physique, et non pas un « faux semblant » comme le prétend le Coran. Et il fallait en effet que cet événement soit réel et physique, tout simplement parce que l’Ancien Testament a prophétisé à de très nombreuses reprises de quelle façon le Messie sera rejeté des juifs apostats, condamné, malmené, brutalisé, injustement condamné, puis crucifié au milieu des malfaiteurs. Ces détails caractéristiques de la passion messianique annoncée par l’Ancien Testament sont d’ailleurs mentionnés avec précision dans les passages évangéliques que nous avons lus plus haut, car les disciples assistaient tout simplement à la réalisation « en direct » des prophéties de l’Ecriture. On lit par exemple dans Marc :

Ils crucifièrent avec lui deux brigands, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche. Ainsi fut accomplie cette parole de l’Ecriture : Et il a été compté parmi les malfaiteurs.Marc 15 ; 27-28

Cette parole est une référence directe à ce passage du 53e chapitre du livre du prophète Esaïe :

C’est pourquoi je lui donnerai sa part parmi les grands; il partagera le butin avec les forts. Parce qu’il a livré son âme à la mort et qu’il a été compté parmi les malfaiteurs ; et lui-même a porté la faute de beaucoup, et il intercédera pour les pécheurs.Esaïe 53 ; 12

Or, précisément, pendant la sainte Cène, avant Son arrestation, Jésus Christ avait une nouvelle fois informé Ses disciples qu’il serait crucifié, faisant explicitement référence à la même prophétie :

Car, je vous le dis, il faut encore que cette Ecriture s’accomplisse en moi : Et il a été compté parmi les malfaiteurs. – Luc 22 ; 37

Le 53e chapitre d’Esaïe est évidemment d’une importance capitale, puisqu’il est le chapitre messianique par excellence, de cette partie de l’Ancien Testament. Comme nous le verrons plus tard, nous verrons que les Juifs talmudiques eux-mêmes sont forcés de reconnaitre que ce chapitre d’Esaïe parle en effet du Messie. Pour le moment, notez simplement que le 53e chapitre d’Esaïe annonce clairement que le Messie sera crucifié :

Mais Lui, Il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix a été sur Lui, et c’est par Ses meurtrissures que nous sommes guéris. – Esaïe 53 ; 5

Notons au passage, que le 53e chapitre d’Esaïe évoque évidemment en puissance le projet de Rédemption qui est intrinsèquement lié au sacrifice sanglant de la Croix :

Vraiment c’était nos maladies qu’il portait, et nos douleurs dont il s’était chargé; et nous, nous le regardions comme un puni, frappé de Dieu et humilié. Le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun de nous suivait sa propre voie ; et Yahweh a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. Il a été enlevé par l’oppression et le jugement, et, parmi ses contemporains, qui a pensé qu’il était retranché de la terre des vivants, que la plaie le frappait à cause des péchés de mon peuple ? Il a plu à Yahweh de le briser par la souffrance; mais quand son âme aura offert le sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et le dessein de Yahweh prospérera dans ses mains. A cause des souffrances de son âme, il verra et se rassasiera. Par sa connaissance le juste, mon Serviteur, justifiera beaucoup d’hommes, et lui-même se chargera de leurs iniquités. C’est pourquoi je lui donnerai sa part parmi les grands; il partagera le butin avec les forts. Parce qu’il a livré son âme à la mort et qu’il a été compté parmi les malfaiteurs ; et lui-même a porté la faute de beaucoup, et il intercédera pour les pécheurs.

Ce chapitre d’Esaïe contient encore beaucoup d’autres passages décrivant les nombreux détails de la Passion du Christ, y compris Sa Résurrection comme on vient de le lire, mais nous avons démontré l’essentiel. Après Sa résurrection, le Christ revient pendant quelques temps parmi les apôtres et leur rappela comment, avant Sa crucifixion, il leur annonça tout ce qu’il allait Lui arriver et comment tout ceci était prophétisé dans la Loi de Moïse, chez les prophètes et dans les Psaumes :

Il leur dit : « C’est bien là ce que je vous ai dit quand j’étais encore avec vous : qu’il fallait que tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes s’accomplît ». Alors il leur ouvrit l’intelligence pour comprendre des Ecritures et il leur dit : « Ainsi il est écrit que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts le troisième jour, et que le repentir pour la rémission des péchés doit être prêché en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Vous êtes témoins de ces choses ».Luc 24 ; 44-48

Ici, donc, le Christ nous informe que tout ce qui Lui est arrivé a été prophétisé dans le Livre de Moïse, c’est-à-dire le Pentateuque ou ce que le Coran appelle la Torah. Or, en effet, la Passion du Messie Jésus Christ est prophétisée, par exemple, dans Deutéronome 32 ; 34-43, qui fait donc partie de ce que le Coran appelle « le Livre de Moise » et que nous examinerons dans un prochain chapitre. Mais citons également un autre passage du Pentateuque prophétisant le Sacrifice sur la Croix du Seigneur Jésus Christ :

Moïse prit la moitié du sang, qu’il mit dans des bassins, et il répandit l’autre moitié sur l’autel. Ayant pris le livre de l’alliance, il le lut en présence du peuple, qui répondit : « Tout ce qu’a dit Yahweh, nous le ferons et nous y obéirons ». Moïse prit le sang et en aspergea le peuple, en disant : « Voici le sang de l’alliance que Yahweh a conclue avec vous sur toutes ces paroles. »Exode 24 ; 6-8

Ce passage est très important, car il montre à la fois la liturgie du rite de l’Ancienne Loi, mais il montre aussi comment ce rite préfigure le Sacrifice du Messie Jésus Christ, ainsi que la messe qu’Il a instituée, et qui est le renouvellement liturgique et non sanglant de Sa Passion sur la Croix. C’est pourquoi, peu avant son arrestation et sa crucifixion, Jésus Christ prit un dernier repas avec ses Apôtres au cours duquel Il prononça ces paroles :

Pendant le repas, Jésus prit du pain et après avoir dit la bénédiction, il le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez et mangez, ceci est mon corps ». Il prit ensuite une coupe et, après avoir rendu grâces, Il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous, car ceci est Mon Sang, le sang de l’alliance, répandu pour beaucoup en rémission des péchés ».Matthieu 26 ; 28

En niant la crucifixion, le Coran trompe les musulmans et les empêchent d’accéder à l’Eternelle Alliance que Jésus-Christ nous a offerte par Sa Passion. Or, l’Ancien Testament prophétise à de nombreuses reprises comment le Messie devra Se livrer à ce sacrifice :

On le maltraite, et lui se soumet et n’ouvre pas la bouche, semblable à l’agneau qu’on mène à la tuerie, et à la brebis muette devant ceux qui la tondent; il n’ouvre point la bouche. – Esaie 53 ; 7

Or, précisément, le prophète Saint Jean Baptiste, voyant Jésus-Christ, l’a clairement désigné ainsi :

Le lendemain, Jean vit Jésus qui venait vers lui, et il dit : « Voici l’agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde. C’est de lui que j’ai dit : un homme vient après moi, qui est passé devant moi, parce qu’il était avant moi. »Jean 1 ; 29-30

Notez que ce passage montre également l’Eternité de Jésus-Christ, et donc Sa divinité. Ce passage de l’Evangile confirme donc l’objet du sacrifice du Messie, à savoir la Rédemption du monde. Notons encore un autre passage du Livre de Moïse, prophétisant le sacrifice du Messie. Dans le 9e chapitre du livre des Nombres, Dieu révèle à Moïse de quelle manière les israélites doivent préparer et célébrer la Pâques, en particulier, comment sera consumé l’agneau pascal :

Ils n’en laisseront rien jusqu’au matin, et ils n’en briseront aucun os. Ils la célébreront selon toutes les ordonnances de la Pâque.Nombres 9 ; 12 (voir également Exode 12 ; 46)

On voit donc que la Loi mosaïque ordonnait de ne brisait aucun os de l’agneau pascal dans l’ancien rite. Or, Jésus Christ étant l’agneau pascal de la Nouvelle et éternelle alliance, qui accomplit les prophéties et les figures de l’ancienne, il s’avère qu’aucun os de Son Corps ne fut brisé durant Sa Passion :

Car ces choses ont été faites, afin que l’Ecriture fût accomplie : Vous ne briserez aucun de ses os. – Jean 19 ; 36

Le Christ nous informe ensuite que Sa Passion fut prophétisée dans les Livres des Prophètes : nous avons cité le 53e chapitre d’Esaïe, mais il nous faut également citer bien d’autres passages chez les prophètes. En particulier, citons le livre de Zacharie, où il est écrit :

Et il arrivera en ce jour-là : Je m’appliquerai à détruire tous les peuples qui viendront contre Jérusalem. Et je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les yeux vers Moi qu’ils ont transpercé. Et ils feront le deuil sur Lui, comme on fait le deuil sur un fils unique; ils pleureront amèrement sur Lui, comme on pleure amèrement sur un premier-né. En ce jour-là, le deuil sera grand à Jérusalem, comme le deuil d’Adadremmon dans la vallée de Mageddo. – Zacharie 12 ; 9-11

En niant la crucifixion de Jésus Christ, le Coran nie à peu près tout ce que l’Ancien et le Nouveau Testament dit à propos du Messie. En particulier, le Coran niera ou ignorera fatalement toutes les prophéties qui annoncent des détails directement liés à la Passion, à la Rédemption ou à la Résurrection de Jésus Christ. Par exemple, le livre de Zacharie prophétise avec précision que le Messie sera trahi contre 30 pièces d’argent :

Je pris ma houlette Grâce et je la brisai, pour rompre mon alliance que j’avais faite avec tous les peuples. Elle fut brisée en ce jour-là, et ainsi les plus misérables du troupeau, qui faisaient cas de moi, connurent que telle était la parole de Yahweh. Et je leur dis : « Si vous le trouvez bon, donnez-moi mon salaire ; sinon, n’en faites rien. » Et ils pesèrent mon salaire, trente sicles d’argent. Et Yahweh me dit : « Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel j’ai été estimé par eux ! » Et je pris les trente sicles d’argent et je les jetai dans la maison de Yahweh, au potier. – Zacharie 11 ; 10-13

Or, c’est exactement ainsi que les choses se sont passées dans le Nouveau Testament, comme on le lit dans l’Evangile de Matthieu, montrant de quelle manière Judas alla trahir Jésus auprès des prêtres du Temple et comment ils fixèrent le prix de cette trahison à 30 pièces d’argent :

Alors l’un des Douze, appelé Judas Iscariote, alla trouver les grands prêtres, et dit : « Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai ? » Et ils lui fixèrent trente pièces d’argent. Depuis ce moment, il cherchait une occasion favorable pour livrer Jésus. – Matthieu 26 ; 14-16

Et dans le chapitre suivant, on lit encore une confirmation de cette prophétie :

Alors Judas, qui l’avait trahi, voyant qu’il était condamné, fut pris de remords et rapporta les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens, disant : « J’ai péché en livrant un sang innocent ». Ils dirent : « Qu’est-ce que cela nous fait ? A toi de voir ! » Alors, ayant jeté les pièces d’argent dans le sanctuaire, il se retira et alla se pendre. Mais les grands prêtres prirent les pièces d’argent et dirent : « Il n’est pas permis de les mettre dans le trésor, puisque c’est le prix du sang ». Et, après avoir pris une délibération, ils achetèrent avec cet argent le champ du potier pour la sépulture des étrangers. C’est pourquoi ce champ fut appelé Champ du sang, et l’est encore aujourd’hui. Alors fut accomplie la parole du prophète Jérémie : Ils ont pris les trente pièces d’argent, prix de Celui qui a été mis à prix, qu’ont mis à prix des enfants d’Israël, et ils les ont données pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’a ordonné. – Matthieu 27 ; 3-10

Ici, le saint rédacteur de l’Evangile mentionne « la parole du prophète Jérémie » que l’on retrouve en effet dans le 32e chapitre du livre de ce prophète :

J’achetai donc d’Hanaméel, fils de mon oncle, le champ qui est à Anathoth, et je lui pesai l’argent : sept sicles (statères), et dix pièces d’argent. – Jérémie 32 ; 9

Le prophète Zacharie fait directement référence à ce passage du livre de Jérémie, lorsqu’il prophétise le prix de la trahison du messie et l’achat du « champ du potier » par les pharisiens avec cet argent. Enfin, dans le 13e chapitre du Livre de Zacharie, on trouve cette autre prophétie concernant la Crucifixion :

Alors on lui dira : Que sont ces plaies au milieu de tes mains ? Et il répondra : J’ai été percé de ces plaies dans la maison de ceux qui m’aimaient. – Zacharie 13 ; 6

Ce passage prophétise les saintes plaies du Seigneur Jésus Christ et fait également allusion au fait qu’Il a montré ces blessures à Ses apôtres, notamment à l’apôtre Thomas, après Sa résurrection. Mais ce passage prophétise aussi le fait que Jésus Christ fut condamné par les chefs des Juifs et crucifié dans la ville Sainte de Jérusalem. Ce passage prophétise également les paroles que Jésus Christ adresse à Judas lors de son arrestation :

Comme Il parlait encore, voici que Judas, l’un des douze, arriva, et avec Lui une foule nombreuse, armée d’épées et de bâtons, envoyée par les princes des prêtres et par les anciens du peuple. Or, celui qui Le trahissait leur avait donné un signe, en disant : Celui que je baiserai, c’est Lui ; saisissez-Le. Et aussitôt, s’approchant de Jésus, il dit : Je Vous salue, Maître. Et il Le baisa. Jésus lui dit : Mon ami, pourquoi es-tu venu ? Alors ils s’avancèrent, mirent les mains sur Jésus, et Le saisirent. – Matthieu 26 ; 47-50

Toujours dans Zacharie 13, le passage suivant se rapporte également aux mêmes évènements décrits dans Matthieu 26 :

Epée, éveille-toi contre mon pasteur (et) contre l’homme qui adhère à Moi, dit le Seigneur des armées ; frappe le pasteur, et les brebis seront dispersées, et je tournerai ma main vers les petits. – Zacharie 13 ; 7

Cette prophétie prouve encore une fois que la Crucifixion est un projet divin connu dans l’Ancien Testament, et qui se réalise dans le nouveau. En effet, juste avant Son arrestation, Jésus Christ avait adressé ces paroles à Ses disciples, annonçant une nouvelle fois Sa proche crucifixion :

Alors Jésus leur dit : Vous serez tous scandalisés cette nuit à Mon sujet. Car il est écrit : Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais, après que Je serai ressuscité, Je vous précéderai en Galilée. – Matthieu 26 ; 31-32

Et en effet, on lit dans ce chapitre de Matthieu qu’après le combat qui avait commencé entre Saint Pierre et les soldats envoyés par les pharisiens, Jésus Christ mit fin à la bagarre en prononçant ces paroles :

Alors Jésus lui dit : « Remets ton glaive à sa place; car toux ceux qui prennent le glaive périront par le glaive. Ou penses-tu que je ne puisse pas recourir à mon Père, qui me fournirait sur l’heure plus de douze légions d’anges ? Comment donc s’accompliraient les Ecritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi ? » En ce même moment Jésus dit aux foules : « Comme contre un brigand, vous êtes sortis avec des glaives et des bâtons pour Me prendre ! Chaque jour J’étais assis dans le temple, où J’enseignais, et vous ne M’avez pas arrêté. Mais tout cela est arrivé afin que fussent accomplies les Ecritures prophétiques. » Alors tous les disciples l’abandonnèrent et prirent la fuite. – Matthieu 26 ; 52-56

Nous voyons donc que l’Ancien Testament a prophétisé tous les détails entourant la crucifixion de Jésus Christ, et que Ce même Jésus Christ a sans cesse indiqué dans l’Evangile que Sa crucifixion serait le signe ultime de Sa messianité. En niant la crucifixion, le Coran prouve que son auteur est en totale contradiction avec l’Ancien et le Nouveau Testament. Nous avons donc vu que, comme Jésus Christ l’a enseigné dans le 24e chapitre de l’Evangile de Luc, à la fois la Torah, mais aussi les prophètes, ont annoncé la crucifixion de Jésus Christ. Il nous reste à voir comment les livres des Psaumes ont également prophétisé cela. L’un des Psaumes les plus explicites en la matière est le Psaume 21, lequel est justement lu pendant la liturgie du Vendredi Saint. C’est à ce titre qu’on l’appelle précisément « Psaume de la Passion ». Ce Psaume décrit avec précision les évènements qui se déroulèrent pendant que Jésus était sur la croix. Par exemple, les versets 7 à 9 décrivent comment le peuple présent lors de la mise à mort du Messie, se moque de lui :

Et moi, je suis un ver, et non un homme, l’opprobre des hommes et le rebut du peuple. Tous ceux qui me voient se moquent de moi ; ils ouvrent les lèvres, ils branlent la tête : « Qu’il s’abandonne à Yahweh ! Qu’il le sauve, qu’il le délivre, puisqu’il l’aime ! » Psaume 21 ; 7-9

Or, c’est précisément ce qu’on lit dans l’Evangile, où l’on voit les pharisiens, le peuple et les soldats romains se moquer de Jésus Christ :

Et les passants Le blasphémaient, branlant la tête, et disant : Allons, Toi qui détruis le temple de Dieu, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-Toi Toi-même ; si Tu es le Fils de Dieu, descends de la croix. Les princes des prêtres se moquaient aussi de Lui, avec les scribes et les anciens, et disaient : Il a sauvé les autres, et Il ne peut Se sauver Lui-même ; s’Il est le Roi d’Israël, qu’Il descende maintenant de la croix, et nous croirons en Lui. Il a confiance en Dieu : que Dieu Le délivre maintenant, s’Il L’aime ; car Il a dit : Je suis le Fils de Dieu. – Matthieu 27 ; 39-43

Dans la suite du Psaume 21, on lit ceci :

Autour de moi sont de nombreux taureaux, les forts de Basan m’environnent. Ils ouvrent contre moi leur gueule, comme un lion qui déchire et rugit. Je suis comme de l’eau qui s’écoule, et tous mes os sont disjoints ; mon cœur est comme de la cire, il se fond dans mes entrailles. Ma force s’est desséchée comme un tesson d’argile, et ma langue s’attache à mon palais ; tu me couches dans la poussière de la mort. Car des chiens m’environnent, une troupe de scélérats rôdent autour de moi; ils ont percé mes pieds et mes mains, je pourrais compter tous mes os. Eux, ils m’observent, ils me contemplent ; ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique. – Psaume 21 ; 13-19

Ce passage est l’un des plus significatifs, tant il décrit de matières capitales pour la foi catholique. Néanmoins, il est aisé de comprendre que ce passage décrit la position de Jésus Christ sur la croix, observant ses bourreaux, ceux qui l’ont condamné et qui se moquent de Lui. Nous nous bornerons ici à faire remarquer au lecteur musulman cette phrase particulière : « ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique ». Là encore, il s’agit d’une autre prophétie très précise des choses qui se réalisent dans le Nouveau Testament, où on lit ceci :

Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une pour chacun d’eux. Ils prirent aussi sa tunique: c’était une tunique sans couture, d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas. Ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera » ; afin que s’accomplît cette parole de l’Écriture : « Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré ma robe au sort ». C’est ce que firent les soldats. – Jean 19 : 23-24

Autre prophétie détaillée dans les Psaumes : le fait que les bourreaux du Messie lui donneront à boire du vinaigre :

Et ils m’ont donné du fiel pour nourriture, et dans ma soif ils m’ont abreuvé de vinaigre. – Psaume 68 ; 22

Et on lit dans l’Evangile :

Après cela, Jésus, sachant que tout était accompli, afin que l’Ecriture fût accomplie, dit : J’ai soif. 29 Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, la fixant à un rameau d’hysope, l’approchèrent de sa bouche. 30 Quand Jésus eut prit le vinaigre, il dit : Tout est accompli. Et inclinant la tête, il rendit l’esprit.Jean 19- ; 28-30

Nous pourrions aussi montrer beaucoup d’autres passages prophétisant la Rédemption, et donc la mort sacrificielle et la Résurrection glorieuse du Messie, évènements indissociables de la Crucifixion, mais nous pensons avoir démontré l’essentiel de cette partie, à savoir que l’Ancien Testament confirme que le Messie devait mourir sur la Croix en rédemption des péchés de l’humanité. Or, le Coran nie la crucifixion, tout en prétendant néanmoins reconnaitre Jésus Christ comme Messie. Le Coran prouve ici être en complète contradiction avec l’Ancien et le Nouveau Testament. Il s’agit d’une nouvelle preuve que le Coran n’est pas de Dieu.

La crucifixion rapportée dans le Talmud

L’Ecriture l’atteste : les ennemis de Dieu trébucheront sans cesse sur la pierre d’achoppement que représente le Messie Jésus Christ, c’est pourquoi on lit dans Deutéronome 32, que Dieu « prendra Ses ennemis pour témoins ». Et les pharisiens furent les témoins les plus coupables de la Crucifixion, puisqu’ils furent à l’origine de la mise à mort du Christ et parce qu’ils étaient censés être les plus capables de reconnaitre en Lui le Messie attendu. Ils sont ainsi devenus des ennemis de Dieu et des réprouvés, chassés de l’Alliance Sainte et éternelle, chassés du Nouvel Israël qu’est l’Eglise catholique. Il se trouve justement que le Talmud témoigne lui aussi de la Crucifixion de Jésus Christ et confirme que ce sont bien les Juifs apostats qui furent responsables de sa condamnation :

Le soir de Pâques, ils ont pendu le corps de Jésus le Nazaréen après l’avoir tué par lapidation. Un crieur alla devant lui pendant quarante jours, proclamant publiquement : Jésus le Nazaréen va être lapidé, car il a pratiqué la sorcellerie, a incité le peuple à l’idolâtrie et a égaré le peuple juif. Quiconque a quelque raison de l’acquitter devra se présenter et exposer ces raisons. Or, la cour ne trouva aucune raison de l’acquitter, et c’est ainsi qu’ils le lapidèrent et qu’ils pendirent son corps le soir du jour de Pâques.Talmud de Babylone, Sanhedrin 43a (Version William Davidson).

Le traité Sanhédrin rapporte de toutes évidences beaucoup de fables et de mensonges, en particulier lorsqu’il s’agit d’attaquer Jésus Christ. Par exemple, ce passage prétend que Jésus Christ fut lapidé, avant d’être crucifié, ce qui est faux. Néanmoins, le Talmud ne peut pas occulter l’essentiel : le Sanhédrin fit bel et bien crucifier Jésus Christ un vendredi de Pâques.

La crucifixion rapportée par les historiens non-chrétiens des 1er et 2e siècles

Le plus ancien rapport historique non-chrétien attestant de la vie et de la crucifixion de Jésus-Christ provient d’une source incontestable et très sérieuse, puisqu’il s’agit de l’historien romain Tacite, qui vécut entre l’an 54 et l’an 119. Dans le quinzième livre des Annales, Tacite écrit la chose suivante :

Aucun moyen humain, ni largesses impériales, ni cérémonies expiatoires ne faisaient taire le cri public qui accusait Néron d’avoir ordonné l’incendie. Pour apaiser ces rumeurs, il offrit d’autres coupables, et fit souffrir les tortures les plus raffinées à une classe d’hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens. Ce nom leur vient de Christ, qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Pontius Pilatus.Tacite, Annales, Livre 15, Chapitre 44, in Œuvres Complètes de Tacite, Traduction de J.L. Burnouf, éditions Hachette, Paris, 1859

L’un des rapports historiques les plus célèbres, attestant de l’existence de Jésus Christ et de Sa crucifixion, est le livre des Antiquité Juives, de l’historien judéen Flavius Josèphe (37 – 97), écrit vers l’an 93. On lit dans le Livre 18, au chapitre 3, la chose suivante :

Vers le même temps vint Jésus, homme sage, si toutefois il faut l’appeler un homme. Car il était un faiseur de miracles et le maître des hommes qui reçoivent avec joie la vérité. Et il attira à lui beaucoup de Juifs et beaucoup de Grecs. C’était le Christ. Et lorsque sur la dénonciation de nos premiers citoyens, Pilate l’eut condamné à la crucifixion, ceux qui l’avaient d’abord chéri ne cessèrent pas de le faire, car il leur apparut trois jours après ressuscité, alors que les prophètes divins avaient annoncé cela et mille autres merveilles à son sujet. Et le groupe appelé d’après lui celui des Chrétiens n’a pas encore disparu.Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, Livre 18, Chapitre 3, traduction de Julien Weill, éditions Ernest Leroux, 1900, Paris

Il existe depuis le 19e siècle diverses controverses d’historiens autour de l’authenticité de certaines parties des Antiquités Juives de Flavius Josèphe. Certains historiens affirment en effet que certains passages auraient été « christianisés » au fil du temps par des auteurs catholiques de l’antiquité tardive. Quoiqu’il en soit, la plupart des historiens s’accordent du moins pour affirmer que les passages en question décrivent néanmoins une réalité authentiquement décrite dans les originaux de Josèphe, à savoir la réalité de la vie de Jésus, et donc de Sa crucifixion.

Nous pouvons encore citer quelques autres ennemis de Dieu qui témoignèrent néanmoins en Sa faveur. Le poète païen grec Lucien Samosate (125-192) évoque ainsi :

Celui qui est honoré en Palestine, où il fut mis en croix pour avoir introduit ce nouveau culte parmi les hommes… Le premier législateur [des chrétiens] les a encore persuadés qu’ils sont tous frères. Dès qu’ils ont une fois changé de culte, ils renoncent aux dieux des Grecs, et adorent le sophiste crucifié dont ils suivent les lois. – Lucien de Samosate, in Mort de Pérégrinus, parag. 11-13

Il existe encore bien d’autres témoignages de contemporains non chrétiens, attestant de la crucifixion du Christ. Mentionnons par exemple le manuscrit syriaque n° 14658 du British Muséum (daté de 73 environ). Il s’agit d’une lettre en syriaque écrite par le philosophe Mara Bar Serapion, et adressée à son fils depuis une cellule de prison :

Quel bénéfice eurent les athéniens pour avoir assassiné Socrate ? La famine et la peste virent sur eux comme une punition de leurs crimes. Quel bénéfice tirèrent les hommes de Samos pour avoir fait brûler Pythagore ? En un instant, leur pays fut couvert de sable. Quel avantage eurent les Juifs à exécuter leur sage roi ? Ce fut peu de temps après cela que leur royaume fut aboli. Dieu vengea avec justice ces trois hommes sages : les athéniens moururent de faim, les Samiens furent engloutis par la mer et les Juifs, défaits et chassés de leur propre royaume, vivent dans la dispersion la plus totale. – Traduit depuis la traduction anglaise in Robert E. Van Voorst, Jesus outside the New Testament : An Introduction to the ancient evidence, Eerdmans Publishing, 2000, pp. 53-55

Mara Bar Serapion était un stoïcien, possiblement de conviction monothéiste, mais il n’était clairement pas chrétien. Quoiqu’il en soit, son témoignage confirme une nouvelle fois que tous, chrétiens et non chrétiens du Ier et du IIe siècle de notre ère, savaient que le Christ fut bien crucifié.

La crucifixion rapportée par les Apôtres

Naturellement, les Actes des Apôtres et les épitres apostoliques, qui constituent la seconde partie du Nouveau Testament, témoignent à de nombreuses reprises de la crucifixion de Jésus Christ :

Hommes Israélites, écoutez ces paroles : Jésus de Nazareth, cet homme approuvé de Dieu parmi vous par les actes de puissance, les prodiges et les miracles que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ; cet homme vous ayant été livré selon le dessein arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez affligé et fait mourir par les mains des méchants. Dieu l’a ressuscité, en dissipant les douleurs du séjour des morts, parce qu’il était impossible qu’il y fût retenu. Car David dit de lui : Je voyais toujours le Seigneur devant moi, parce qu’il est à ma droite, afin que je ne sois pas ébranlé. C’est pourquoi mon cœur s’est réjoui, et ma langue a été dans l’allégresse, et ma chair même reposera avec espérance, car vous ne laisserez pas mon âme dans le séjour des morts, et vous ne permettrez pas que votre Saint voie la corruption. – Actes 2 ; 22-27

Hommes Israélites, pourquoi vous étonnez-vous de cela ? Ou pourquoi nous regardez-vous, comme si c’était par notre vertu ou par notre puissance que nous eussions fait marcher cet homme ? 13 Le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son Fils Jésus, que vous avez livré et renié devant Pilate, quand il jugeait qu’il fallait le relâcher. 14 Mais vous, vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu’on vous accordât la grâce d’un meurtrier ; 15 et vous avez fait mourir l’auteur de la vie, que Dieu a ressuscité d’entre les morts ; ce dont nous sommes témoins. – Actes 3 ; 12-15

Or un ange du Seigneur, s’adressant à Philippe, (lui) dit : « Lève-toi, et va, vers le milieu du jour, sur la route qui descend de Jérusalem à Gaza; elle est déserte. » Il se leva et partit. Et voici qu’un Ethiopien, eunuque, ministre de Candace, reine des Ethiopiens, et surintendant de tout son trésor, venu à Jérusalem pour adorer, s’en retournait, assis sur son char, et lisait le prophète Isaïe. L’Esprit dit à Philippe : « Avance, et tiens-toi près de ce char. » Philippe accourut, l’entendit qui lisait le prophète Isaïe, et dit : « Comprends-tu bien ce que tu lis ? » L’autre dit : « Et comment le pourrais-je, si quelqu’un ne me guide ? » Et il pria Philippe de monter et de s’asseoir avec lui. Or le passage de l’Ecriture qu’il lisait était celui-ci : Comme une brebis, il a été mené à la tuerie; et comme un agneau muet devant celui qui le tond, ainsi il n’ouvre pas la bouche. C’est dans son humiliation que son jugement a été enlevé. Sa génération, qui la racontera ? Car sa vie a été retranchée de la terre. » L’eunuque reprit et dit à Philippe : « Je te prie, de qui le prophète dit-il cela ? Est-ce de lui-même ou de quelque autre? » Alors Philippe, ouvrant la bouche et commençant par ce passage de l’Ecriture, lui annonça la bonne nouvelle de Jésus. – Actes 8 ; 26-35

Dieu a oint de l’Esprit-Saint et de force (sa vertu) Jésus de Nazareth, qui est allé de lieu en lieu en faisant le bien, et en guérissant tous ceux qui étaient opprimés par le diable, parce que Dieu était avec lui. Et nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem, lui qu’ils ont tué en le suspendant au bois. – Actes 10 ; 38-39

Les Juifs exigent des miracles, et les Grecs cherchent la sagesse ; nous, nous prêchons un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les Gentils, mais pour ceux qui sont appelés, soit Juifs, soit Grecs, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui serait folie de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, et ce qui serait faiblesse de Dieu est plus fort que la force des hommes. – 1 Corinthiens 1 ; 22-25

La crucifixion rapportée par les Pères de l’Eglise

Les Pères de l’Eglise sont les grands théologiens catholiques ayant vécu dans les 6 premiers siècles de l’Eglise. On distingue parmi eux les pères apostoliques, appelés ainsi car ils furent les disciples directs des apôtres ou des disciples du Christ. Le témoignage de leur enseignement sera ici utile pour prouver que les chrétiens n’ont évidemment à aucun moment douté que la crucifixion du Christ fut un évènement physique et réel, et non pas une illusion comme le prétend le Coran. Citons tout d’abord Saint Justin Martyr (100-165) qui adressa sa fameuse Apologie à l’empereur Antonin le Pieux vers 150. Il est intéressant de voir que dans ce texte du 2e siècle de notre ère, Saint Justin cite avec exactitude les mêmes passages de l’Ancien Testament que nous avons déjà cités pour non seulement démontrer que Jésus-Christ était vraiment le Messie, mais aussi pour prouver comment la crucifixion était l’un de signes majeurs de ces prophéties.

Et encore, dans un passage différent, le Christ dit par un autre prophète : « Ils ont percé mes pieds et mes mains, ils ont tiré ma robe au sort ». Or, le roi prophète David, qui a dit ces paroles, n’a rien souffert de semblable. C’est Jésus-Christ qui a tendu Ses mains, quand Il fut crucifié par les Juifs contradicteurs, qui prétendaient qu’Il n’était pas le Christ. Comme le prophète l’avait annoncé, ils le tirèrent de côté et d’autre et Le firent assoir sur un trône en lui disant : « Juge-nous ». Cette parole : « Ils ont percé mes mains et mes pieds » signifiait que, sur la croix, ses mains et ses pieds seraient percés de clous. Et après l’avoir crucifié, ils tirèrent sa robe au sort, et ses bourreaux se la partagèrent. Vous pourrez vous assurer que les faits sont véridiques en consultant les actes qui furent enregistrés sous Ponce Pilate.Saint Justin Martyr, Première Apologie, Chapitre 35, Traduction de Louis Pautigny, 1904, pp. 72-73

Saint Irénée de Lyon (130-202) est un autre très illustre père apostolique. Il fut le disciple de Saint Polycarpe (qui était lui-même un disciple de l’apôtre Jean) et il fut le successeur de Saint Pothin, le premier évêque de Lyon. Dans son célèbre traité Contre les Hérésies, Saint Irénée décrit le système de croyances de la secte gnostique des Basilidiens. Or, il s’avère que les Basilidiens, comme le Coran, affirmaient que Jésus ne fut pas vraiment crucifié, mais qu’il opéra une illusion et qu’un autre fut crucifié à sa place. Notez que ce sont exactement les interprétations coraniques selon les hadiths vus précédement :

D’après Basilides…Dieu s’est fait voir sur terre, aux nations, sous l’apparence d’un homme, et il a fait des miracles. Ce n’est pas lui qui a souffert, mais Simon de Cyrène qu’on avait réquisitionné pour porter sa croix; c’est Simon qui…, par erreur, a été crucifié : il avait été transfiguré par le Christ afin qu’on le crût être Jésus ; et c’est Jésus même qui a pris la figure de Simon et qui, restant là, s’est moqué d’eux.Saint Irénée, Contre les Hérésies, Livre 1, Chapitre 5, traduction d’Albert Dufourcq, Librairie Bloud, Paris, 1905

Dans le troisième livre de sa somme, Saint Irénée fait un superbe exposé de la foi chrétienne afin de définitivement réfuter les doctrines gnostiques, et il écrit la chose suivante, confirmant que lui, ainsi que tous les catholiques de son temps, croyaient bien entendu à la crucifixion du Christ :

Ne vous y trompez pas ! Il n’y a qu’un seul et même Jésus-Christ, Fils de Dieu, qui par sa Passion nous a réconciliés avec Dieu, qui est ressuscité d’entre les morts, qui est à la droite du Père. Il est parfait en tout : frappé, il ne rendait pas les coups ; « souffrant, il ne proférait pas de menaces » ; crucifié, il priait son Père de pardonner à ceux qui le clouaient à la croix. Car c’est lui qui nous a vraiment sauvés, lui le Verbe de Dieu, lui le Fils unique issu du Père, le Christ Jésus notre Seigneur. – Ibid, Livre 3, Chapitre 3.

Tertullien (150-220), un autre père de l’Eglise, enseigne ceci dans son Apologétique :

Les docteurs et les chefs de la nation, révoltés contre une doctrine qui les confondait, jaloux d’ailleurs de voir le peuple en foule courir sur ses pas, contraignirent Pilate, gouverneur d’une partie de la Syrie pour les Romains, de l’abandonner à leur haine pour l’immoler sur une croix. Lui-même l’avait prédit. Ce n’est point assez : les prophètes l’avaient annoncé bien des siècles auparavant. Attaché à la croix, il rendit l’âme en poussant un grand cri, et prévint le ministère du bourreau. A l’instant le jour s’éteignit, quoique le soleil ne fût encore que dans son midi. Ceux qui ignoraient que ce phénomène avait été prédit pour la mort du Christ, le prirent pour une éclipse. On l’a nié ensuite, faute d’en connaître la cause. Mais, ouvrez vos archives ! Le prodige s’y trouve consigné. – Tertullien, Apologétique, in Œuvres complètes de Tertullien, Traduction d’Antoine-Eugène Genoud, éditions Louis Vivès, Tome 2, chapitre 21, 1852.

Saint Athanase d’Alexandrie est un père de l’Eglise qui reste fameux pour son combat héroïque contre les contradicteurs païens et contre les sectes hérétiques, en particulier celle des ariens. Comme tous les chrétiens avant et après lui, Saint Athanase croyait évidemment à la crucifixion. Dans son traité contre les Païens, il enseigne :

Car, voici ce que les Gentils (les non-chrétiens) calomnient, voici ce dont ils se moquent et pourquoi ils se moquent de nous, à savoir la Croix du Christ, et c’est pourquoi il nous faut avoir en pitié leur appétit pour le sensationnel, car lorsqu’ils méprisent la croix du Christ, ils ne voient pas que le pouvoir de cette croix a empli le monde entier et que c’est par le pouvoir de cette croix que la connaissance de Dieu nous est rendue manifeste à tous. – Saint Athanase, Contre les Païens, 3.

Enfin, le témoignage suivant est celui de l’un des derniers pères de l’Eglise, à savoir Saint Jean de Damas. Son témoignage est précieux à plus d’un titre : tout d’abord, Saint Jean de Damas est né en 675 et il est mort en 749 : il fut donc un contemporain direct des tout premiers développements de l’islam. Ensuite, Saint Jean de Damas était issu d’une importante famille chrétienne syriaque installée à Damas. Il était le fils de Sarjun Ibn Mansour, lequel était d’abord collecteur d’impôts pour le compte de l’empire romain d’Orient, puis collecteur d’impôts pour les califes omeyades qui capturèrent Damas en 635. Saint Jean lui-même fut pendant un certain temps un fonctionnaire d’état au service d’un grand officier de la cour du califat. Saint Jean de Damas fut donc également un témoin direct et très renseigné des premiers temps de l’islam, ceci d’autant plus qu’il avait longuement étudié les doctrines musulmanes. Dans sa fameuse somme théologique, Saint Jean de Damas enseigne ceci :

Le Coran affirme que les Juifs, ayant eux-mêmes violé la loi, voulaient le crucifier, et après l’avoir arrêté, ils crucifièrent son ombre, mais Christ lui-même, disent-ils, n’a pas été crucifié et n’est pas mort. […]Et bien qu’il (Mohammed) introduisit dans cet écrit beaucoup d’autres absurdités, dont on ne peut que se moquer, il insiste sur le fait que cela lui a été apporté du ciel par Dieu. Quant à nous, nous nous demandons : « Et qui est celui qui peut témoigner que Dieu lui a donné ces écrits ? Et lequel des prophètes a annoncé à l’avance qu’un tel prophète se lèverait ? » Et parce qu’ils sont étonnés et embarrassés, nous leur avons dit que Moïse reçut la Loi au Mont Sinaï à la vue de tout le peuple quand Dieu apparut dans la nuée et dans le feu, dans les ténèbres et dans la tempête; ils sont étonnés de ce que tous les prophètes, en commençant par Moïse, puis ceux qui le suivirent ont prédit la venue du Christ, également le fait que le Christ est Dieu et que le Fils de Dieu viendra en s’incarnant, qu’il sera crucifié, qu’il mourra et qu’il sera le juge des vivants et des morts. – Saint Jean de Damas, De Haeresibus, Chapitre 100, n°3

Nous voyons donc ici que Saint Jean de Damas, théologien catholique ayant vécu au 7e siècle de notre ère, croyait en la Crucifixion. Nous devons alors poser aux musulmans la même question que Saint Jean de Damas leur posait déjà il y a 14 siècles : Qui, dans la Bible, témoigne de la mission prophétique et divine de Mohammed, étant donné que ce dernier a produit une « révélation » qui contredit complètement les principaux dogmes bibliques ?

La crucifixion dans le Magistère de l’Eglise du 1er au 4e siècle

L’une des marques de l’Eglise est l’unité. Cette marque ne peut se trouve dans aucune fausse religion, à commencer par l’islam. En effet, nous voyons que même sur la Crucifixion du Christ, les musulmans divergent : certains se plient à la grotesque négation contenue dans le Coran, quand d’autres se voient contraints de se plier à l’évidence biblique et historique. Mais fondamentalement, aucun musulman ne peut prouver à un autre qu’il a raison, et l’autre tort, car il n’existe aucune unité possible, et donc aucune certitude réelle, dans une fausse révélation. Jésus Christ a instauré une Eglise hiérarchique en la dotant de l’indéfectibilité. Il a placé à la tête de l’Eglise, Saint Pierre et ses successeurs, les papes, en les dotant du charisme d’infaillibilité dans leur enseignement magistériel. Le Magistère est l’interprétation infaillible de l’Ecriture et de la tradition apostolique : les papes ne peuvent pas enseigner l’erreur dans ce magistère. Il est donc important de savoir ce que pensaient les premiers papes de la crucifixion. En tant que chefs de l’Eglise fondée par le Messie Jésus Christ, il faudrait croire, selon le Coran, qu’ils ne croyaient pas dans la réalité de cet évènement. Saint Pierre était le premier pape et il est utile d’apprendre ici aux musulmans que Saint Pierre ne fut institué définitivement à cette charge qu’après la résurrection de Jésus Christ. Quoiqu’il en soit, nous avons déjà cité les paroles de Saint Pierre dans les Actes des Apôtres, un peu plus haut dans le document. Saint Clément Ier, mort en 98, est à la fois le premier père apostolique et le 4e pape de l’histoire de l’Eglise catholique. Il vécut au première siècle et fut formé au contact direct des apôtres. Sa fameuse Lettre aux Corinthiens peut être considérée comme l’un des premiers documents magistériels de l’histoire. Dans ce document, il enseigne :

Considérons attentivement le Sang du Christ, et voyons combien ce sang est précieux pour Dieu qui, ayant été versé pour notre salut, a mis la grâce de la repentance devant le monde entier. Tournons-nous vers chaque âge qui s’est écoulé et apprenons que, de génération en génération, le Seigneur a accordé un lieu de repentance à tous ceux qui seraient convertis à lui. – Saint Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens, Chapitre 7

L’un des plus célèbres actes magistériel de l’Eglise antique est évidemment le Premier Concile de Nicée. Lors de ce concile, le Canon du Crédo prononcé par les Pères du Concile témoigne puissamment de la croyance en la crucifixion. Mais ce Concile fut également l’occasion de l’anathème jeté contre l’hérétique Arius. En particulier, le Concile condamne la croyance arienne selon laquelle Jésus Christ n’a été qu’une créature et qu’Il n’existe pas de toute éternité. En somme, le Concile condamne tous ceux qui nient la divinité de Jésus Christ. Il en ressort que l’islam est fatalement concerné par cette condamnation, près de trois siècles avant son apparition. Mais comme nous l’avons vu, cette condamnation par avance n’a rien de surprenant, étant donné que diverses sectes gnostiques ou « judéo-chrétiennes » entretenaient des hérésies christologiques qui sont clairement reprises par l’auteur du Coran.

A ce titre, le père Barry, dans son article sur l’arianisme dans l’Encyclopédie Catholique, explique qu’il faut plutôt chercher dans la christologie de l’arianisme et de l’islam, l’influence d’un rationalisme néo-platonicien, plutôt que l’influence directe du gnosticisme :

De ces querelles christologiques, le rationaliste en tire avantage afin de remplacer le crédo originel par ses propres inventions. Sa principale prétention est celle-ci : de nier en tout état de cause que Dieu put véritablement avoir un fils, comme Mohammed l’affirma abruptement par la suite : « Dieu n’engendre pas, et Il n’a pas de fils » (Coran 112). Nous avons appris à qualifier cette négation d’unitarisme. […] Ainsi, ce n’est pas vers l’Egypte et ses doctrines mystiques, mais vers la Syrie, là où fleurit l’influence de la logique d’Aristote et de sa tendance au rationalisme, que nous devrions regarder pour trouver le lieu d’origine d’une aberration qui, si elle avait finalement triomphé, aurait anticipé l’islam, en réduisant le Fils Eternel au rang d’un simple prophète, détruisant ainsi la révélation chrétienne.Père William Barry, Catholic Encyclopedia, Volume 1, Robert Appleton, 1907

Néanmoins, l’unitarisme coranique semble bien également avoir une origine gnostique. Quoiqu’il en soit, le Concile de Chalcédoine, tenu en 451, après avoir réaffirmé le Crédo nicéen, condamne les nouvelles hérésies christologiques qui sont apparues depuis le Concile de Nicée. En particulier, le concile condamne les hérésies monophysites d’Eutychès. Dans la lettre d’introduction du concile, le pape Saint Léon le Grand expose longuement les accusations contre la doctrine d’Eutychès et mentionne le fait que cette doctrine conduit potentiellement à la négation les souffrances physiques du Christ :

Dès lors qu’on obscurcit la nature du Corps du Christ, il s’en suit qu’un tel aveuglement conduit à des considérations délirantes, concernant Sa passion. Si Eutychès prétend ne pas croire que la Croix du Seigneur fut une illusion et s’il ne doute pas que la souffrance qu’Il subit pour le salut du monde fut réelle, qu’il admette donc la chair de Celui dont il croit en la mort. – Concile de Chalcédoine, Lettre du Pape Léon Ier

Le Deuxième Concile de Constantinople, convoqué par le pape Vigile Ier en 553, prononça un anathème contre les Trois Chapitres, où on lit la condamnation suivante :

Si quelqu’un ne confesse pas que Notre Seigneur Jésus Christ, qui fut crucifié en son corps humain, est vraiment Dieu, le Seigneur de Gloire et l’un des membres de la Sainte Trinité, qu’il soit anathème. 2e Concile de Constantinople, Canon 10

En bref, tout ceci montre que le Magistère a toujours enseigné la réalité de la Crucifixion, conformément aux Ecritures, mais aussi que l’Eglise a condamné à de nombreuses reprises les sectes gnostiques ou hérétiques qui formulèrent des christologies erronées qui apparaîtront dans le Coran à partir du 7e siècle.

La crucifixion, cause de chute des fausses religions

Nous venons maintenant de démontrer que l’Ancien Testament prophétise la crucifixion du Seigneur Jésus Christ, laquelle se réalise dans le Nouveau, après avoir été annoncée par ce Même Jésus Christ, et rappelée constamment par ses apôtres, puis par les pères de l’Eglise et les papes depuis le 1er siècle jusqu’au siècle de Mohammed. Nous avons également cité des sources historiques, juives et païennes, donc non suspectes de parti pris, qui confirment toutes que Jésus Christ fut effectivement crucifié. Enfin, nous voyons que le Talmud lui-même, admet que Jésus Christ fut crucifié. Nous avons donc prouvé que les chrétiens, mais aussi les ennemis du christianisme, reconnaissaient tous, depuis le 1er siècle jusqu’aux temps de Mohammed, que la crucifixion de Jésus Christ eut réellement lieu. Nous avons donc prouvé qu’en niant la réalité historique de la crucifixion de Jésus Christ, le Coran apparait clairement comme une fausse révélation, non conforme avec la Bible et non conforme avec l’histoire elle-même.

Et le fait que le Coran nie un évènement pourtant aussi universellement admis que la crucifixion de Jésus, est loin d’être anodin. C’est à notre avis, non seulement un indice déterminant l’identité du vrai inspirateur du Coran, mais aussi une nouvelle démonstration de la puissance ineffable de la Parole de Dieu contre tous les négateurs et les falsificateurs. L’Ecriture en témoigne en effet. Dans le Nouveau Testament, Saint Siméon, rencontrant la Sainte Famille, prophétise :

Et Siméon les bénit, et dit à Marie sa mère : Voici que cet enfant est établi pour la ruine et pour la résurrection d’un grand nombre en Israël, et comme un signe qui excitera la contradiction. – Luc 2 ; 34

De même, on lit dans 1 Pierre 2 ; 8 :

C’est pourquoi il est dit dans l’Ecriture : Voici, je mets dans Sion la pierre angulaire choisie, précieuse ; et celui qui aura confiance en elle ne sera pas confondu. Ainsi donc, à vous qui croyez, l’honneur ; mais, pour les incrédules, la pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient, est devenue la tête de l’angle, et une pierre d’achoppement, et une pierre de scandale pour ceux qui se heurtent contre la parole et qui ne croient pas ; ce à quoi ils ont été destinés. – 1 Pierre 2 ; 8

Ces passages du Nouveau Testament s’adressent en particulier aux Juifs infidèles, notamment aux pharisiens, c’est-à-dire aux Juifs qui n’ont pas reconnu Jésus-Christ comme leur Dieu et Messie, malgré toutes les preuves claires qui leur ont été données. Ainsi, les termes de « signe de contradiction », de « rocher » ou de « pierre d’achoppement » (c’est-à-dire une pierre sur laquelle on trébuche) désignent ici le Messie Jésus-Christ, dans Sa Doctrine, dans Sa Vie et dans Sa Passion, laquelle fut l’illustration in vivo de l’apostasie des Juifs qui le rejetèrent et le mirent à mort. Et ces termes ne sont pas pris au hasard : ils sont en relation directe avec les prophéties de l’Ancien Testament, notamment des prophéties messianiques d’Esaïe :

Yahweh des armées, c’est Lui que vous sanctifierez, Lui qui sera votre crainte et votre frayeur. Et Il Sera un sanctuaire; mais aussi une pierre d’achoppement et un rocher de scandale pour les deux maisons d’Israël, un filet et un piège pour les habitants de Jérusalem. – Esaïe 8 ; 13-14

Pour mieux encore comprendre la portée de cette prophétie qui désigne Jésus Christ et qui annonce l’apostasie d’un grand nombre de Juifs qui manqueront de le reconnaitre comme messie, il sera utile de se reporter à la lecture du 32e chapitre du Deutéronome, où on lit les choses suivantes :

Cela n’est-il pas caché près de Moi, scellé dans mes trésors ? A Moi la vengeance et la rétribution, pour le temps où leur pied trébuchera ! Car le jour de leur malheur est proche, et leur destin se précipite. Car Yahweh fera droit à son peuple, et Il se repentira en faveur de ses serviteurs, quand Il verra que leur force est épuisée, et qu’il ne reste plus ni esclave, ni libre. Il dira : « Où sont leurs dieux, le rocher près duquel ils se réfugiaient, ces dieux qui mangeaient la graisse de leurs victimes, qui buvaient le vin de leurs libations ? Qu’ils se lèvent, qu’ils vous secourent qu’ils vous couvrent de leur protection !…Voyez maintenant que c’est Moi, Moi qui suis Dieu, et qu’il n’y a point de Dieu à côté de Moi. C’est Moi qui fais mourir et qui fais vivre ; J’ai blessé, et c’est Moi qui guérirai, et il n’y a personne qui délivre de Ma main. Oui, Je lève Ma main vers le ciel, et Je dis: Je vis éternellement ! Quand J’aiguiserai l’éclair de Mon glaive, et que Ma main saisira le jugement, Je tirerai vengeance de mes ennemis, et Je rendrai à ceux qui Me haïssent. J’enivrerai Mes flèches de sang, et Mon épée se repaîtra de chair : du sang des tués et des captifs, de la tête chevelue de l’ennemi ». Nations, poussez des cris de joie en l’honneur de Son peuple ! Car Yahweh venge le sang de Ses serviteurs, Il tire vengeance de Ses adversaires, et Il fait l’expiation pour Sa terre, pour Son peuple.Deutéronome 32 ; 34-43

Ce passage est de la plus haute importance. Tout d’abord, pour ceux qui en douteraient encore, il montre que les prophéties messianiques se trouvent pour ainsi dire, à chaque page de l’Ancien Testament, y compris dans le Pentateuque, que le Coran désigne par le terme de Torah ou de « Livre de Moïse ». Ensuite, ceci démontre que non seulement les prophètes, mais le Pentateuque aussi, a prophétisé l’apostasie des Juifs, leur rejet du Messie et donc de la vraie religion, mais encore, la Rédemption elle-même, laquelle est directement liée à la Crucifixion de Jésus-Christ. Encore une fois, en niant la crucifixion de Jésus-Christ, le Coran nie le message capital de la Rédemption, le plus grand témoignage de l’Amour de Dieu pour les hommes.

Or, ce passage doit être un avertissement pour les musulmans qui s’obstinent à refuser la conversion au catholicisme. Voyez, chers amis musulmans, ce qui arriva aux Juifs qui mécrurent dans les révélations claires de l’Ancien Testament concernant le Messie Jésus Christ : ils furent rejetés de l’alliance, ils tombèrent fatalement dans l’apostasie, ils furent expulsés du Vrai Israël annoncé et réalisé dans l’Eglise fondée par Jésus Christ. En un mot, par leur obstination, ils trébuchèrent en effet sur cette pierre d’achoppement, sur ce rocher, qui est ce même Jésus Christ, mais qui est dans le même temps Son Corps Mystique, à savoir l’Eglise catholique, fondée sur l’apôtre Pierre et ses successeurs, à qui Jésus Christ confia les clefs et à qui Il conféra l’indéfectibilité et l’infaillibilité. De telle sorte qu’en 2000 ans, aucune fausse religion, aucune secte, qu’elle soit judaïque, islamique, protestante ou maçonnique, n’a rien pu faire pour renverser l’Eglise ou pour réfuter son enseignement. Jésus Christ et Son Eglise, sont une pierre d’achoppement pour le monde impie et ses faux prophètes. Et en niant la crucifixion de Jésus Christ, l’auteur du Coran, lui aussi, a lourdement trébuché, exposant ainsi son vrai visage.

Preuve contradictoire du Coran

Constatons premièrement que le Coran, une fois n’est pas coutume, enseigne des choses très contradictoires concernant la mort de Jésus Christ. Dans la Sourate 19, le Coran fait parler l’enfant « Jésus » :

Je suis vraiment le serviteur d’Allah. Il m’a donné le Livre et m’a désigné Prophète. Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant. – Coran 19 ; 30/33 (Hamidullah)

L’un des arguments rhétoriques des apologistes musulmans pour justifier la négation de la crucifixion dans le Coran est d’affirmer, entre autres, que Dieu n’aurait jamais permis la mort de Jésus-Christ. Or, nous voyons que le Coran fait parler « Jésus » enfant, en le faisant se présenter comme un prophète et évoquant sa naissance, sa mort et sa résurrection. C’est là une autre indication majeure de la nature composite et non révélée du Coran. Clairement, nous voyons ici que ce passage du Coran évoque la mort et la résurrection de Jésus. Or, le récit de la non-crucifixion de Jésus dans la sourate 4 indique que « Jésus » fut immédiatement transporté vivant aux Cieux, sans passer par la mort.

D’ailleurs, dans la même sourate 19, au verset 15, les mêmes paroles sont adressées à Yahya (Saint Jean Baptiste) :

Que la paix soit sur lui le jour où il naquit, le jour où il mourra, et le jour où il sera ressuscité vivant !

Notons d’ailleurs que le fait que le Coran présente un enfant « Jésus » parlant comme un adulte est une autre indication montrant que l’auteur du Coran s’est clairement inspiré des pseudo-évangiles dits « évangile arabe de l’enfance » et « l’évangile selon Saint Thomas ».

Dans traduction française de la version Hamidullah de la sourate 3, au verset 55, on lit que « Dieu » va « mettre fin à la vie terrestre » de Jésus :

(Rappelle-toi) quand Allah dit: « ô Jésus, certes, Je vais mettre fin à ta vie terrestre t’élever vers Moi, te débarrasser de ceux qui n’ont pas cru et mettre jusqu’au Jour de la Résurrection, ceux qui te suivent au-dessus de ceux qui ne croient pas. Puis, c’est vers Moi que sera votre retour, et Je jugerai, entre vous, ce sur quoi vous vous opposiez.

Dans l’arabe du Coran, l’expression « mettre fin à ta vie terrestre » est rendue par le terme mutawaffeeka qui signifie littéralement « je vais causer ta mort ». La racine du verbe « mourir » en arabe étant tuwuffiya (تُوُفِّيَ), le mot wafah (وَفَاة) signifiant « mort ». Un synonyme de ce verbe tuwuffiya est mawt (مَوْت) qui signifie également mort et qui est tiré du verbe mata (مَاتَ‎) qui signifie « mourir ». Or, le verbe mawwata (مَوَّتَ) signifie littéralement « tuer » ou « causer la mort de ». On retrouve d’ailleurs ce champ lexical à de nombreuses reprises dans le Coran et il signifie toujours « mourir » ou « faire mourir » :

Ainsi, dans les versets 2:234, 2:240, 3:193, 4:15, 4:97, 6:61, 7:37, 7:126, 8:50, 10:46, 10:104, 12:101, 13:40, 16:28, 16:32, 16:70, 39:42, 40:67, 40:77, 47:27, tous les traducteurs traduisent le mot wafat par « mort ». Jamais ce terme ne sous-entend un ravissement corporel et non mortel, comme le croient les musulmans convaincus que Jésus Christ ne fut ni mort, ni crucifié, mais directement élevé aux cieux.

D’ailleurs, on voit que de nettes différences de traductions existent entre différentes versions traduites du Coran. Par exemple, chez Yusuf Ali :

De même que chez Muhammad Marmaduke Pickthall, dans sa fameuse traduction de 1930 :

(And remember) when Allah said: O Jesus! Lo! I am gathering thee and causing thee to ascend unto Me, and am cleansing thee of those who disbelieve and am setting those who follow thee above those who disbelieve until the Day of Resurrection. Then unto Me ye will (all) return, and I shall judge between you as to that wherein ye used to differ.

Alors que chez le coraniste Rashad Khalifa, on trouve :

Thus, GOD said, “O Jesus, I am terminating your life, raising you to Me, and ridding you of the disbelievers. I will exalt those who follow you above those who disbelieve, till the Day of Resurrection. Then to Me is the ultimate destiny of all of you, then I will judge among you regarding your disputes.

Mais encore, cette traduction de Rashad Khalifa suit une tendance chez beaucoup de traducteurs à vouloir sous-entendre une simple fin de mission terrestre. A l’inverse, la traduction de l’universitaire indien ahmadiyya Maulana Mohammed Ali s’attache à vouloir respecter à la lettre les termes employés par le Coran :

Maulana Mohammed Ali laisse la note de basse page suivante, concernant la phrase « I will cause thee to die » :

Ibn Abbas affirme que la signification de mutawaffi-ka est mumitu-ka, c’est-à-dire « je vais causer ta mort » (B. 65 : v, 12). Selon LA, « Vous dites tawaffa-hu-llahu lorsque vous voulez dire Allah a pris son âme ou a causé sa mort ». Et selon LL, cela signifie que « Dieu a pris son âme » (soit pendant la mort ou durant le sommeil, voir Coran 6 ; 60) ou que « Dieu a causé sa mort ». Aucun autre sens ne peut être attribué à ces morts lorsqu’ils sont utilisés de la sorte. Certains commentateurs affirment que Jésus demeura mort pendant trois heures, d’autres pendant sept heures, et ainsi de suite. Mais le mot est ici utilisé pour vraiment montrer que les plans des juifs pour causer la mort de Jésus sur la croix seraient contrecarrés et que Jésus mourrait par la suite d’une mort naturelle. La traduction de Pickthall est : « O Jésus, je te rappelle à moi », il s’agit de l’idiome biblique pour signifier la mort. Yusuf Ali, dans sa première édition, a traduit ces mots par « Je vais causer ta mort », mais dans la seconde édition, il changea sa traduction par « Je vais t’emporter ».Maulana Mohammed Ali, The Holy Quran, Arabic Text with English Translation, Commentary and comprehensive Introduction, 2002, p. 153

Bien sûr, les ahmadiyya, en raison de leurs croyances spécifiques, s’attachent tout spécialement à défendre la crucifixion de Jésus Christ. Il n’en reste pas moins que leurs démonstrations linguistiques sont irréfutables. Coran 3 ; 55 affirme clairement que « Dieu » « causera la mort de Jésus » avant de le ramener à lui. Toutefois, des traducteurs musulmans non-ahmadiyya produisent également la traduction correcte du terme mutawaffeeka. C’est le cas par exemple de la traduction de 1920 de Muhammad Asad (Lo! God said: « O Jesus! Verily, I shall cause thee to die, and shall exalt thee unto Me) ou encore dans la version du grand théologien Sunnite Abdul Majid Daryabadi (Recall what time Allah said: O ‘Isa! verily I shall make thee die, and am lifting thee to myself).

Non seulement le Coran contredit toute la Sainte Ecriture et le témoignage même des historiens contemporains du Christ, mais il se contredit lui-même.

Pourquoi le Coran nie la crucifixion ?

Les musulmans, comme les catholiques, devraient se poser la question : pourquoi le Coran nie t-il un évènement aussi capital et aussi universellement reconnu que la Crucifixion du Christ ? La théologie catholique traditionnelle nous enseigne que le Coran a trois sources principales : le talmudisme, le paganisme oriental et les pseudo-évangiles utilisés par les sectes gnostiques. Clairement, c’est de cette dernière source qu’émane la Christologie coranique. Le « Jésus » du Coran n’est pas celui des évangiles, mais bien plutôt celui des sectes pseudo chrétiennes, tels que les docétistes, les basilidiens, les paulicianistes, les ariens, les adoptianistes, etc.

Le Père Arentzen, grand spécialiste des doctrines ésotériques, nous apprend que la secte des docétistes remonte déjà aux temps apostoliques et qu’on lit déjà des condamnations de ces individus dans les épitres du Nouveau Testament. Par exemple, l’apôtre Jean parle ainsi :

Car de nombreux séducteurs se sont répandus dans le monde, qui ne confessent pas Jésus-Christ venu en chair. Ceux-là sont des séducteurs et des Antéchrist..2 Jean 7

Le nom de cette secte vient du mot grec « dokesis » qui signifie « apparence » ou « semblance », car « ils enseignaient que le Christ avait seulement semblé être un homme, être né, avoir vécu ou avoir souffert ». Ainsi, le terme de docétiste est également traduit par celui d’illusionniste, car ces sectaires croyaient que la vie humaine du Christ ne fut qu’une apparence. Le docétisme n’était pas une secte structurée, mais plutôt un courant d’idées qui s’inspirait d’abord des systèmes métaphysiques de la gnose païenne, et qui tenta d’y intégrer des éléments de la révélation chrétienne. Indubitablement, les idées docétistes ont directement ou indirectement influencé un certain nombre de sectes gnostiques ultérieures, en particulier les Valentiniens, les Basilidiens, les Manichéens, les Pauliciens, les Seliciens, les Bogomiles et les Cathares.

Un autre type de secte s’était également développé dès les temps évangéliques : il s’agit des sectes que les pères de l’Eglise nomment communément « ébionites » et que les historiens modernes appellent du nom quelque peu flou de « judéo-chrétiens ». Il s’agissait en somme de ces Juifs qui avaient reconnu Jésus-Christ comme le Messie, mais ne suivaient pas son enseignement, ou du moins l’interprétaient très différemment par rapport aux vrais chrétiens. Au 2e siècle, Saint Justin martyr, dans son « Dialogue avec Tryphon le Juif », distingue deux types de « sectes de Juifs chrétiens qui se sont éloignés de l’Eglise » : il y a ceux qui continuent de suivre les lois mosaïques, mais qui ne les imposent pas aux autres ; et ceux qui continuent de suivre les lois mosaïques et considèrent que ceci est absolument nécessaire au salut ». Saint Irénée enseigne que ces sectes ont des doctrines semblables aux gnostiques Cerinthus et Carpocrate, dans la mesure où les membres de ce courant niaient la divinité de Jésus Christ, ainsi que Sa naissance virginale. Ils s’attachaient à la loi mosaïque et considéraient Saint Paul comme un apostat. En fait, leurs pratiques et croyances évoluent et varient au fil du temps et selon les courants. Origène (Contre Celse, 61), puis Eusèbe (Histoire, Livre 3, Chapitre 27) distinguent eux aussi deux types d’ébionites : certains d’entre eux acceptent désormais la naissance virginale de Jésus Christ, et d’autres la rejettent. De même, certains acceptent désormais l’existence éternelle de Jésus Christ et donc Sa divinité, d’autres n’y croient pas. Comme le père Arendzen l’indique, « il serait très risqué de maintenir que la distinction entre nazaréens et ébionites remonte aux premiers jours du christianisme ». En effet, ces sectes, comme beaucoup d’autres, ont beaucoup varié dans leurs dogmes et pratiques. De plus, « à côté des ébionites strictement judaïques, il exista plus tard un développement gnostique de cette hérésie. Ces ébionites gnostiques différaient largement des principales écoles de pensée gnostiques…mais d’un autre côté, le caractère général de leur doctrine est sans aucun doute gnostique ». Toujours selon le Père Arendzen, ces sectes utilisaient des évangiles falsifiés ou des pseudo-évangiles : notamment un évangile de Matthieu, un pseudo-évangile selon les Hébreux, des « Actes des Apôtres » comprenant une « Ascension de Jacques », un apocryphe nommé « Les Circuits de Pierre », une traduction de l’Ancien Testament (celle de Symmaque l’ébionite), un « livre d’Elchesai » également appelé « Le Pouvoir Caché ».

Le père Arendzen résume ainsi le système de croyance de ces sectes :

Ce système est un vaste amalgame de panthéisme, de dualisme perse, de judaïsme et de christianisme, avec ici et là, quelques similitudes avec la littérature mandéenne…Sur l’histoire de cette secte, peu de choses sont connues. Ils eurent une faible influence dans l’Orient et aucune en Occident, où ils furent connus sous le nom de Symmachianis. Il semble que de petites communautés continuaient à exister du temps de Saint Epiphane dans certains hameaux de Syrie et de Palestine, mais elles étaient perdues dans l’obscurité. Plus à l’est, à Babylone et en Perse, on peut possiblement retrouver leur trace parmi les Mandéens, et il est suggéré par Uhlhorn et d’autres que ces sectes aient eu une responsabilité dans les origines de l’islam. – Père J. Arendzen, Ebionites, in Catholic Encyclopedia, Robert Appleton, 1909

Ce qui est certain, c’est que la christologie du Coran reprend des thèmes qu’on trouve typiquement dans les systèmes de croyances de ces sectes gnostiques ou « judéo-chrétiennes » des six premiers siècles de notre ère. Clairement, le Coran emprunte des récits que l’on trouve à la fois dans l’Evangile de l’enfance selon Thomas et dans l’évangile arabe de l’enfance. Selon le père George Reid dans l’Encyclopédie Catholique de 1909, l’évangile arabe de l’enfance était très populaire dans les sectes nestoriennes de Syrie. Composé avant l’ère islamique, il semble être fondé sur un apocryphe gnostique antérieur, et s’inspire d’histoires trouvées dans « l’Evangile de Thomas » et dans les pseudo Matthieu. Quant à « l’évangile de Thomas », il était déjà connu par les pères de l’Eglise au 2e siècle et tous sont unanimes pour dire que ce pseudo-évangile était une œuvre hérétique, notoirement utilisée par diverses sectes gnostiques, notamment les Naasenes de Syrie et les manichéens.

Nous avons vu chez les pères de l’Eglise du 1er et du 2e siècle que diverses sectes gnostiques niaient la crucifixion et adoptaient la thèse de la substitution, soit avec Judas, soit avec Simon de Cyrène. D’autres écrits gnostiques apocryphes et pseudo-évangéliques nient explicitement la crucifixion physique de Jésus-Christ. C’est notamment le cas du Second Traité du Grand Seth (trouvé à Nag Hammadi et daté du 3e siècle) où on apprend que Jésus n’aurait subi aucune souffrance et qu’il ne serait pas mort en « réalité solide », mais seulement « en apparence, afin que je ne sois pas un sujet de honte pour eux ». Ce récit affirme que c’est Simon qui fut crucifié, que c’est encore un autre qui but le vinaigre sur la croix, que c’est encore un autre qui portait la couronne d’épines.  L’Apocalypse de Pierre est autre texte gnostique notoire, daté du 2e siècle et retrouvé dans la librairie de Nag Hammadi. On y retrouve basiquement le même récit niant la crucifixion, avec une tournure quelque peu différente, puisque le texte montre différents Jésus, sous entendant que le « Jésus » crucifié était un autre individu que le « Jésus » spirituel. Dans « l’évangile de Pierre », un écrit à teneur docétiste daté du 2e siècle, la crucifixion est évoquée, mais la mort de Jésus n’est jamais évoquée : Celui-ci est immédiatement transporté aux cieux.

Quoiqu’il en soit, on voit clairement que la négation de la crucifixion dans le Coran prend la suite d’une longue tradition d’écrits gnostiques et de faux évangiles, qui ont largement circulé en Orient dans les siècles qui ont précédé Mohammed.

A propos de « l’Evangile de Barnabé »

Le soi-disant « évangile de Barnabé » est un pseudo-évangile dont on ne possède aujourd’hui que deux manuscrits datés de la fin du 16e siècle. L’immense majorité des spécialistes considèrent cet « évangile » comme un faux tardif, rédigé dans des milieux musulmans afin de soutenir la cohésion du Coran avec la révélation biblique, mais ayant possiblement repris des éléments narratifs contenus dans d’autres apocryphes plus anciens. Ce faux grossier a néanmoins été présenté comme authentique par un certain nombre d’apologistes musulmans depuis le 17e siècle. Certains apologistes musulmans croient encore fermement dans son authenticité ou du moins l’utilisent pour preuve que le Coran est conforme à l’Evangile.

En effet, ce pseudo-évangile semble être une piètre forgerie destinée à la propagande musulmane contre la Révélation chrétienne. On y répète comme dans le Coran que Jésus Christ est un simple prophète, et non pas Dieu, ni le Fils de Dieu. On y retrouve cité Mohammed à de nombreuses repris, et on y découvre même la chahadha. Et évidemment, on y apprend, comme dans le Coran et dans les sectes gnostiques antiques, que Jésus Christ n’a pas été crucifié, mais que Judas aurait été substitué en prenant ses traits. Il est possible que l’auteur de ce faux à l’époque moderne, se soit inspiré d’un ancien texte docétiste ou ébionite, ou qu’il ait simplement composé à partir de ces systèmes. Hormis le fait que ces affirmations sont en totale contradiction avec les Evangiles, le pseudo-évangile de Barnabé contient d’innombrables anachronismes, contradictions et erreurs géographiques très grossières. Par exemple, on y mentionne des tonneaux, alors que les tonneaux, invention gauloise, étaient complètement inconnus en Judée à l’époque du Christ. Ailleurs, l’auteur du faux décrit alternativement Jésus comme le « Christ », puis comme le Messie, mais fait dire à Jésus : « Je ne suis pas le Messie ». Il existe encore de nombreuses erreurs grotesques dans ce document. En 2012, les médias turcs ont annoncé en grandes pompes la découverte d’une copie de cet « évangile », vieille de 1500 ans, à la suite d’une opération de police dans une cache de receleurs d’art. Or, il s’est rapidement avéré que ce document était un faux et qu’il n’était pas vieux de 1500 ans, mais que son en-tête mentionne : « écrit en l’an 1500 de notre Seigneur ».

Malgré toutes ces preuves, des apologistes musulmans populaires, comme Ahmed Deedat, Zakir Naïk et bien d’autres, continuent de refuser l’évidence de la Crucifixion de Jésus-Christ. La république islamique iranienne a même produit un film blasphématoire en 2007, basé sur les récits du pseudo évangile de Barnabé. De façon intéressante, Ahmed Deedat affirme que « Nous croyons que Dieu a sauvé Jésus-Christ d’une mort honteuse, nu sur une croix ». Et en effet, on lit dans Coran 5 ; 33 que la crucifixion sera le sort réservé à ceux qui « combattent Allah et son messager ». La Sunan Abou Dawoud confirme la chose par différents hadith, notamment l’un d’entre eux où Omar fait crucifier deux assassins à Médine (Livre 2, hadith n°591). Il faut d’ailleurs savoir que, tandis que cette méthode d’exécution courante à l’époque romaine, fut définitivement interdite par Constantin, le premier empereur converti au christianisme, elle est encore pratiquée ou théoriquement applicable dans certains pays musulmans, comme l’Iran.

Or, la crucifixion, c’est précisément cette « cause de scandale » qui fit mécroire les juifs pharisiens, les gnostiques et les « judéo-chrétiens ». Les musulmans, en reprenant les fables gnostiques et talmudiques, ont donc suivi le chemin de la mécréance.

Alors Jésus leur dit : O insensés, dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât ainsi dans sa gloire ? Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les Ecritures, ce qui le concernait. – Luc 24 ; 25-27

Dernière méditation : Musulmans, aimez-vous vraiment Jésus Christ ?

On entend souvent les musulmans contemporains professer leur amour pour Jésus Christ, le considérant même comme un musulman avant l’islam. Pourtant, sauf par mauvaise foi, aucun musulman ne peut ignorer la complète incompatibilité entre la doctrine de Jésus Christ et celle de Mohammed. Nous venons de voir que le Coran nie la crucifixion de Jésus Christ, c’est-à-dire à la fois Sa Passion et la Rédemption prophétisée dans l’Ancien Testament.

Considérez, chers musulmans, à quel point une telle négation est un blasphème incommensurable. Mais surtout, considérez les souffrances inimaginables de Jésus Christ sur la croix et considérez les raisons pour lesquelles il les a subies, c’est-à-dire, selon Ses propres paroles, pour racheter les péchés du monde, pour sauver le genre humain. Considérez une fois encore, que tout ceci fut prophétisé dès les premiers livres de la Genèse.

Posez-vous alors la question : pouvez-vous vraiment prétendre aimer Jésus Christ si vous niez toutes les souffrances qu’Il a subies pour le salut de votre âme ? Voici une histoire qui vous permettra de voir la chose autrement. Il existait une famille qui vivait au bord d’une grande route. L’un des enfants de cette famille se tenait un jour imprudemment seul au bord de cette route. Or, un véhicule hors de contrôle arrive à toute allure sur la route et fonce droit sur l’enfant, qui ne se doute de rien. Le père observe la scène, voit le danger arriver. Il court alors vers l’enfant et le pousse juste à temps pour éviter que le véhicule ne l’écrase. L’enfant est sauvé, mais le père est mort, tué par le véhicule. Il s’est sacrifié par amour pour son enfant. Pendant ce temps, toute la famille, les amis et même les ennemis du père étaient présents et ont assisté à toute la scène. Maintenant, imaginez que cet enfant, ce soit vous, et qu’à la suite de cet évènement, vous disiez à qui veut l’entendre : oui, j’aimais mon père, mais il ne s’est jamais sacrifié pour moi, aucun véhicule ne l’a renversé, il n’est pas mort pour me sauver la vie.

Quel genre d’enfant seriez-vous donc en niant ainsi le sacrifice de votre père ? Pourrez-vous affirmer sérieusement que vous portiez une quelconque estime pour votre père, en niant son sacrifice ?

Ce calice est la nouvelle alliance en Mon Sang, qui sera répandu pour vous. – Luc 22 ; 20