Le vendredi 19 juin 2020, en la fête du Sacré-Cœur, M. l’Abbé Jean-Michel Gleize, FSSPX, donnait une causerie (ou « conférence » dans la bouche de M. l’abbé) intitulée « Faut-il encore prier pour le Pape ? » Vous pouvez l’écouter en cliquant sur ce lien.

Fide Catholica se propose de formuler quelques commentaires à l’égard de plusieurs propos tenus lors de cette causerie. Le plan de l’article privilégiera plutôt une approche « chronologique » que thématique. Ainsi, nous sélectionnerons quelques extraits des propos tenus par l’Abbé Gleize, voire, exceptionnellement, quelques questions de l’assistance – les questions débutent après la quarantième minute – et nous les commenterons.

Enfin, ce billet n’a aucune prétention à l’exhaustivité. Aussi, plusieurs références bibliographiques seront énoncées dans cet article : nous ne pouvons qu’avertir nos lecteurs d’être prudents lors de leur étude.

* * *

Tout d’abord, nous sommes assez d’accord avec le schéma ecclésiologique que propose l’Abbé Gleize, que l’on aperçoit aux alentours de la cinquième minute, concernant les « réponses » ou « solutions » théologiques, que l’Abbé nomme, lui, « réactions », qu’ont formulé différents ecclésiastiques voire, plus rarement, laïcs, à propos de la question du Pape depuis le « concile Vatican II », ainsi que la question de l’Eglise depuis ce même « concile ». Mais nous y ajouterions plusieurs nuances et précisions qui nous semblent très opportunes.

Voici donc notre schéma ecclésiologique :

« Dans le contexte de Vatican II et la crise ecclésiale qui en a découlé, le Pape…

A) Conserve le Pontificat – conserve son Autorité pontificale divinement assistée…

1° … et on doit se soumettre à ses décisions disciplinaires, tout en dénonçant les erreurs doctrinales de son enseignement, et sa responsabilité personnelle : c’est la position de la Contre-Réforme Catholique (CRC) de l’Abbé Georges de Nantes (1924-2010), lequel pensait également que c’était à un concile de déposer un « pape devenu hérétique ». Cette hypothèse est à tout le moins erronée et dangereuse, voyez ce texte de M. Maxence Hecquard ou bien l’étude ecclésiologique exhaustive et synthétique de Griff Ruby, en anglais, Sede Vacante, éditions iUniverse, 2017, deux tomes de 410 et 380 pages, à commander ici ;

2° … mais on n’a pas à se soumettre aux dispositions disciplinaires nouvelles. Il faut transmettre la foi et les sacrements de la foi, contre l’Autorité : c’est la position de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX), sise à Ecône (Suisse), fondée par Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991), lequel croyait que cette position était « prudente » et « pratique », et qu’il fallait prier pour la « conversion du Pape ». Mais cette hypothèse est à tout le moins erronée et dangereuse, voyez ces études : La crise de l’Autorité dans l’Eglise, Les papes de Vatican II sont-ils légitimes ?, M. Maxence Hecquard, éditions Pierre Guillaume de Roux, 2018, 319 pages, à commander ici ou encore Petit catalogue des principales oppositions de la FSSPX avec la doctrine catholique ou Bérézina doctrinale du Lefebvrisme, Abbé Vincent-Marie Zins, éditions Sub Tuum Praesidium, 2002, Saint-Léger-en-Charnie, 169 pages (à commander directement à l’auteur – nous contacter si vous êtes intéressé : fidecatholica[arobase]gmail.com) ou enfin l’étude ecclésiologique exhaustive et synthétique de Griff Ruby, en anglais, Sede Vacante, éditions iUniverse, 2017, deux tomes de 410 et 380 pages, à commander ici ;

B) Ne conserve pas le Pontificat – n’a plus son Autorité pontificale divinement assistée…

1° … et il est déposé de sa charge, par le fait même de son hérésie personnelle : c’est le « sédévacantisme » : cette hypothèse est étudiée en profondeur par l’étude de Griff Ruby déjà susmentionnée. – ce constat est soutenu par la théologie catholique face aux faits publiques, notoires et manifestes depuis « Vatican II ». Cependant, s’il ne se tient qu’en un constat repoussant l’inéluctable – puisque logique et cohérente – conclusion de la nécessité de l’élection du pape, il risque de devenir contradictoire et erroné (nous dirions même « toxique »), ecclésiologiquement et en pratique ;

1° a) … antérieurement à son élection – élection invalide ;

1° b) … postérieurement à son élection – élection valide, pape légitime tombé dans l’hérésie ;

Ces deux positions – 1° a) et 1° b) – sont également étudiées dans l’étude de Griff Ruby déjà susmentionnée.

Concernant la question d’un « pape légitime qui pourrait devenir hérétique », nous avions publié cet article qui traite de la question. Nous invitons M. l’Abbé Gleize à le lire.

2° … mais il n’est pas encore déposé car il occupe matériellement / légalement le Siège Apostolique : c’est la thèse de Cassiciacum ou « sédéprivationnisme ». Le mot sédéprivationnisme est un néologisme inventé par le sédévacantiste britannique William J. Morgan pour distinguer le sédévacantisme « classique » (cf. ) du « sédéprivationnisme ». C’est, à l’origine, la position inventée et défendue par le Rév. P. (puis Mgr) Guérard des Lauriers (1898-1988), O. P., ainsi que l’Abbé Bernard Lucien (né en 1952). C’est aujourd’hui la position de l’Institut Mater Boni Consilii (IMBC) de l’Abbé Francesco Ricossa et de Mgr Stuyver, sise à Verrua Savoia (Italie) et du Roman Catholic Institute (RCI) de Mgr Donald J. Sanborn, sise à Brooksville (Etats-Unis d’Amérique) ou bien de messieurs les abbés Belmont et Seuillot.

Dans la pratique, Mgr Sanborn constate, dans son écrit Explanation of the Thesis, aux pages 9-10, que la majorité des prêtres « sédévacantistes » adhèrent, ou du moins se comportent en pratique comme s’ils suivaient la thèse de Cassiciacum. Son constat pourrait être juste : cependant, il serait bon de considérer que les évêques et les prêtres sédévacantistes ne se résument pas à une petite dizaine, pour les évêques (et les prêtres liés à eux) présents uniquement aux Etats-Unis ou en Europe de l’Ouest. Cette hypothèse, la dite thèse de Cassiciacum, contient des erreurs ecclésiologiques majeures et des problèmes de logique. Voyez les études suivantes : Analyse logique de la thèse de Cassiciacum du Professeur Myra Davidoglou, publiée dans la revue La Voie n°21 du printemps 1991 et n°22 du printemps 1992, ou encore le Mini-catalogue des principales contradictions des guérardo-thucistes à l’encontre de la doctrine catholique ou Bérézina doctrinale du Guérardisme, Abbé Vincent-Marie Zins, éditions Sub Tuum Praesidium, 2004, Saint-Léger-en-Charnie, 262 pages (si vous souhaitez le commander, contactez-nous sur fidecatholica[arobase]gmail.com) ainsi que, et peut-être surtout, à cause de son exhaustivité et de son esprit de synthèse théologique, l’étude de Griff Ruby déjà mentionnée ci-dessus, Sede Vacante.

La position Cassiciacum est cependant subdivisée en deux pôles, même si le premier qui suit est très minoritaire – ces deux positions sont également étudiées dans Sede Vacante :

2° a) … et l’épiscopat étant essentiellement juridictionnel, consacrer des évêques durant la vacance du Siège Apostolique est un acte intrinsèquement schismatique ; donc il n’y a pas de recours légitime à cet « épiscopat diminué » – « l’épiscopat diminué » est un concept inventé par Mgr Guérard des Lauriers (cette expression peut être trouvée notamment sous la plume de M. l’Abbé Ricossa in Réponse à l’article « Les filles de Lot » de l’abbé Belmont, article de la revue Sodalitium, n°44, juillet 1997) : position, par exemple, partagée en France par messieurs les abbés Belmont et Seuillot ;

2° b) … et le recours à cet « épiscopat diminué » est légitime : Mgr Guérard des Lauriers, IMBC, RCI ;

3° … et c’est aux clercs légitimes qui restent de s’unir afin d’élire le Souverain Pontife par le moyen du concile général (qui serait dit « imparfait » en raison de l’absence de pape), en l’absence maintenant de collège cardinalice (le dernier cardinal créé par un pape légitime étant décédé en 1991, c’était le cardinal Paul-Emile Léger, à la réputation moderniste – et sachant que le dernier évêque nommé par un pape légitime est décédé en juin 2020, c’était Mgr Bernardino Piñera Carvallo, à la réputation moderniste) : cette solution théologique est soutenue par la théologie catholique, voyez ici. Cette solution est également très approfondie, et prouvée, par l’étude de Griff Ruby déjà susmentionnée.

Par ailleurs, l’Abbé Gleize admet que la seule réponse logique et cohérente face au dogme, si l’on est « sédévacantiste », c’est d’élire le pape : c’est ce qui est généralement nommé le « conclavisme », mais c’est à notre avis un mot piégé et polysémique qui peut faire référence à des choses non-catholiques et/ou caricaturales (comme les pseudo conclaves romains depuis celui du 28 octobre 1958 ; ou encore les pseudo conclaves de laïcs ou de laïcs plus un prêtre ; lesquels « conclaves » sont problématiques du point de vue de l’ecclésiologie catholique – tout cela est également traité dans l’étude Sede Vacante) ;

4° a) … partisans d’« élus » encore en vie issus de pseudo conclaves :

1 – D’abord, et peut-être paradoxalement pour certains, ici, on pourrait nommer les partisans du sédéprivationnisme ou thèse de Cassiciacum, à ceci près que, insistons-y, elle ne reconnaît pas les élus des conclaves romains depuis au moins « Paul VI » comme papes formels (ou « vraiment » papes), quoiqu’ils soient, paradoxalement donc, « suffisamment » « papes », cependant, pour continuer à transmettre une « juridiction colorée » à des « évêques » (depuis 1969 invalides… : ainsi comment pourraient-ils même assurer « l’apostolicité matérielle » de l’Eglise catholique avec des ordres invalides ?) qu’il peut « nommer » et des « cardinaux » qu’il peut « créer » (cf. Note 1) ;

2 – Ensuite, et plus étroitement entendu, c’est ce que l’universitaire suédois Magnus Lundbergh, spécialiste de la secte de Palmar de Troya, nomme les « papes alternatifs » (bien qu’il nomme « papes alternatifs » et les personnes issues de ces pseudos conclaves et les personnes soi-disant mystiquement élues sur lesquelles nous reviendrons plus bas…) ou ce que d’aucuns, donc, nomment « conclavisme » :

1) le « pape » de la « Sainte Eglise Catholique Palmarienne », Joseph Odermatt alias « Pierre III » (la secte de Palmar de Troya n’est pas issue d’un pseudo conclave mais bien d’une pseudo élection mystique, voyez 4° b) 1)) ; ses ordres sont invalides (attendu que la secte palmarienne a modifié substantiellement les rites des sacrements à partir de 1978) ;

2) David Bawden alias « pope Michael », élu « pape » en juillet 1990 par 6 laïcs, dont ses deux parents et trois amis, dont Mme Teresa Benns, une proche de la famille Bawden – c’était un ancien séminariste de la FSSPX (il passa un peu plus d’une année dans un des séminaires de la FSSPX et passa quelques années à servir au sein de la FSSPX) ; la validité de ses ordres semble par ailleurs douteuse ;

Note 1 : c’est le tour de prestidigitation qu’opère la thèse de Cassiciacum – au moins en sa version ajournée par Mgr Sanborn et l’Abbé Ricossa : des faux cardinaux disposant en plus d’un réel pouvoir juridictionnel, mais limité à l’élection d’un éventuel (ou potentiel) vrai (ou futur) Pape ; ainsi est l’explication que donnent les guérardiens : « Des cardinaux faux sont cardinaux materialiter. Or des cardinaux materialiter peuvent choisir des papes materialiter. » Mais, « choisir » est un « agir ». L’agir se fait toujours et uniquement par la forme, jamais par la matière, selon saint Thomas. La matière est purement « puissance passive », un pur réceptacle pour recevoir éventuellement des formes d’un autre agent, mais pas pour engendrer des formes (pour choisir, pour élire, etc.) Donc un cardinal materialiter n’est pas cardinal du tout (formaliter) et ne peut agir aucunement comme cardinal, comme, notamment, voter réellement à un conclave de cardinaux de l’Eglise catholique romaine : les actuels « cardinaux » ne sont appelés « cardinaux » qu’à la faveur d’une totale équivocité. Car CE qu’EST la chose est déterminée par la forme uniquement, et nullement par la matière (voyez saint Thomas, Physique). La matière fait seulement qu’une forme soit matérielle et sensible, et pas purement spirituelle (comme un ange par exemple), et c’est tout. Aussi, parler de hiérarchie sans autorité ni pouvoir est un contresens de cette thèse ; de hiérarchie apostolique sans juridiction et hiérarchie ecclésiastique sans pouvoir d’ordre valide, une absurdité ; d’autant plus grande, quand il s’agit de déviés obstinés manifestes et publics dans la Foi, d’hérétiques, de schismatiques et d’apostats, en plus sans ordination valide. De même qu’il est contradictoire de parler de mission sans juridiction. Ne faisons pas dire à Fide Catholica ce qu’il ne dit pas : « – Fide Catholica dit que les partisans de la thèse de Cassiciacum croient que, de Paul VI à François, ce sont des papes formels / légitimes » : nous nions : selon la thèse de Cassiciacum, de Paul VI à François, ce sont des papes matériels / légaux mais pas des papes formels / légitimes ; « – depuis Paul VI jusqu’à François, ces papes matériels / légaux ont cependant assez de pouvoir sur le corps mystique du Christ qu’est l’Eglise catholique romaine pour nommer des évêques dans des diocèses et créer des cardinaux, tous matériels / légaux et ainsi assurer à l’Eglise sa visibilité et son Apostolicité » : nous concédons. Enfin, nous développerons tout cela dans un prochain article mais, aux anglophones, vous pouvez déjà lire cet article intitulé « The doctrinal and dogmatic problems with the Cassiciacum thesis » de Griff Ruby ici.

4° b) … partisans d’élus encore en vie, ou non, issus d’une pseudo élection mystique ou en attente d’une élection mystique, fondée sur l’apparitionisme (les uns prétendant avoir été élus par les Apôtres saint Pierre et saint Paul, les autres ayant reçu une mission divine, etc., les autres, enfin, en attendant une) – liste non exhaustive :

1) la secte de Palmar de Troya a débuté ainsi avec Mgr Clémente Dominguez-Gomez, autoproclamé pape à la mort du « pape Paul VI » ; « Paul VI » considéré comme un saint par la secte palmarienne, faut-il le rappeler ; alors qu’il était en voyage à Bogota (Colombie) et qu’il aurait été désigné par les Apôtres saint Pierre et saint Paul (voyez Le Soufre et l’encens, Frédéric Luz, Claire Vigne éditrice, Collection La place royale, pp. 126 et suivantes ou encore le livre de Magnus Lundberg A Pope of their Own. El Palmar de Troya and the Palmarian Church) et a été marquée par de très nombreux scandales doctrinaux (changements de matière et de forme dans plusieurs sacrements, enseignements hérétiques comme la présence de Notre-Dame dans la Sainte-Eucharistie, etc.) et moraux (abus sexuels, crimes financiers, etc.) : voyez l’étude de l’universitaire Magnus Lundberg, titulaire d’une chaire de Théologie protestante à l’Université d’Uppsala (Suède), et spécialiste de la secte palmarienne, A Pope of their Own. El Palmar de Troya and the Palmarian Church, Uppsala studies in Church History 1, 2017, 253 pages, accessible ici ;

2) « Clément XV », Michel Collin, prêtre catholique romain ordonné par le cardinal Liénart en 1933 et excommunié par un décret du Saint-Office daté du 17 janvier 1951 – contesté, bien évidemment, par les fidèles du Père Collin –, qui serait le « pape persécuté » du Troisième secret de Fatima selon la mystification propre à ses partisans. Ce prêtre, qui croyait aux extraterrestres (Frédéric Luz, op. cit., p. 111), succéda au « pape » Jean XXIII, qu’il considérait comme un pape légitime, en s’autoproclamant pape (il aurait reçu une mission divine, et le prétendit dès le pontificat de Jean XXIII, en disant qu’il lui succédera) et se fit « couronner officiellement » Pape au Petit-Vatican, sise à Clémery, en Lorraine, le 9 juin 1963. A noter qu’il s’était fait sacrer évêque par un évêque de la secte théosophe de « l’Eglise catholique libérale », Mgr Cyprien Damge, en 1957. Aussi, selon Frédéric Luz (qui n’est pas, pour information, catholique romain !), « il n’est pas impossible que le Père Collin ait été à l’origine de cette rumeur concernant la soudaine résurgence de ce mythe du « grand monarque ». En effet, « au printemps 1943, une « voyante » de Montmeyran devait annoncer un imminent débarquement, et l’accession du Père Collin au Souverain Pontificat… Mgr Pic, évêque de Valence, ayant eu vent des prétentions papales de celui qui n’est pour lui qu’un simple prêtre, finira par le chasser de son diocèse. » (Frédéric Luz, op. cit., p. 107 et suivantes). Il a ordonné prêtre un certain « Frère Jean », qui fondera plus tard aussi sa secte « pseudo-mystique » de l’Ordre du Magnificat de la Mère de Dieu, dit des Apôtres de l’Amour Infini et se proclamera pape « Grégoire XVII » (comme le premier pseudo pape de Palmar de Troya) le 29 septembre 1971 à Saint-Jovite au Canada, faisant sécession de la secte de « Clément XV ».

5° … et c’est un pape occulté, caché ou emprisonné, qui continue à gouverner l’Eglise sans que le monde le sache, sauf quelques fidèles alertes : c’est la théorie du pape de substitution, qui se décline ou par la survivance d’un pape d’abord reconnu pacifiquement et universellement puis remplacé par un sosie (comme le « pape » Paul VI pour certains : voyez Bonaventur Meyer, L’Eglise en danger, éditions Mariales, 80 pages) ou bien par la survie d’une lignée de papes issue d’un pape qui ne s’est jamais officiellement et publiquement communiqué à toute l’Eglise (comme le « pape » « Grégoire XVII » qu’aurait été le cardinal Siri) et aurait nommé sa succession (« sirianisme ») : voyez l’étude Sede Vacante qui étudie aussi ces positions beaucoup plus minoritairement représentée que les précédentes… ;

6° … et il n’y a strictement plus rien à attendre des hommes ou de la papauté, car il n’y aura plus jamais de pape, et il faut logiquement attendre la Parousie : ce semble plutôt être une minorité de sédévacantistes. Certains parmi eux sont des home aloner, c’est-à-dire des personnes qui restent à la maison, croyant qu’il n’y a plus un seul prêtre ou évêque qui soit et valide et licite (nous reviendrons dans un prochain article sur cette position à tout le moins erronée). »

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A 14:22 : « si vous associez ces deux principes nécessaires [c’est-à-dire : 1) De par l’institution divine, l’Eglise est une société visible, pourvue d’un chef visible, le vicaire du Christ, l’évêque de Rome et 2) De par l’institution divine, l’Eglise est indéfectible], absolument indispensable, eh bien il en découle logiquement que l’explication sédévacantiste est radicalement contraire à l’institution divine (…) »

1° D’abord, nous invitons l’Abbé Gleize à lire cet article sur la dite question du « pape hérétique ». 2° Ensuite, non, le « sédévacantisme » ne conclue pas nécessairement – merci pour l’argument de l’homme de paille au passage ! – à l’acéphalie, c’est-à-dire que l’Eglise reste dans cet état où elle est habituellement privée de son chef, avec l’impossibilité théorique voire pratique d’en élire un légitimement. Nous invitons l’Abbé Gleize à lire Sede Vacante, un livre qui n’a pas été écrit, qu’il se rassure, par quelqu’un qui « publie à 3h du matin un commentaire enragé » contre la FSSPX sur un forum. Un livre qui a pris de longues années d’étude patiemment menée et dirigée, du magistère de l’Eglise, des Pères et des Docteurs, et des théologiens tels Salaverri, Van Noort, etc., à son auteur, le laïc américain Griff Ruby.

Nous mettons ci-dessous un tableau, avec sa légende (les deux tableaux non colorés, les 2/3 et 3/3), résumant de manière très condensée l’étude ecclésiologique de M. Griff Ruby – on y aperçoit avec évidence que la position « Reconnaître-et-Résister », d’ailleurs même la position « thèse de Cassiciacum », contiennent des erreurs, et non des moindres. Ainsi donc, nous ne pouvons pas laisser dire à l’Abbé Gleize de telles inepties formulées à la 14ème minute et l’invitons de nouveau à se pencher sur cette étude ecclésiologique récemment publiée outre-Atlantique :

Tableau 1/3 – Non légendé – traduction non professionnelle (clic droit pour agrandir)
Tableau 2/3 – Légende 1 – traduction non professionnelle (clic droit pour agrandir)
Tableau 3/3 – Légende 2 – traduction non professionnelle (clic droit pour agrandir)

Comme nous ne nous attardons pas sur l’exposé de la cinquième minute à, environ, la quarantième minute, puisque nous invitons l’Abbé Gleize à se pencher sur l’étude ecclésiologique Sede Vacante qui traite de tout cela en profondeur, nous passons directement à la fin de l’exposé et aux questions-réponses :

A 38:07 : dire que le Pape serait moderniste, on est déjà en-dehors du doute. S’il est Pape, alors il ne peut pas être moderniste, parce que le Saint-Esprit protège Son Eglise et notamment la personne du Souverain Pontife qui ne peut pas enseigner quelque chose de contraire à la vérité – concile du Vatican, constitution dogmatique Pastor Aeternus, chapitre IV.

Avec de tels propos, l’on tombe pratiquement par moment dans le fidéisme et le volontarisme. Dans le fidéisme, dans le refus de conclure à partir des données visibles et des doctrines de Foi. Le prétendu Pape enseigne des hérésies visibles, or cela est impossible d’après la théologie catholique sur la protection accordée au Souverain Pontife dans son Magistère. Par conséquent on doit conclure qu’il ne peut pas être Pape. Pour le « lefebvriste », il faut se contenter de « défendre la Tradition », sans en avoir l’intelligence. Le volontarisme car, évidemment, étant donné que l’intelligence ne s’applique plus, il faut justifier notre attitude pratique, et donc cela passe par la volonté, qui est déconnectée de l’intelligence : on veut maintenir de force (ou de nécessité) qu’il y a un doute (au pire), pour justifier notre pratique consistant à être le « cancer des conciliaires » ou le « contre-poison ». Et on justifie notre action « a posteriori », inversant ainsi le rapport entre l’intelligence et la volonté. Ce n’est plus l’intelligence qui influe sur la volonté, mais c’est la volonté qui crée une situation qui doit être acceptée par l’intelligence.

Notre dernière réflexion ci-dessus considère la phrase immédiatement en question de l’Abbé Gleize – mais on peut la mettre en rapport avec ce qu’il a dit avant : en effet, l’Abbé Gleize pose, à tort, que les données de la foi empêchent que « François » ne soit pas pape. Or, à partir de là, il est normal, en logique interne, qu’il en vienne à dire ce qu’il dit à 38:07 (il ne faut pas inverser l’ordre des causes et des conséquences dans l’esprit de celui qui tient ces propos). Mais à ceci nous lui répondons que, et en dépit de grands efforts théologiques et intellectuels, Fide Catholica (et les dits « sédévacantistes pris dans un sens générique) est incapable de reconnaître dans « François » autre chose que le chef d’une nouvelle église (une « secte » au sens où les catholiques doivent entendre ce mot), substantiellement différente de celle de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui existe encore, et qui existera jusqu’à la fin des siècles, et qui est appelée par le Saint-Esprit « cette Eglise glorieuse, sans tache ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et immaculée » (Eph. V, 27). Pour continuer, certes nous ne nous réjouissons pas des malheurs qui adviennent à cette nouvelle structure à cause de sa dépravation morale, car nous considérons que les affronts humains sont peu de choses comparées à l’adultération de la doctrine, de la discipline et de la mentalité des « catholiques » de cette nouvelle « église ». Et c’est pourquoi nous ne pouvons pas être en union avec « François », car « adhérer à un faux évêque de Rome, c’est être en dehors de la communion de l’Eglise » nous dit saint Cyprien. Ainsi, les auteurs de Fide Catholica ne voient pas en « François » un « Pape légitime », ni un « vrai Pape, quoiqu’hérétique », ni un « Pape vraiment hérétique », ni un « Pape matériel », ni un « antipape », mais un chef aveugle qui conduit des aveugles vers la fosse où ils tomberont (saint Luc VI, 39), nous contentant de dire avec saint Michel Archange « Imperat tibi Deus » (Jude I, 8-9).

A la 41ème minute : « nous sommes démunis, il n’y a pas d’issue de secours ».

Evidemment, le « lefebvrisme », comme d’ailleurs les autres solutions traditionalistes (celles-là même énumérées par le schéma ecclésiologique ci-dessus) en général, aboutit à cette conclusion. Il n’y a rien à faire « pour » l’Eglise, dès lors continuons à végéter dans notre coin en « parasites » en attendant un miracle, ici en l’occurrence le « retour à la Tradition » des « autorités conciliaires ». Comme si Dieu pouvait délaisser le gouvernement de l’Église dans les faits. Parce que le reproche qu’il fait au « sédévacantisme », et qui est justifié en raison du suffixe final (« -isme »), idéologique et sectaire, c’est que, pour l’Abbé Gleize, le constat de la vacance, et d’une vacance « prolongée » comme la nôtre, aboutirait « forcément » (qu’il nous dise au nom de quoi ?, car aucun principe n’est ici donné, à part le « pif » ou le précédent historique des trois ans et demi (cf. Note 2) sans pape auquel il fait référence, une fois lors de son exposé, une seconde fois lors des questions-réponses…) à la négation de l’indéfectibilité de l’Église. Et après avoir tenu cela, il en vient à dire que l’Eglise, dans son gouvernement, a échoué et continuer d’échouer concrètement. Comme si l’indéfectibilité de l’Eglise dépendait uniquement de la question de savoir si on a un Pape à Rome et qu’en tout le reste, l’Eglise pouvait végéter et être littéralement entravée sans pour autant perdre son indéfectibilité.

Note 2 : L’adage dit « Papa dubius, papa nullus ». Un Pape douteux n’est pas un Pape au sens fort du mot. C’est au nom de ce principe que le Concile de Constance a pu juger la cause des trois « souverains pontifes » rivaux et exiger leur déposition, chose impossible dans le cadre d’un Pape non douteux. Dans la douzième session, rendant irrééligibles les trois concurrents, les Pères de Constance les mettent tous les trois sur la même ligne « Nullo unquam tempore reeligatur in Papam Dominus Balthazar Cossa, nuper Joannes XXIII ; Angelus Coriario, Gregorius XII ; nec Petrus de Luna, Benedictus XIII ; in suis obedientiis sic nominati. » Or, comme le remarque Roncaglia, l’Église n’a jamais eu l’habitude de demander la démission des Pontifes certains. Elle a toujours défendu les droits des Papes légitimes avec une constance invincible, contre les efforts, quelquefois formidables, des antipapes. Un exemple curieux montre à quel point le Pape Martin V fut fidèle à la pensée du Concile de Constance, au sujet des Papes du schisme. La canonisation de Sainte Brigitte fut entreprise peu d’années après la mort de l’admirable sainte. Sa cause, commencée par Grégoire XI (dernier pape avant le schisme), fut poursuivie par Urbain VI, et complètement terminée par Boniface IX, en 1391. La confirmation de cette canonisation fut demandée en 1415, en Concile de Constance, par les Ambassadeurs de Suède, de Danemark et de Norvège : Jean XXIII accorda la demande et présida à la nouvelle canonisation. Cependant Jean XXIII ayant été déposé, on demanda à Martin V en 1419, de canoniser une autre fois Sainte Brigitte. Martin V accéda à la demande par une constitution éditée à Florence et imprimée en tête des Révélations de Sainte Brigitte. Pourquoi Martin V procède-t-il à cette confirmation ou validation ? Ad bonarum mentium, et conscientiarum serenationem puriorem. On voit par ce seul exemple que si Boniface IX était un Pape douteux pour Jean XXIII ; l’un et l’autre étaient douteux pour Martin V. Si les actes de ses prédécesseurs avaient été valides, Martin V les auraient déclarés valides ; car, dans l’Église, on ne procède à l’itération des sacrements et des déclarations infaillibles, que dans le cas de nullité et de doute invincible. En droit jamais le Concile n’aurait pu procéder contre un Pape certain, s’il s’en fut trouvé un parmi les trois contendants. Si quelqu’un des Papes de la fin du Schisme eut été successeur légitime d’un pape légitime, jamais le Concile n’aurait eu autorité sur lui. Le Concile n’a pu agir comme il l’a fait que parce qu’il ne se trouvait qu’en face de Pontifes successeurs légitimes, sans doute, mais successeurs de Pontifes douteux. Ne faisons pas dire à Fide Catholica ce qu’il ne dit pas : « – Fide Catholica dit qu’il y a eu une vacance de 39 ans pendant le Grand Schisme d’Occident » : nous nions (l’histoire de l’Eglise a fini par trancher qui étaient les papes légitimes et qui ne l’étaient pas pendant cette tumultueuse période) ; « – Fide Catholica dit que les contemporains de cette crise, laquelle dura au moins quatre décennies (voire sept, en effet les dernières plaies du Grand Schisme d’Occident se refermeront bien après la fin du concile de Constance avec la renonciation de l’antipape Félix V – Roi Amédée VIII de Savoie – le 7 avril 1449 – et le 18 juin 1449, une Bulle de Nicolas V est publiée, créant comme cardinal Amédée VIII et se félicitant que la paix soit rendue à l’Église) étaient bien incapables de savoir avec certitude qui était le pape, et ce pendant des décennies, il y avait une incertitude » : nous concédons (tout simplement parce que, sinon, il n’y aurait pas eu le concile de Constance…).

A la 42ème minute : « nous étions dans une Eglise qui était en ordre ».

Comme si on pouvait avoir une « Eglise en désordre » et que ce désordre ne s’opposait en rien à l’indéfectibilité. Là encore, à notre avis, nous sommes en pleine dissonance cognitive.

A la 45ème minute : le fameux « schisme virtuel ». L’Abbé Gleize dit bien que « François » rompt avec toute la Tradition Apostolique, les dogmes, les rites et la discipline catholiques, mais rajoute qu’on ne peut pas le déclarer, du coup il y a un schisme latent mais pas réel (cf. Note 3). On est d’ailleurs pas si éloigné, mais il manque la conclusion, de la thèse de Cassiciacum. Et d’ailleurs, un peu plus loin, c’est bien beau de rappeler que le Pape est le vicaire du Christ, mais peut-on alors imaginer le Christ tolérer cela ? C’est limite blasphématoire.

Aussi, concernant le « concile Vatican II », ce ne sont pas des catholiques qui l’ont fait, eux n’ont pas fait défection (quelques évêques – malgré la faiblesse sur le moment de certains) ; des personnes peuvent faire défection, même beaucoup, numériquement parlant, pas l’Eglise. C’est une calomnie de continuer à dire que « les sédévacantistes » nient l’indéfectibilité de l’Eglise. N’est-ce pas ici le coup de l’Eglise en tant que démocratie indéfectible ? (l’indéfectibilité résiderait alors dans la grande majorité des fidèles qui ne peuvent pas d’un coup perdre la Foi et verser dans des erreurs : vision naturaliste et richériste de l’Eglise…)

Alors, oui, le motif de la résistance (et par là du rejet à tout le moins implicite, sans certes verser dans le « sédévacantisme » pour les FSSPX) aux prétendants modernes à la Papauté est l’attachement à l’enseignement des Papes précédents – ici joue notamment l’infaillibilité passive de l’Eglise enseignée. Donc en vertu de l’obéissance à ce qui est venu du haut, précisément parce que nous ne sommes que l’Eglise enseignée, et non l’idée inverse du sensus fidei qui viendrait du bas (conception richériste dont nous n’accusons pas directement, ou indirectement, l’Abbé Gleize – même si de fait son propos nous semble assez maladroit).

Note 3 : « L’hérétique, même s’il n’a été condamné formellement par aucun individu, en réalité apporte l’anathème sur lui-même, s’étant coupé du chemin de la vérité par son hérésie. Quelle réponse ces personnes peuvent-elles faire à l’Apôtre quand il écrit : Quant à quelqu’un qui est factieux, après l’avoir réprimandé une ou deux fois, n’a plus rien à faire avec lui, sachant qu’une telle personne est pervertie et pécheur ; il est auto-condamné (Tite III, 10) ». Pape Vigile (500-555), Deuxième Concile de Constantinople, 553 (en anglais dans cette source : « The heretic, even though (…) he is self-condemned ».).

A la 47ème minute, on a droit à la distinction entre « l’être et l’agir » du Pape. Là encore, on n’est pas très éloigné de la thèse de Cassiciacum. Il agit en non-catholique, habituellement, il s’oppose au bien-fin de l’Eglise, mais on ne peut pas dire qu’il n’est pas catholique, du moins on ne peut pas dire qu’il est hérétique (« ne confondons pas identité de Foi et expression de Foi » comme on pourrait dire).

A la 53ème minute : « nous ne prions pas pour lui dans son intérêt personnel, nous prions pour lui parce qu’il est le chef de l’Église et qu’il représente le bien commun de l’Église ».

Propos qui nous semble déconcertant et peut être typique de certains « traditionalistes » : ils n’aiment pas la personne du Pape. Alors que cet amour filial fait sans doute partie de la dévotion que l’on doit à son père dans la Foi, en quelque sorte. Donc une dévotion à son guide spirituel, à son parrain, à son Prêtre, surtout si c’est également son confesseur, à son Evêque et ultimement au Pape, même en tant que personne. On veut leur bien, y compris leur bien personnel. C’est la charité vécue. C’est en quelque sorte l’amour que l’on doit à ses parents, ici vu de l’ordre spirituel (nous ne disons pas que le propos de l’Abbé Gleize va nécessairement dans le sens qu’il n’aime pas la personne qu’il tient être pour pape mais, là encore, c’est un propos qui nous a semblé assez maladroit – certes, c’est son propos est un propos oral). Amour filial que les lefebvristes (entre autres, d’ailleurs) ont, par contre, et c’est clair, pour Mgr Lefebvre et qui les conduit d’ailleurs à défendre tout ce qu’il a pu dire ou faire de faux voire, hélas, de pervers – voyez les études déjà toutes susmentionnées.

A la 54ème minute, une personne – nous ne jetons certainement pas l’anathème ou la critique à cette personne, qu’elle se rassure – qui ne connaît vraisemblablement pas le « sédévacantisme » pose à notre avis une question hélas assez révélatrice : « et… notre position, c’est… ? »

Nous comprenons bien qu’une personne, simple laïc, ne soit pas dans ces questions que certains pourraient naïvement qualifier de « querelles théologiques », mais dans ce cas, peut-être n’a-t-elle pas à être présente dans le public de ce genre de causeries, conférences. On aperçoit ici un exemple parlant du lefebvrisme en tant que société partisane favorisant donc le sociabilisme : cette personne, qui ne connaît vraisemblablement rien sur ces sujets, s’est « identifiée » à la FSSPX, qu’elle considère donc comme une sorte d’Eglise de substitution (ou bien au moins le « rameau le plus vivifiant de l’Eglise » comme diraient certains). Il ne s’agit pas ici de faire beaucoup de bruit pour rien : on le répète, la personne n’est qu’un « simple laïc », sans doute peu versée dans la théologie, et est à ce titre est tentée de parler, ou bien de manière inadéquate tout en ayant une idée adéquate dans la tête, ou bien de se dire qu’elle a suffisamment de raisons de penser que la position de la FSSPX est « la vérité objective » et qu’à ce titre elle doit en adopter toutes les positions, ou bien en n’ayant juste pas conscience de l’inanité de la formulation de sa question car sa formation en théologie est faible.

Et, pis encore, la réponse de l’Abbé Gleize nous a laissés de marbre : « s’il n’y a pas de pape, ça veut dire tout simplement que l’Église n’existe pas » : l’Eglise n’a pas existé plus de 260 fois dans l’histoire, avant de « réapparaître » à chaque élection de pape ? Nous ne savons pas si ce genre de propos pourra permettre à la personne qui se pose des questions d’y voir clair. Oui, il y a « vacance et vacance ». 260 vacances (jusqu’à la mort de S. S. le pape Pie XII) de relatives courtes durées pendant lesquelles il y a toujours des électeurs certains du futur Pape ; et il est vrai qu’une vacance de soixante ans au terme de laquelle il ne reste plus un seul cardinal créé par un pape (le dernier cardinal mort, qui fut créé par le dernier pape légitime – Pie XII – est décédé en 1991) et pas un seul évêque nommé par un pape (le dernier évêque mort, qui fut nommé par le dernier pape légitime – Pie XII – est décédé en juin 2020) pourrait sembler poser de sérieux problèmes de théologie, qualifiés par certains d’« insolubles » (et pour rappel, nous ne tenons pas que « nous sommes démunis, il n’y a pas d’issue de secours », car Dieu n’abandonne pas Son Eglise, même dans les grandes tempêtes – en revanche, oui, ce sont les hommes qui peuvent L’abandonner). Ici, nous ne pouvons, encore, que renvoyer à Sede Vacante de Griff Ruby.

A 1h02 minute : « Mgr Vigano, c’est un néophyte, un néophyte très sympathique » (…) « le néophyte est zélé, mais il est trop zélé, c’est son défaut »…

Bon… Un peu rabat-joie comme commentaire. Disons plutôt qu’il est davantage en roue libre car il n’a pas un séminaire et toute une société ecclésiale à protéger, et du coup il n’est pas diplomate comme l’était Mgr Lefebvre ou peuvent l’être d’autres.

A 1h06 minute : « le virus du modernisme ne peut vivre et survivre que dans l’organisme qui l’infecte ».

Désolé, mais c’est encore faux, le modernisme est né chez les protestants. Et cela supposerait qu’il n’existerait de modernisme que dans « l’Eglise Catholique », ce qui est encore une fois une absurdité. Qu’en est-il des modernistes anglicans, par exemple ? Ou des clercs « orthodoxes » (en vérité « cacodoxes ») qui ont aussi signé les accords de Balamand ? Ne sont-ils pas, en partie du moins, infectés de modernisme ? C’est peut-être un peu primesautier et impertinent, ce coup-là.

Par exemple, ce ne serait pas du modernisme, parce que protestant (cf. l’Ecole de Tübingen) ?, et cela ?

A 1h12 minute, rappelant le bilan de Mgr Lefebvre, l’Abbé Gleize dit « il a laissé (…) des districts ».

Exact, une pseudo-juridiction non-canonique, et même anti-canonique, car il n’avait pas une autorité reconnue pour les établir : en effet, il est allé directement contre les objurgations d’une hiérarchie qu’il continuait (au moins « de bouche ») de considérer comme légitime (à moins que, « de cœur », ce n’était pas le cas…) Après, que l’on puisse envisager une délégation de l’Eglise, c’est une autre question. Mais ses districts furent construits à l’encontre de la volonté des « autorités de l’Église » (sic). Le bilan de Mgr Lefebvre est dont plutôt ceci (à notre grand désarroi) : une organisation indépendante, avec ses évêques, satellite de l’église-du-subsistit-in, concentrique et antichrist, décrite par la constitution Lumen Gentium, laquelle entend redéfinir la nature de l’Eglise (nouvelle ecclésiologie « conciliaire », d’ailleurs Mgr Wojtyla l’a même écrit dans son livre Le signe de contradiction – l’édition anglaise : « Vatican II a redéfini l’Eglise » : phrase absente de notre édition en français…), et la FSSPX est, hélas, disons, le pendant traditionnel de cette « église-du-subsistit-in ».

A 1h14 minute : « il y a un bien qui ne fait pas de bruit depuis cinquante ans ».

S’il veut parler de la FSSPX, encore une fois c’est tout de même en grande partie stupéfiant et choquant. S’il y a bien un domaine où les « lefebvristes » furent maîtres, c’est la publicité : c’est le « coup d’éclat », comme la capture de Saint-Nicolas-du-Chardonnet ; ce sont les déclarations intempestives, comme celles de l’été 1976, « l’été chaud » comme on l’a appelé, alors qu’il n’a débouché sur aucun changement de fond ; c’est tout le brouhaha sur les sacres organisés pendant des années avant les consécrations de 1988, etc. Alors, certes, il y a sans doute eu, au moins quelques années, un « repêchage » d’un certain nombre d’âmes qu’elle a pu opérer pendant ces cinquante ans, effectivement sans bruit (avec les âmes, les individus – nous insistons) – mais cela n’enlève ni n’ôte le fond du problème !

A 1h17 minute : « c’était un homme qui réfléchissait tout haut, parce que c’était un homme prudent ».

A notre avis, pas tellement, non. La prudence imposait le silence et non de conduire à une possible erreur ceux qui l’écoutaient. Que ne ferait-on pas pour défendre son fondateur et faire croire que c’était un grand théologien ?

A 1:19 minute : « la prudence consiste à agir en tenant compte de la volonté de Dieu ».

La prudence consiste à agir selon la volonté de Dieu. Avec ce que dit l’Abbé Gleize, c’est plutôt « on tient compte de Dieu, mais on agit nous-mêmes comme on l’entend »… ce qui n’est pas sans rappeler et le problème de la militance laïque sur laquelle ont alerté plusieurs conciles provinciaux (Paris et Rennes, dans la décennie de 1840 ; voyez Les conciles généraux et particuliers de Mgr Paul Guérin) et le problème du volontarisme lefebvriste dont nous avons déjà parlé ci-dessus.

Alors, pour éviter tout contresens ou argument de l’homme de paille, certes, « tenir compte » peut avoir plusieurs sens. Cela peut vouloir dire que c’est un élément parmi d’autres qu’on met dans la balance, mais cela peut aussi vouloir dire que c’est une exigence non négociable. C’est peut-être dans ce second sens qu’il faut le comprendre. Comme dit plus haut, l’Abbé Gleize pense, à tort, que les données de la foi empêchent que François ne soit pas pape : à partir de là il est normal, en logique interne, qu’il en vienne à dire ce qu’il dit ici : « tenir compte [de manière impérative] de la volonté de Dieu » c’est de mettre dans l’équation que « François est pape ».

Développement sur la prudence et le catholicisme « traditionaliste » :

L’Aquinate nous dit sur la vertu cardinale de prudence, in Summa Theologiae, IIa-IIae, q. 47, a. 8, co. : « La prudence est la droite règle des actions à faire, on l’a dit plus haut. D’où il faut que l’acte principal de la prudence soit l’acte principal de la raison préposée à l’action. Celle-ci émet trois actes. Le premier est le conseil : il se rattache à l’invention, car délibérer c’est chercher, comme il a été établi antérieurement. Le deuxième acte est le jugement relatif à ce qu’on a trouvé, ce que fait la raison spéculative. Mais la raison pratique, ordonnée à l’oeuvre effective, va plus loin et son troisième acte est de commander ; cet acte-là consiste en ce qu’on applique à la réalisation le résultat du conseil et du jugement. Et parce que cet acte est plus proche de la fin de la raison pratique, il est l’acte principal de la raison pratique et par conséquent de la prudence. Et le signe en est que la perfection de l’art consiste dans le jugement, non dans le commandement. C’est pourquoi l’on tient pour meilleur artiste celui qui volontairement commet une faute en son art, comme ayant le jugement meilleur ; au contraire on tient pour moindre artiste celui qui commet une faute sans le faire exprès, ce qui semble provenir d’un jugement défectueux. Mais en prudence c’est l’inverse, dit Aristote. En effet, celui-là est davantage imprudent, qui commet une faute volontairement, en ce qu’il manque l’acte principal de la prudence qui est de commander ; celui-là l’est moins, qui commet une faute involontairement. »

En l’occurrence, le lefebvrisme « prudent » affirme l’impossibilité du premier acte de la prudence, le conseil, l’invention, la délibération, au nom du « c’est une crise unique dans l’histoire de l’Église, du coup on ne peut pas être vraiment sûr ». Par conséquent, il s’abstient de juger, et ne réalise pas non plus le deuxième acte de la prudence. Mais il entend réaliser le troisième acte, à savoir le commandement, « faire ce qu’on a toujours fait ». Mais, par conséquent, cette action, étant déconnectée des deux antérieures, est désordonnée… et imprudente.

D’ailleurs, il nous semble que la différence entre le lefebvrisme et le guérardisme (thèse de Cassiciacum, ou sédéprivationnisme), de ce point de vue, est que le guérardisme entendait quand même réaliser le premier acte de la prudence, par l’invention de la thèse, mais il a échoué à réaliser le deuxième. Ils ne jugent pas correctement ce qu’ils ont trouvé, mais le tiennent par hooliganisme partisan comme l’explication finale de la situation actuelle. Il y avait tout de même une analyse se voulant intellectuelle, à l’origine de cette hypothèse, là où il y avait une attitude pratique à l’origine du lefebvrisme. Ainsi le lefebvrisme est d’abord une acéphalie pratique, en amont de l’analyse intellectuelle – d’où le fait qu’il y ait moins d’erreurs présentes, voyez le tableau ci-dessus – et le guérardisme une acéphalie doctrinale, en aval de l’analyse intellectuelle et qui s’obstine dans ses conclusions fausses. Le problème du lefebvrisme est surtout moral (volonté), le problème du guérardisme est surtout intellectuel (intelligence).

Tandis que la nécessité de l’élection du Pontife Romain suite au constat de la vacance du Saint-Siège (que défendit vaillamment le Rév. P. Saenz y Arriaga, SJ, jusqu’à sa mort tragique en 1976), elle, respecte les trois actes : 1° d’abord étudier la fausse église – nouvelle définition de l’Eglise, avec rupture avec la précédente : nouvelle ecclésiologie, nouvelle église, nouveau droit, qui viendra en 1983, etc. – issue du conciliabule du Vatican (1962-1965) et comprendre qu’elle ne peut pas être l’Eglise parce qu’elle n’en possède ni l’essence ni les accidents nécessaires, qui ne peuvent pas disparaître. Ensuite, 2° juger le Saint-Siège vacant et l’apparition d’un faux culte prétendant continuer le vrai, et donc conclure à la nécessité d’une nouvelle élection pour lutter contre cette volonté d’usurpation. Enfin, 3° le commandement : appeler à la réunion des évêques, défendre en public cette position, réfuter les accusations, appeler au pardon et au retour des égarés dans l’Unité de l’Eglise, prier pour l’Eglise, etc. Au sujet du concile, qui serait dit imparfait dans cette situation, en l’absence de cardinaux nommés par des papes légitimes, le docteur de l’Eglise saint Robert Bellarmin enseigne dans son ouvrage De conciliis et Ecclesia (I, chapitre 14) qu’en cas de vacance de la papauté à cause de l’hérésie, il appartiendrait de réunir l’autorité inférieure de l’Eglise enseignante, les Évêques, dit-il, en Concile général – quoiqu’« imparfait » – à cette seule fin, à savoir « fournir à l’Église une tête visible ». Enfin, le cardinal Robert Bellarmin a déterminé six causes propres à la convocation d’un concile général (cf. notamment Les Controverses de la Foi Chrétienne contre les Hérétiques de ce Temps, Tome 2 : l’Eglise, Livre 1 : Nature et Causes des Conciles, Chapitre 9 : L’utilité et la nécessité de la célébration des conciles) : – l’apparition d’une hérésie nouvelle ; – la présence d’un antipape ; – la ligue de l’Église contre un ennemi connu ; – l’accusation d’hérésie contre le pape, ; – le retard dans l’élection du pape ; – la réformation des abus et des vices dans l’Église.

A 1h21 minute : « François est Pape, ça fait partie de la sagesse du plan de Dieu qui, à nos yeux, apparaît comme un scandale et qui donc nous dépasse. »

N’est-on plus très loin du fidéisme en fait ?, voire du blasphème ? Le scandale de « François », il est objectif et indubitable, ce n’est pas qu’une « apparence ». En laissant croire que ce n’est qu’une apparence, qu’il est voulu positivement par Dieu, n’est-ce pas injurier nos intelligences, qui seraient incapables de constater objectivement son imposture ? N’est-ce pas encore injurier plus Dieu en disant que « François » fait partie du plan divin pour l’Eglise ? Que Dieu ait permis « François », que Dieu le laisse faire, que Dieu ait prévu son imposture, c’est autre chose que de dire qu’Il se sert de lui. Là, on n’est pas loin de « Vaticandeux » et du Saint-Esprit qui se sert des faux cultes comme de moyens de salut. Alors, certes, derechef, il faut considérer cette phrase avec tout ce qui l’a précédé : l’Abbé Gleize pense, à tort, que les données de la foi empêchent que François ne soit pas pape, et à partir de là il est normal, en logique interne, qu’il en vienne à dire ce qu’il dit ici.

A 1h26 minute : « la théorie sédévacantiste, on est pas en période d’élection ».

Effectivement, c’est toute l’erreur du sédévacant-isme, le suffixe en plus, qui est plus proche d’être devenue une idéologie partisane qu’un constat devant servir à agir en conséquence. Parce qu’on est effectivement en période d’élection, et ça trop peu de sédévacantistes simpliciter, c’est-à-dire non sédéprivationnistes (puisque c’est logique au sein de la thèse de Cassiciacum : il faut attendre que l’élu légal du conclave, le cardinal matériel Bergoglio, « François », qui avait été créé cardinal matériel par le pape matériel Benoît XVI, se convertisse et rejette Vatican II pour ipso facto devenir pape, voire qu’un « évêque » diocésain, nommé par un des papes de Vatican II, se convertisse et convoque un concile imparfait pour élire le pape : voyez L’élection du pape, article de l’abbé Ricossa paru dans la revue Sodalitium, n°54, décembre 2002 – nous reviendrons, dans un article ultérieur, sur cet article de l’Abbé Ricossa), officiellement, le croient.

Et toujours à 1h26 minute : « les conclavistes sont plus logiques ». Oui, c’est le moins que l’on puisse dire, avec les réserves que nous pouvons cependant avoir sur cette chose – nous vous renvoyons à notre schéma ecclésiologique.

Toujours l’Abbé Gleize : « la preuve que ce n’est pas la volonté de Dieu est que cela échoue ».

Donc lorsque Moïse « échouait » à conduire les Hébreux en la Terre Promise, était-ce la preuve que ce n’était pas la volonté de Dieu ? Alors certes il convient de distinguer entre la volonté positive et la volonté permissive mais…, sinon, la réussite de la FSSPX dans la « conversion » de « Rome »… : on l’attend toujours.

A 1h32 minute, encore un passage révélateur : un intervenant demande s’il faut attendre que les modernistes se convertissent et l’Abbé Gleize de répondre « non, il faut les combattre, il faut les neutraliser, il faut lever les équivoques ». Donc il faut combattre et neutraliser… la hiérarchie de l’Eglise catholique, fauteuse d’équivoques et du grand bazar et ce depuis des décennies… Que l’Abbé Gleize nous excuse de l’écrire si abruptement, mais son propos ne peut procéder d’une théologie orthodoxe.

Sinon, à la toute fin, nous rejoignons l’avis de l’Abbé Gleize quant à sa critique de l’internet qui est un médium démocratique, faisant trop souvent appel à l’affectif et au sensoriel, pouvant empêcher de réfléchir droitement.

A 1h33 minute : « il va y avoir une prochaine fournée de sacres (…) faire une nouvelle opération survie de la Tradition ».

Oui, nous l’espérons aussi, mais vraisemblablement pas dans le sens où l’Abbé Gleize l’entend… Quant à la deuxième partie de la phrase, nous préférons ne rien dire, nous avons déjà dit ce que nous en pensions ci-dessus.

A 1h34 minute : « pourquoi c’est un bon usage de l’Internet ? Parce que nous avons des supérieurs à la Fraternité ».

Supérieurs autoproclamés contre la « hiérarchie de l’Église », laquelle doit être combattue et neutralisée, pour la « survie de la Tradition », Tradition dont ils demandent aux sectateurs antéchrists de continuer à en « faire l’expérience », et tout ça en « priant pour que le Pape – qui est le confirmateur de la foi ! – se convertisse – et il sera donc confirmé par ceux-là mêmes qu’il doit confirmer ? » ! Quand même, pitié !

* * *

En guise de conclusion

1 – Faut-il encore prier pour les prêtres ?

Oui, il faut toujours prier pour les prêtres et les évêques !

Prière pour les Prêtres :

« L’esprit de sacrifice, ô mon Dieu, versez-le dans sa plénitude sur vos prêtres. C’est leur gloire autant que leur devoir d’être des vicitmes, de se consumer pour les âmes, de vivre sans joies humaines, de subir souvent la méfiance, l’injustice de la persécution.

Qu’ils songent à ce qu’ils disent chaque jour à l’autel : « Ceci est mon Sang ». Qu’ils y songent et qu’ils se l’appliquent : « Je ne suis plus moi, je suis Jésus et Jésus crucifié ; je suis comme le pain et le vin, une substance consacrée qui a cessé d’être elle-même ».

Ô mon Dieu ! Je brûle du désir de la sanctification de vos prêtres ; je voudrais que toutes ces mains consacrées qui Vous touchent fussent des mains amies dont le contact vous soit doux ; et que ces bouches qui prononcent à l’autel des paroles si sublimes ne se ravalent jamais aux formules triviales ! Qu’ils gardent dans toute leur personne l’habitude de leurs nobles fonctions. Que chacun les trouve simple et grands comme l’hostie, accessibles à tous et supérieurs aux autres hommes.

Oh !, faites qu’ils emportent de la Messe d’aujourd’hui la soif de la Messe de demain et que, pleins eux-mêmes de ce qu’ils donnent, ils aient la grâce de le communiquer largement aux autres… » + Ainsi soit-il.

2 – Faut-il prier pour l’élection du Souverain Pontife ?

Oui, il faut actuellement prier pour l’élection du Souverain Pontife.

Oraison collecte de la Messe du Saint-Esprit pour l’élection du Souverain Pontife :

Collecte : « Seigneur, nous vous en prions humblement, que votre bonté infinie accorde à la sainte Eglise romaine un Pontife qui vous plaise toujours par sa sollicitude paternelle envers nous, et dont le bienfaisant gouvernement mérite la vénération de votre peuple, pour la gloire de votre Nom. » + Ainsi soit-il.

* * *

P.-S. : Les douze arguments suivants contre le « sédévacantisme » ont chacun leur revers de la médaille : en d’autres termes, un argument qui va à l’encontre de l’argument lancé. Le but de ce texte posé en Post-Scriptum n’est pas tant de réfuter ou de donner de la crédibilité à un argument que de mettre en évidence que le « sédévacantisme » existe précisément parce que le revers de l’argument saute aux yeux… – texte réalisé à partir de la traduction d’un texte, légèrement modifié, du laïc américain Steven Speray :

Argument 1 : « L’Eglise ne peut pas vivre plus de 60 ans sans un pape ».

Revers de la médaille : L’Eglise ne peut pas vivre plus de 60 ans avec des « papes hérétiques » ; l’Eglise a vécu 260 vacances et des crises de l’Autorité très graves.

Argument 2 : « Les portes de l’enfer ont prévalu si les deux papes du Vatican II ne sont pas de vrais papes ».

Revers de la médaille : Les portes de l’enfer dirigent l’Église catholique si les papes de Vatican II sont de vrais papes.

Argument 3 : « Les théologiens ont déclaré que l’acceptation universelle créait un véritable pape ».

Revers de la médaille : Les théologiens disent que les hérétiques ne peuvent pas être papes ; aucun pape ne parle de l’acceptation universelle qui crée un véritable pape.

Argument 4 : « Les sédévacantistes sont divisés sur les papes qui sont vrais ».

Revers de la médaille : Les « catholiques » du Novus Ordo sont divisés sur les dogmes de la foi ; les « catholiques » du Novus Ordo, adhérant aux papes de Vatican II, font schisme de la véritable Eglise de Jésus-Christ.

Argument 5 : « L’apostolicité ne se rencontre que dans les évêques de juridiction ordinaire ».

Revers de la médaille : Personne dans la religion du Novus Ordo n’a de juridiction ordinaire ; l’apostolicité ne se rencontre pas que dans les évêques ayant juridiction ordinaire.

Argument 6 : « Les sédévacantistes n’ont pas élu de pape ».

Revers de la médaille : La religion du Novus Ordo n’a pas élu de pape catholique. Oui, l’Eglise sans Pape peut beaucoup pour s’élire un Pape. Elle n’est pas réduite à néant. Elle n’est pas incapable de s’élire sa tête. Elle n’est pas prisonnière des « modernistes ». Elle n’est pas dépendante substantiellement de non-catholiques. Elle n’est pas accrochée au « piquet des modernistes » qui dictent leur faux culte, leurs fausses lois et leur iniquité universellement. Elle ne dépend pas de pseudo-cardinaux et de pseudo-évêques diocésains créés/nommés par de pseudo-papes, lesquels n’ont eu aucun pouvoir sur l’Eglise, mais ont certes participé à scandaliser grandement et violemment des milliards d’âmes depuis plus de 60 ans à cause de leur usurpation. Mais l’Eglise court vers sa ruine, par contre, en restant dans l’état de vacance prolongée.

Argument 7 : « Les sédévacantistes jugent en privé qu’il n’y a pas de pape ».

Revers de la médaille : Les « catholiques » du Novus Ordo jugent en privé que leurs papes se trompent de bonne foi. Sur la question du sédévacantisme et du « jugement privé », voyez cet article de John Daly. Les « catholiques » du Novus Ordo jugent en privé que les papes de l’Eglise catholique ont pu se tromper ou étaient trop stricts.

Argument 8 : « Les sédévacantistes rejettent les enseignements des théologiens sur l’acceptation universelle ».

Revers de la médaille : Les « catholiques » du Novus Ordo rejettent l’enseignement des théologiens sur ce qui fait de l’homme un hérétique formel ; aucun pape ne parle de l’acceptation universelle qui crée un véritable pape ; enfin, un pape enseigne que même l’unanimité et l’agenouillement de tous les cardinaux devant un « pape » « apparemment » et « légalement élu » mais tombé dans l’hérésie avant son élévation au Souverain Pontificat ne peut accéder au Souverain Pontificat.

Argument 9 : « Le sédévacantisme est une forme de protestantisme ».

Revers de la médaille : Le protestantisme est vénéré par les « deux papes du Vatican » qui promeuvent et défendent les croyances protestantes ; les papes de Vatican II sont amis des protestants (Frère Roger avec « Jean XXIII », etc.).

Argument 10 : « Le sédévacantisme n’existait pas avant les années 1960 ».

Revers de la médaille : (Ô !, étonnamment…) La religion Vatican II n’existait pas avant les années 1960 !

Argument 11 : « Les sédévacantistes ont quitté l’Eglise ».

Revers de la médaille : La religion Vatican II a quitté le catholicisme, a fait schisme de tout le catholicisme, ce n’est pas le catholicisme, ce ne peut venir de l’Eglise catholique. Cette fausse religion provient sans doute d’une « nouvelle Pentecôte » (« Jean XXIII »), mais ne peut provenir de la « Pentecôte » à laquelle ont assisté les Apôtres.

Argument 12 : « Les sédévacantistes rejettent l’enseignement de Vatican I sur la succession perpétuelle après Pierre jusqu’à la fin des temps ».

Revers de la médaille : Les « deux papes du Vatican » rejettent l’enseignement de Vatican I : a) rejeter et condamner [toutes] les erreurs contraires au catholicisme ; b) « Aussi doit-on toujours retenir le sens des dogmes sacrés que la sainte Mère Église a déterminé une fois pour toutes, et ne jamais s’en écarter sous prétexte et au nom d’une intelligence supérieure de ces dogmes. Croissent donc et se multiplient abondamment, dans chacun comme dans tous, chez tout homme aussi bien que dans toute l’Église, durant le cours des âges et des siècles, l’intelligence, la science et la sagesse ; mais seulement dans le rang qui leur convient, c’est-à-dire dans l’unité de dogme, de sens et de manière de voir (saint Vincent de Lérins, Common. n. 28). » (Dei Filius, chapitre IV) Enfin, quand il n’y a pas de Pape, il y a nécessairement des électeurs légitimes qui peuvent et doivent se réunir, afin d’éviter les actions désordonnées, pour élire le Pape ; enfin, non, les sédévacantistes admettent qu’il est toujours possible d’élire le pape, même dans cette situation singulière de vacance prolongée.